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Josée Galarneau

En couple, faut-il toujours trouver le mot juste ?

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« Lorsqu'un partenaire cherche à exprimer un malaise, le mot parfait ne devrait pas devenir une condition pour s'exprimer », écrit l'auteure. Lorsqu'un partenaire cherche à exprimer un malaise, le mot parfait ne devrait pas devenir une condition pour s'exprimer, estime Josée Galarneau Josée galarneau Conférencière et autrice d'Assis, debout, couché – En couple avec le bon partenaire de vie Trouver les bons mots est-il la base d'une communication véritable dans le couple ? Et si l'essentiel était plutôt l'intention ? Vous a-t-on déjà reproché d'avoir utilisé tel ou tel mot ? Plutôt que d'ouvrir le dialogue, cela fait monter la tension. Selon les expériences, exprimer un inconfort peut devenir angoissant. La crainte de choisir le mauvais mot ajoute au stress de vouloir communiquer. Communiquer ses émotions en couple ne vient pas naturellement et constitue un défi pour plusieurs. Les mettre en mots, encore plus. Et même l'atout d'un vocabulaire élaboré ne suffit pas à assurer la compréhension chez l'autre. Les mots ne sont pas anodins pour autant. Les insultes et les paroles blessantes ou dévalorisantes se situent en dehors d'une communication respectueuse et peuvent difficilement être réduites à une maladresse. Le défi augmente lorsque les partenaires n'ont pas la même langue maternelle ou les mêmes références culturelles, sociales ou religieuses. Sans même s'en rendre compte, l'un peut donner à un mot une connotation différente de celle que l'autre lui attribue. Le risque de malentendu augmente d'autant. Lorsqu'un partenaire cherche à exprimer un malaise, le mot parfait ne devrait pas devenir une condition pour s'exprimer. L'intention derrière les mots Le partenaire cherche plutôt à informer l'autre d'un malaise afin de dénouer la situation et de progresser ensemble. Une sensibilité est dévoilée pour que l'autre puisse mieux en comprendre l'impact. Quel que soit le vécu, chacun transporte sa propre boîte à fragilités, petites ou grandes, pour mille et une raisons. Être accueilli avec ouverture ouvre le chemin d'un aller-retour serein dans les échanges. Et si s'exprimer n'est pas facile pour tous, écouter ne l'est peut-être pas non plus. Certains adoptent d'emblée une attitude défensive en y percevant des reproches. D'autres vont même jusqu'à balayer le malaise comme de simples jérémiades. C'est pourtant un mélange d'humilité, de respect et de patience de part et d'autre qui est nécessaire, autant pour les ajustements que pour les enjeux fondamentaux du couple. Car autrement, ne plus parler de ce sujet, puis d'un autre et encore d'un autre, où cela mène-t-il ? En sourdine, les fissures se creusent, un des partenaires peut s'éloigner, puis progressivement, le lien s'atténue. On sait qu'un canal de communication fluide est primordial pour le couple. Mieux comprendre l'autre au fil de la vie permet de s'ajuster pour continuer à se sentir bien ensemble. Comment y arriver lorsque des sujets délicats risquent de susciter des remous ? Celui qui parle cherche à faire connaître l'impact d'une situation. Il peut espérer qu'elle ne se reproduise plus, qu'une solution soit trouvée ou, à défaut, que cette sensibilité soit mieux comprise et considérée. Par où commencer ? Dans Cultivez votre intelligence émotionnelle, publié aux Éditions Québecor en 1998, Daniel Chabot présente la communication en deux temps. Lorsqu'on s'exprime, il faut parvenir à se faire comprendre et sentir que son message a été reçu. Lorsqu'on écoute, il s'agit de comprendre l'autre et de lui faire sentir qu'on l'a compris. Pour désamorcer une tension, dans L'amour en guerre, le psychanalyste Guy Corneau invitait ainsi à passer du « tu qui tue » au « je » qui parle de soi. Par exemple : « Je me suis senti diminué lors de la soirée quand… » plutôt que « Tu m'as diminué lors de la soirée quand… ». Une chose est certaine, le message passe par l'interprétation de la personne qui le reçoit. D'où l'importance de s'assurer de ce que l'autre a compris. Une façon simple de vérifier la compréhension consiste à demander à l'autre de reformuler en ses propres mots ce qu'il a compris. Commencer par exprimer un léger malaise permet de s'exercer au fameux « je » et de demander à l'autre de reformuler. Une expérience positive donne confiance pour aborder des sujets plus sensibles. À force de s'expliquer, chacun continue de mieux comprendre l'univers de l'autre et l'intimité s'approfondit. Se sentir compris et appuyé donne des ailes au sein d'un couple. À l'inverse, lorsque les tentatives de s'exprimer se heurtent à la critique d'un mot, à une attitude défensive ou à l'indifférence, l'envie de parler peut diminuer. Peu à peu, le silence s'installe là où il devrait y avoir un espace pour se comprendre. Trouver les bons mots ne devrait pas devenir une condition pour oser parler à son partenaire. Celui qui s'exprime a la responsabilité de le faire avec respect. Celui qui écoute a aussi celle de chercher à comprendre avant de s'arrêter à un mot. Car lorsque l'on tente sincèrement de se faire comprendre, derrière ce mot imparfait se trouve d'abord une intention de rapprochement. Qu'en pensez-vous ? Participez au dialogue
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