La conseillère régionale d'Île-de-France déléguée à la lutte contre les discriminations appelle le capitaine de l'équipe de France à porter un brassard arc-en-ciel lors de la rencontre contre la Turquie vendredi 25 septembre.
Vendredi 25 septembre, l'équipe de France affrontera la Turquie à Kocaeli pour son premier match de Ligue des nations. Sur le terrain, les Bleus porteront un maillot qui dépasse chacun d'entre eux : celui de la France.
Ce rendez-vous peut aussi être l'occasion d'un geste simple : que le capitaine porte un brassard arc-en-ciel, et que la Fédération française de football fasse, si nécessaire, les démarches permettant ce geste. Le contexte l'exige.
Ces derniers jours, en Turquie, des opérations de police coordonnées ont visé des associations, des lieux et des militants LGBT. Des dizaines de personnes ont été interpellées. Depuis plusieurs années, les marches des fiertés sont régulièrement interdites ou dispersées et les organisations de défense des droits LGBT subissent une pression croissante. Quelques mois plus tôt, une juridiction turque ordonnait encore la dissolution de l'association Genç LGBTİ +.
Signe de solidarité
Nous ne demandons pas aux joueurs de devenir des responsables politiques ni de se substituer aux diplomates. Nous ne leur demandons pas davantage de donner des leçons au peuple turc. Nous leur proposons d'adresser un signe de solidarité à celles et ceux qui, en Turquie comme en France, veulent simplement vivre librement et sans discrimination.
Car le sport n'évolue pas hors du monde. La France parle officiellement de « diplomatie sportive » et fait du sport un outil de rayonnement, de coopération et de lutte contre les discriminations. Quand l'équipe nationale joue à l'étranger, elle représente aussi un pays, une histoire et des valeurs.
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Antoine Griezmann, champion du monde avec les Bleus, avait choisi en 2019 de faire la une de Têtu et de prendre clairement position contre l'homophobie dans le football.
La Fédération française de football le dit elle-même. En juillet dernier, en défendant Kylian Mbappé contre des propos racistes, elle rappelait que « les joueurs de l'Équipe de France représentent la France ». Elle affirme également vouloir lutter contre toutes les formes de discriminations, notamment les LGBTphobies. Le match de vendredi offre l'occasion de donner à ces engagements une traduction visible.
Le football français a déjà compté des voix fortes sur ces sujets. Antoine Griezmann, champion du monde avec les Bleus, avait choisi en 2019 de faire la une de Têtu et de prendre clairement position contre l'homophobie dans le football. L'engagement n'est donc pas étranger au sport de haut niveau.
En 2022, lors de la Coupe du monde au Qatar, certains avaient accusé les Bleus de manquer de courage. Ce n'est pas notre démarche. Nous connaissons le courage, l'exigence et la pression du très haut niveau. Nous préférons partir de ce courage-là pour leur demander de l'étendre, le temps d'un match, à celles et ceux qui en ont besoin.
Brassard arc-en-ciel
Un brassard ne changera pas, à lui seul, la situation des personnes LGBT en Turquie. Il ne remplacera ni l'action diplomatique, ni le travail des associations, ni les évolutions du droit. Mais les symboles comptent parce qu'ils sont vus. Dans un stade, devant des millions de téléspectateurs, quelques centimètres de tissu peuvent dire beaucoup : vous n'êtes pas seuls.
La France aime se définir comme la « patrie des droits de l'Homme et des Libertés ». Cette formule n'a de sens que si elle nous oblige aussi lorsque défendre ces droits et Libertés est moins confortable.
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