C'est un nouvel univers sans être de la science-fiction. Le narrateur de Se rencontrer – dont tout est fait pour qu'on l'assimile à l'auteur, Julien Thèves, né en 1972 à Strasbourg et qui est diplômé à la fois de HEC en 1993 et en histoire de l'art l'année suivante – va découvrir Paris et le monde gay après être passé par une grande école où l'homophobie va «des rugbeux, des footeux» au corps enseignant. Il va lui falloir en «apprendre les codes», de ce nouveau monde «qui n'est pas une contre-culture, mais un pays totalement différent, qui ressemble au précédent et pourtant en diffère largement, j'apprendrai les mots, les lieux, les pratiques et les paradoxes», cet univers qui est le monde gay des années 1990-2010. Il inclut ironiquement 1999 (le texte est parfois un peu moqueur), «l'acmé, l'apogée des nineties, on était super fiers quand même de franchir le millénaire, des générations avant nous n'avaient pas eu ce privilège». Se rencontrer raconte la nuit, l'écriture, la jeunesse, les amants, les amis de tous genres, la vie en bande, la solitude, le temps qui passe et celui qu'on passe à parler «de tout et de rien, de la vie essentielle». Sauf erreur, le mot sida n'y apparaît pas explicitement.
«Je voulais me remettre à écrire mais je n'y arrivais pas. Je ne savais pas quoi écrire.» (L'auteur se moquera aussi de la propension de son narrateur aux italiques.) Et si, pourtant. Ces morts, ces mortes, il s'ag
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