Pendant près de quarante ans, la Dr Fatma Guenoune a été en première ligne dans la lutte contre les cancers féminins. Aujourd'hui, à 66 ans, la présidente de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca) révèle être elle-même atteinte d'un cancer du sein. Une épreuve personnelle qui donne une résonance particulière à son combat de longue date.
Pendant des décennies, la Dr Fatma Guenoune a accompagné des femmes confrontées au cancer. Médecin spécialiste des pathologies cervico-vaginales, elle a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à la santé des femmes. Depuis douze ans, elle préside la Lisca, portant haut les messages de prévention, de sensibilisation et de dépistage. Aujourd'hui, celle qui a longtemps combattu cette maladie aux côtés des patientes se retrouve elle-même confrontée au diagnostic.
« J'ai eu le cancer, que j'ai découvert le 2 mai, moi-même », révèle-t-elle dans un témoignage poignant diffusé par Evenprod Médias. Une découverte particulièrement marquante pour cette praticienne habituée à examiner et à palper des seins à la recherche d'éventuelles anomalies : « Je suis médecin, j'ai l'habitude de palper des seins, j'ai l'habitude de palper des masses. Et quand j'ai palpé mon sein, cette tumeur-là, j'ai su que c'était un cancer. »
Quand la combattante devient patiente
Le moment de la découverte reste gravé dans son récit. Après avoir ressenti une douleur, elle procède à une autopalpation. Le geste professionnel, devenu au fil des années une seconde nature, prend alors une tout autre dimension : « Quand j'ai palpé, j'ai vu que c'était une tumeur. » Elle affirme avoir immédiatement compris la gravité de la situation.
Son histoire personnelle est d'ailleurs marquée par une lourde hérédité. Elle explique que plusieurs membres de sa famille ont été touchés par différents types de cancers et précise être la cinquième personne de sa lignée à faire face à un cancer du sein.
Face à la maladie, la Dr Fatma Guenoune a annoncé son choix d'avoir recours à une double mastectomie. Mais au-delà de son propre parcours médical, la présidente de la Lisca entend faire de cette épreuve un nouveau vecteur de sensibilisation. Son histoire vient rappeler une réalité qu'elle n'a cessé d'enseigner : le cancer peut toucher tout le monde.
« Il faudrait que les gens puissent savoir que nul n'est à l'abri de cette maladie. Que tout un chacun peut développer un cancer », souligne-t-elle.
Pendant des années, elle a parlé du cancer depuis la position du médecin, de la militante et de la défenseure des malades. Désormais, elle connaît aussi la maladie depuis le lit du patient. Une situation qui confère une force singulière à son engagement. Celle qui a consacré une grande partie de sa vie à combattre le fléau doit aujourd'hui mener son propre combat contre cette même maladie : « Et moi, j'ai fait mon cancer », résume-t-elle avec courage.
(0)تبصرے