Après avoir sauvé 600 tortues marines, le Cestmed doit se réinventer dans son site de La Grande-Motte

Après avoir sauvé 600 tortues marines, le Cestmed doit se réinventer dans son site de La Grande-Motte
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Category: Health
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Si les tortues blessées sont toujours soignées au centre de soins du Seaquarium au Grau-du-Roi, l'antenne grand-mottoise est restée fermée tout l'été. Un nouveau projet est en réflexion pour sortir de la crise. Le panneau a l'entrée du bâtiment grand-mottois en dit long : depuis 2003, le Cestmed, le centre d'études et de sauvegarde des tortues de Méditerranée a soigné et relâché en mer 600 tortues marines. Et a sensibilisé "des dizaines de milliers de personnes (grand public, scolaires, enfants hospitalisés, etc.)". Mais depuis plusieurs semaines, les locaux situés à deux pas du golf de La Grande-Motte et de l'étang du Ponant sont fermés. En pleine saison estivale, la Carreta (du nom de la tortue caouanne) ou "maison de la tortue" à La Grande-Motte gardait porte close. Pas de visite guidée du bassin de réhabilitation, pas de personnel pour accueillir les curieux, pas de tortue non plus… Le local de La Grande-Motte est mis gratuitement à disposition de l'association Cestmed par la commune. Midi Libre - E. L. Ces locaux de 300 m2 (pour un coût de 300 000 euros dont 250 000 de subvention) étaient inaugurés en grande pompe en janvier 2023, avec des élus grands-mottois et des représentants de l'État aux côtés d'Eric Maerten, président du Cestmed. On évoquait alors les soins qui seraient apportés aux tortues marines blessées. La commune de La Grande-Motte avec son label Green destinations mettait en avant l'animal, dont elle aurait même volontiers fait son emblème. Sensibilisation du public Trois ans plus tard, le directeur est parti, les contrats des salariés n'ont pas été renouvelés, et l'association est en procédure de sauvegarde. La période d'observation durera jusqu'en décembre, ce qui lui laissera le temps de formuler un nouveau projet, davantage axé sur la sensibilisation du public. "Quand nous avons créé le centre de soins des tortues au Grau-du-Roi en 2003, nous avons eu un agrément préfectoral, analyse Jean-Marc Groul, directeur du Seaquarium du Grau-du-Roi. "Le site de La Grande-Motte n'a jamais eu cet agrément. Pour notre part, soigner les tortues blessées que nous amènent les pêcheurs n'est pas une activité que nous présentons au public, ce n'est pas autorisé." À La Grande-Motte, un petit canal le long de l'étang du Ponant permettait aux tortues soignées de se "rééduquer" avant d'être relâchées en mer. Le public pouvait observer les convalescentes du haut d'une plateforme aménagée. Mais même "centre de réhabilitation" plutôt que centre de soins, la réglementation de protection des animaux sauvages est stricte. "Une logorrhée normative ! ", s'exclame Brice Bonnefoux, adjoint au maire grand-mottois qui y voit un des motifs de départ subit de l'ancien directeur. A gérer pour sa remplaçante quelques "dossiers chauds" (comme un recours aux prud'hommes d'un salarié). La nouvelle directrice Marie Taberlet est désormais la seule salariée, à temps partiel, de l'association après les départs de deux salariés et de quatre personnes en service civique. C'est elle qui travaille à un nouveau projet (présenté aux élus ce lundi 14 septembre) qui s'appuiera sur "un réseau de bénévoles actifs et de nouveaux partenaires." La directrice estime que "le bassin était bien pensé, l'État a remis en cause les visites qui étaient une source de financements essentielle, alors qu'elles sont autorisées à La Réunion. Il faut sûrement trouver un juste milieu. Maintenant, on est très clair avec les groupes de scolaires que l'on reçoit : on va parler des tortues, pas forcément en voir." Les tortues blessées sont toujours soignées dans un local attenant au Seaquarium du Grau-du-Roi, mais Brice Bonnefoux veut croire à un nouveau modèle économique pour cette "infrastructure qui a toute son utilité".

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