Après un problème de transfèrement d'un des accusés, le procès lié à l'assassinat de Federico Martin-Aramburu, tué par balles en 2022, a repris ce mardi 8 septembre peu avant 10 heures. La matinée a été consacrée à l'examen de la personnalité de Romain Bouvier, accusé de tentative d'assassinat sur l'international argentin.
Le parcours de Romain Bouvier, qui s'est totalement changé de visage et a rasé de près son collier de barbe pour cette deuxième journée d'audience, a été passé au crible ce mardi matin.
Son enfance tranquille dans "une famille modeste plus" de Boulogne-Billancourt. La séparation de ses parents. La relation fusionnelle avec sa mère, avocate spécialisée dans les violences conjugales. Le décès de son père (qui n'était pas son géniteur mais l'avait reconnu) alors qu'il avait 17 ans. Ses études de droit à la fac de Panthéon-Assas à partir de 18 ans. Mais aussi ses accointances avec les membres du GUD (groupe union défense)… dont il continue défend. S'évertuant à se défaire de l'image "caricaturale", selon lui, de militant d'ultra-droite dressée dans la presse.
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"Je me rends compte que c'est le centre de gravité du procès mais je rappelle que c'était un syndicat étudiant parfaitement légal qui avait la bienveillance de nombreux professeurs de droit, "justifie-t-il. "Et je rappelle que le président fondateur, c'était le ministre de la Défense du président de la République (Nicolas Sarkozy NDLR). Je n'avais absolument pas l'impression de fréquenter un groupe de skinheads ou de terroristes ou bien l'antre du malin et du démon."
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"M
asculinité toxique"
Romain Bouvier soutient qu'il a passé quelques mois entre ses 19 et 20 ans au GUD, où il avait notamment fait la connaissance de Loïk Le Priol et Edouard Klein, le chef du mouvement à cette époque. "Les deux seules personnes intéressantes du groupe". "Klein je l'avais beaucoup idéalisé. Il avait bien connu mon père. Je sais qu'il intimait des ordres de violences contre le mouvement antifasciste. C'était surtout un pousse au crime. Mais, moi, je n'ai jamais été encarté et je n'ai jamais participé à aucune action violente."
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En 2015 pourtant, il participe à une expédition punitive avec Loïk Le Priol chez Edouard Klein qui est menacé, humilié, torturé. Un calvaire filmé avec un téléphone. "On y allait pour le défier, le provoquer en duel pour qu'il en choisisse un de nous pour un combat. Après les choses ont dérapé. C'était de la masculinité toxique, un contre un. Pour nous c'était respectable. Aujourd'hui je trouve ça indigne. C'était non cartésien, insensé, chaotique, je ne mesurais pas ma dérive. Quand je repense à ce que j'étais à ce moment-là, j'ai le vertige, c'était un déferlement de violences abject", poursuit-il.
Un mea culpa et des remords que Romain Bouvier semble déjà esquisser concernant la mort de Federico Aramburu. "J'ai eu l'immaturité, la bêtise, pour ne pas dire la folie, de sortir de chez moi avec une arme dans la poche", confie-t-il. (sachant qu'il était sous contrôle judiciaire et avait interdiction d'être en possession d'une arme). "Mais quand je sortais sans arme, je faisais des crises d'angoisse, j'avais peur, j'avais les mains moites, des sueurs, des palpitations. Depuis, j'ai fait un gros travail thérapeutique…"
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