Au niveau de la rupture, la température moyenne observée pendant ces six jours s'est réchauffée d'environ 1,8°C depuis le milieu du 20e siècle.
Sans le supplément de chaleur apporté par le changement climatique, un épisode météorologique comparable aurait relevé d'un événement extrêmement rare, "susceptible de ne survenir qu'une fois tous les quelques milliers d'années", a calculé Robert Rohde pour l'AFP.
Plus largement, l'été 2026 a été le quatrième plus chaud dans la région du Langtang sur l'ensemble des données de Copernicus analysées par l'AFP de 1970 à 2026, le record ayant été atteint en 2024.
Ces conditions exceptionnellement chaudes "peuvent expliquer le dégel du pergélisol et un effondrement combiné de la pente et du glacier", estime la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a co-supervisé le rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) sur l'océan et la cryosphère.
Le pergélisol agit comme un ciment de glace assurant la cohésion des parois rocheuses. Sa dégradation favorise leur instabilité.
Des images satellites ont également montré une fonte importante de la neige dans les jours précédant la catastrophe."Une source d'eau liquide importante qui peut infiltrer les fractures de la montagne et faciliter les glissements", relève Étienne Berthier, glaciologue au CNRS.
Les spécialistes restent toutefois prudents quant au rôle exact joué par cet épisode de chaleur.
"Le lien n'est pas aussi simple que températures élevées = effondrement", explique Kristen Cook, géomorphologue à l'Université Grenoble Alpes.
"Si la température a agi comme déclencheur, il semble qu'elle n'ait pu le faire que parce que la masse rocheuse se trouvait déjà tout près de son point de rupture", ajoute-elle.
Des chercheurs examinent désormais les petits mouvements observés dans le massif au cours des années précédant l'effondrement et leur interaction avec l'évolution des températures, a-t-elle précisé.
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