Transport routier de marchandises: menace de grève illimitée face à une crise fiscale et sociale

Transport routier de marchandises: menace de grève illimitée face à une crise fiscale et sociale
View on original source
Category: Financial
Share
Archive
Like
Revue de presseExcédés par une fiscalité asphyxiante, des subventions jugées dérisoires et des retards de paiement sur le carburant, les transporteurs de marchandises menacent de paralyser le secteur dès le 14 septembre. Dénonçant l'absence de concertation avec le gouvernement, près de vingt centrales syndicales exigent une révision urgente des aides et l'ouverture immédiate de négociations pour éviter le blocage des axes stratégiques et des ports du pays. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L'Economiste. Le secteur du transport routier de marchandises s'apprête à traverser une zone de fortes turbulences avec l'annonce d'une grève illimitée prévue à partir du lundi 14 septembre. Ce mot d'ordre, porté par près d'une vingtaine de centrales syndicales représentant les transporteurs pour le compte d'autrui, fait suite à une réunion décisive tenue au début du mois. «Face à cette menace de paralysie, le gouvernement ainsi que plusieurs ministères clés ont été officiellement saisis par un courrier détaillant un cahier revendicatif bien chargé, reflétant une exaspération grandissante chez les professionnels de la route», indique le quotidien L'Economiste dans son édition du mardi 8 septembre. Au cœur des griefs figure une pression fiscale jugée étouffante. Les routiers contestent vigoureusement le principe de la retenue à la source de 75% sur la TVA, un mécanisme qui fragilise cruellement la trésorerie déjà précaire des entreprises du secteur. Cette situation est accentuée par une distorsion structurelle du régime fiscal, le secteur appliquant une TVA de 10% sur ses prestations de transport tout en s'acquittant d'un taux de 20% sur ses achats. Ce décalage empêche structurellement les opérateurs de résorber leur crédit de TVA, compliquant davantage la gestion quotidienne de leurs finances. Les programmes d'aide gouvernementale destinés à la modernisation du secteur concentrent également une grande partie des critiques. Le dispositif de prime à la casse et de subvention pour le renouvellement du parc de poids lourds est jugé largement déconnecté des réalités économiques actuelles. Avec un montant plafonné à 170 000 dirhams pour la prime à la casse, l'aide paraît dérisoire face au coût d'un camion neuf dont le prix dépasse désormais 1,2 million de dirhams. Les syndicats préconisent une extension de cette subvention à l'achat de véhicules d'occasion récents pour offrir une véritable alternative aux transporteurs. De plus, l'obligation pour les bénéficiaires de rembourser une part de TVA de 20% sur ces montants perçus crée un piège financier. «Faute de trésorerie disponible pour honorer ces régularisations, de nombreuses structures basculent dans l'irrégularité fiscale et sociale, se retrouvant automatiquement privées des attestations indispensables à leur activité commerciale», écrit L'Economiste. La question du carburant constitue l'autre point de friction majeur. Le soutien financier direct censé amortir l'envolée des prix du gasoil pour éviter toute répercussion sur le panier de la ménagère accuse d'importants retards de paiement, accumulant plusieurs quinzaines d'impayés. Les syndicalistes déplorent le plafonnement de cette aide, estimée trop faible au regard d'un prix du litre qui franchit régulièrement des seuils critiques, et réclament un rehaussement significatif du barème ainsi qu'un versement mensuel rigoureux. Dénonçant une prise de décision unilatérale de la part des tutelles ministérielles et un manque chronique de concertation, les professionnels entendent faire valoir leur pouvoir de pression, particulièrement redoutable au niveau des axes stratégiques et des zones portuaires. Du côté du patronat, la Confédération générale des entreprises du Maroc rappelle l'importance capitale du dialogue social, soulignant que la conjoncture économique actuelle, tant nationale qu'internationale, tolère mal une interruption brutale des chaînes logistiques. L'attention reste désormais tournée vers l'exécutif pour voir s'il désamorcera ce conflit imminent par l'ouverture de négociations d'urgence.

(0)Comments

 

A note on cookies

Newshunt uses essential cookies to keep you signed in and to remember your language and country, so the site works the way you expect. With your permission, we'd also like to use analytics cookies to understand how people use Newshunt and improve it over time.

Accepting only affects analytics. To learn more, view our Privacy Policy or Terms & Conditions.