Laval : l'Espace muséal Alfred-Pellan célèbre ses 40 ans avec l'exposition « Une île n'est pas l'autre »

Laval : l'Espace muséal Alfred-Pellan célèbre ses 40 ans avec l'exposition « Une île n'est pas l'autre »
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Category: Entertainment
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Laval est une île. Mais l'île est-elle seulement un territoire entouré d'eau ? À quoi ressemble une île lorsqu'elle devient un territoire de mémoire, d'exil, de désir ou de résistance ? À l'occasion de son 40e anniversaire, l'Espace muséal Alfred-Pellan présente cinq artistes majeur·e·s et en début de carrière qui revisitent l'idée fondatrice de l'insularité dans des formes aussi poétiques que surprenantes. Les 33 œuvres inédites ou rarement présentées proposent autant de façons d'habiter, de rêver et de représenter l'île. Pour créer une exposition célébrant la seule institution muséale artistique de Laval, l'Espace muséal Alfred-Pellan (EMAP) a donné carte blanche à la commissaire lavalloise Emmanuelle Choquette, reconnue pour son travail au Québec et à l'étranger. Elle a sélectionné des artistes en art actuel basé·e·s à Laval et ailleurs qui présentent chacun·e une facette de ce qu'est une île. Oscillant entre territoire physique et métaphore, l'île est un motif conceptuel, visuel, narratif et pragmatique récurrent dans la littérature scientifique et artistique. Ce choix thématique audacieux, résolument tourné vers le futur, célèbre ce qui unit les Lavallois·es depuis la fondation de la Ville en 1966 : une île, une ville. Dans notre imaginaire, l'île peut prendre d'innombrables aspects et de multiples sens. Bien plus qu'une forme sur une carte, elle peut être mouvante, volante ou même devenir un horizon à atteindre. Réelle ou imaginaire, l'île devient ici un prisme poétique et politique pour observer nos relations aux territoires physiques, fictifs et affectifs. Les œuvres réunies dans l'exposition abordent nos rapports aux lieux, aux autres et à nous-mêmes. Cinq regards sur l'insularité Les cinq artistes nous offrent des œuvres intrigantes, généreuses et tactiles, évoquant les frontières entre le visible et l'invisible. Comme autant d'îlots, ce que l'on voit à la surface n'est toujours qu'un aperçu de ce qui se trame plus profondément dans chacune des sculptures, des installations, des vidéos et des images présentées. Une île n'est pas l'autre est une invitation à réfléchir à nos manières d'habiter le monde, de nous lier et de nous déplacer sur les étendues de terre, qu'elles soient entourées d'eau ou de rêves. « C'est une joie de célébrer les quatre décennies de l'Espace muséal Alfred-Pellan avec une exposition soulignant le dynamisme culturel de notre île. Ce lieu est un phare pour les arts visuels sur notre île d'exception, et il valorise l'accessibilité et l'inclusion pour les citoyennes et citoyens. L'exposition proposée est le reflet de ce qu'est devenue Laval au fil du temps, c'est-à-dire un lieu de rencontre, d'échange, de vie, de passage et de renouveau. Le caractère insulaire de Laval ne nous isole pas, mais nous unit. Plus pertinent que jamais, l'Espace muséal Alfred-Pellan propose une programmation qui a un réel impact en nous offrant un espace de dialogue ouvert à tous et à toutes. » – Christine Poirier, membre du comité exécutif de Laval, responsable de la culture Une exposition anniversaire pour imaginer l'avenir La commissaire Emmanuelle Choquette a choisi d'inviter les artistes Yen-Chao Lin, d'origine taïwanaise, pour qui Laval a été la terre d'accueil à son arrivée au Québec ; Fatima Zohra Ouardani, née au Maroc et vivant à Laval ; Andréanne Godin, originaire de Val-d'Or ; Yann Pocreau, né à Québec ; et Pierre Bourgault, de Saint-Jean-Port-Joli. Ce groupe d'artistes diversifié et hétéroclite propose une exposition sensible et éclatée. Le corpus d'œuvres soigneusement sélectionnées par la commissaire comprend des pièces dont le dénominateur commun est notre rapport à l'île, qu'elle soit réelle ou métaphorique. « Alors qu' Une île n'est pas l'autre explore l'insularité comme une réalité plurielle, façonnée par les relations, les déplacements et les perceptions, cette exposition anniversaire témoigne aussi de l'évolution de notre institution. Notre nouvelle appellation, Espace muséal Alfred-Pellan, reflète le chemin parcouru depuis 40 ans et affirme pleinement notre rôle de lieu de recherche, de création, de diffusion et de dialogue en art actuel. En réunissant des artistes aux parcours et aux sensibilités diverses autour d'un thème profondément lié à l'identité lavalloise, cette exposition célèbre ce qui fait la richesse de notre territoire : sa capacité à accueillir, à relier et à ouvrir des perspectives. Plus qu'un anniversaire, c'est une invitation à imaginer l'avenir de notre institution et de notre communauté. » – Jasmine Colizza, régisseure arts visuels, Espace muséal Alfred-Pellan Un aperçu des 33 œuvres présentées, dont la moitié sont inédites Un large corpus de 33 œuvres compose cette exposition anniversaire, dont plusieurs créations inédites sont présentées pour la première fois au public. La moitié des œuvres présentées ont été créées par les artistes en 2026. Sculptures, installations, photographies, dessins, vidéos et œuvres sur verre forment un parcours où chaque artiste propose sa propre interprétation de l'insularité, entre expérience intime, paysage et réflexion sur le territoire. « Nous avons toutes et tous une île en tête. Pour certains, certaines, c'est un refuge. Pour d'autres, un lieu à atteindre ou à quitter. Une île est bien plus qu'un territoire entouré d'eau : elle porte nos souvenirs, nos rêves et notre désir d'ailleurs. Les cinq artistes réuni·e·s dans Une île n'est pas l'autre nous invitent à traverser ces paysages réels et imaginaires pour découvrir que chaque île raconte une histoire différente, mais qu'elles parlent toutes de notre façon d'habiter le monde. » – Emmanuelle Choquette, commissaire de l'exposition Une île n'est pas l'autre Yen-Chao Lin : un archipel suspendu de verre et de lumière, fragile et précieux Née à Taipei, installée à Laval pendant sa jeunesse et lauréate du Prix Pauline-Desautels 2026, Yen-Chao Lin est fascinée par les collections, les croyances et les objets mystérieux. L'artiste transforme la galerie en un archipel de formes translucides suspendues dans l'espace. Les visiteurs circulent sous des anneaux de cuivre et parmi des sculptures de verre, parfois rehaussées d'or ou de sucre, qui semblent flotter comme des îles ou des minéraux précieux. Les œuvres de la série My Crystal Palace évoquent des îles flottantes, des spécimens minéraux ou des reliques d'un musée imaginaire. Référant au Crystal Palace de Londres (1851) et à sa réplique montréalaise (1860), la série My Crystal Palace revisite l'héritage des expositions universelles, véritables vitrines du pouvoir industriel et colonial. Cette douce dérive n'est pas sans rappeler la commercialisation de certains mouvements holistiques de bien-être, où les cristaux deviennent des objets de fascination, de désir et de protection. L'installation Aerolith est composée de verre et d'anneaux de cuivre, deux matériaux associés aux pratiques extractives intensives de ressources naturelles. La légèreté de la pièce en lévitation entre en contraste avec le poids des chaînes qui l'entourent et la contraignent dans son mouvement potentiel. Dans cette tension, le cristal comme symbole de guérison révèle ses faces cachées, les maillons de sa production et la violence faite au territoire pour en extraire ses ressources. L'artiste conteste ainsi notre désir de posséder, de classer et de contempler le monde. Yann Pocreau : quand la lumière et le mouvement font apparaître et disparaître les paysages Récompensé par le Prix Louis-Comtois en 2024, Yann Pocreau propose un parcours où chaque mouvement du public modifie sa perception des œuvres. L'exposition réunit aussi plusieurs séries où la lumière devient un véritable matériau de création. L'artiste présente une réimpression de la série Archipel , où une île inconnue se répète, chaque fois baignée d'une lumière colorée différente. Ses apparitions successives forment un film énigmatique dont elle est le point focal, le lieu à atteindre. À la base de la série, une diapositive 35 mm trouvée et retravaillée par Yann Pocreau évoque la photo de voyage, où le paysage devient objet de contemplation idéalisé à collectionner. Dans la série A light shift , la lumière voile autant qu'elle révèle. Imprimées sur une pellicule métallisée, les images oscillent entre apparition et effacement. Elles changent d'apparence selon les déplacements des visiteur·euse·s, révélant tour à tour paysages, architectures et scènes énigmatiques. En avançant, une île apparaît ; en se déplaçant, elle disparaît. Les panoramas semblent vivants, comme s'ils refusaient de se laisser complètement saisir. Il s'y trame un récit fragmenté qui n'est ni documentaire ni tout à fait fictif. Les compositions basées sur la manipulation de photographies trouvées renvoient à un imaginaire vernaculaire, qui pourrait tout aussi bien provenir de nos propres archives. Les cinq œuvres composant Angles d'approche prolongent cette exploration des reflets. Enfin, de nouvelles sculptures, telles de petites îles miroitantes et précieuses qui semblent émerger d'une carte topographique, ont été créées spécialement pour cette exposition et sont présentées sous le titre d' Épanchements géométriques . Andréanne Godin : une plongée en apnée dans les eaux du Québec pour en extraire les couleurs et révéler leur palette minérale Pour créer ses œuvres, Andréanne Godin enfile tout d'abord un masque de plongée plutôt qu'un tablier d'atelier. Depuis 2025, l'artiste a entrepris une véritable immersion dans la couleur en explorant plusieurs étendues d'eau du Québec. Durant des plongées en apnée, elle prélève de l'argile dont elle se sert par la suite pour fabriquer ses propres pastels secs. Chaque nuancier ainsi créé devient le portrait d'un plan d'eau particulier, révélant sa composition minérale. Les dessins que l'artiste produit à l'aide de ce matériau unique évoquent son expérience de la couleur perçue sous l'eau : là où la lumière qui y filtre devient une matière enveloppante. Avec la vidéo Couleur-lumière : les profondeurs aqueuses , le grand dessin Sous un ciel d'éther et une toute nouvelle série de dessins, réalisée spécialement pour l'exposition, à partir de ces pigments, Andréanne Godin invite le public à plonger avec elle pour découvrir les couleurs cachées des plans d'eau québécois. Fatima Zohra Ouardani : des objets qui racontent la mémoire d'une traversée Originaire de Casablanca et aujourd'hui installée à Laval, Fatima Zohra Ouardani présente un ensemble de sculptures, d'installations et d'assemblages inédits réalisés dans le cadre de sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l'UQAM qu'elle termine actuellement. Le bois, la porcelaine, le verre, les textiles, les broderies, les objets hérités et les matériaux récupérés composent un corpus d'œuvres où s'entrelacent mémoire, migration et transmission. Au cœur de la démarche de l'artiste se trouve le geste, en particulier celui du tissage, qui devient une métaphore de l'hybridation des cultures. La traversée : mythologies intérieures , La caravane ou Là où les roches parlent, les cartes oublient convoquent les paysages, les savoir-faire et les récits de voyage qui alimentent les histoires des familles et des communautés de nouveaux·velles arrivant·e·s. Au-delà du récit de la traversée qui l'a menée jusqu'à Laval, Ouardani présente Paysage forfaitaire , une sculpture évoquant une île flottante, dont les reliefs rappellent les lignes d'une carte topographique. Pierre Bourgault : une cartographie d'îles anonymes, le Groenland vu autrement Lauréat du Prix Paul-Émile-Borduas en 2020, la plus haute distinction québécoise en arts visuels, et marin dans l'âme, Pierre Bourgault observe la mer autant que le littoral et les îles depuis près de 60 ans. Avec les deux imposantes impressions numériques tirées de l'installation Tremblement du temps : 83 40 N 30 41 O / 47 12 N 70 16 O réalisée en 2014, le public peut apercevoir deux silhouettes flottantes qui semblent dériver d'un archipel ou d'un groupe d'icebergs. Dans les faits, elles sont issues de l'agrandissement de photographies satellites captées au-dessus du Groenland, une île immense dont les contours organiques et méandrés fascinent l'artiste. Par un processus de traduction poétique et sensible, ce dernier cherche à en simplifier la forme, à lui donner une géométrie et une échelle qui nous permettent de changer notre perspective. Ainsi magnifiée, cette parcelle de territoire devient une présence avec laquelle dialoguer, entrer dans une relation de corps à corps. Déjà au moment de sa création, l'œuvre évoquait les impacts des nouvelles technologies sur la cartographie. Elle résonne aujourd'hui encore plus fortement dans ses dimensions politiques, abordant les concepts mêmes de frontières, de souveraineté et d'autodétermination. Remerciements Les œuvres A light shift 02 et A light shift 03 de Yann Pocreau sont prêtées gracieusement par la Ville de Montréal et le Mouvement Desjardins, respectivement. Activités publiques pour tous les âges Reconnu pour son remarquable programme de médiation tant pour les enfants que pour les adultes, l'Espace muséal Alfred-Pellan regorge d'activités pour toute personne qui visite l'exposition en solo, en famille ou entre amis. Les activités de médiation permettent d'entrer en relation avec les œuvres et les expositions dans un cadre chaleureux et convivial. Parent-médiateur — Familles En tout temps, le parent-médiateur permet à l'adulte et à l'enfant d'enrichir ensemble leur expérience des œuvres, grâce à cette activité de découverte gratuite. Les jeudis au ralenti — Tout public Tous les jeudis soir, de 17 h à 20 h, offrez-vous un moment de pause décontractée dans notre salle d'exposition. Vous y trouverez un aménagement confortable, du matériel de création, des livres et des revues d'art à feuilleter ainsi que du thé à déguster. L'atelier d'Alfred — Familles Les samedis 27 septembre et 17 octobre, à 13 h, les familles sont invitées à un Atelier d'Alfred. L'activité débute par une visite de l'exposition, laquelle est suivie d'un atelier où l'on fabrique une petite sculpture à partir de matériaux naturels ou recyclés qui seront assemblés pour façonner une île. Inscription Visite commentée de l'exposition Une île n'est pas l'autre — Adultes Retrouvez la commissaire le dimanche 25 octobre, à 14 h, pour une visite commentée de l'exposition. Les rendez-vous créatifs — Avec Andréanne Godin — Adultes Le samedi 21 novembre, l'artiste Andréanne Godin offrira un atelier créatif pour adultes d'une journée, afin d'explorer la couleur. Inscription Les histoires d'Alfred — Familles Le samedi 10 octobre, de 10 h à 16 h, partagez un doux moment pendant cette heure du conte inspirée des œuvres de l'exposition Une île n'est pas l'autre , de leurs couleurs, de leurs textures et des thèmes qui s'en dégagent. Durant la lecture animée, une halte café est offerte aux parents. Activités du temps des Fêtes — Tout public Le dimanche 27 décembre et le mardi 29 décembre, prenez une pause en famille et profitez des activités créatives pensées sur mesure pour tous les âges, en lien avec l'exposition Une île n'est pas l'autre .

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