Les concertations ANIE-Partis politiques commencent cette semaine en prévision des élections locales.
L'Autorité nationale indépendante des élections engage, dès cette fin de semaine, une série de rencontres avec les formations politiques en perspective du scrutin des assemblées locales fixé au 28 novembre prochain. L'initiative est saluée unanimement par les partis, qui entendent mettre à profit ce cadre d'échange pour exposer leurs principales doléances. En optant pour cette approche, l'ANIE ambitionne de bâtir une feuille de route consensuelle, érigeant ainsi les acteurs politiques en partenaires incontournables pour assurer la transparence et la pleine réussite de cette échéance démocratique.
TAJ plaide pour une collaboration synchrone
Pour la présidente du parti Tadjamoua Amel Aldjazair, Fatma-Zahra Zerouati, cette initiative est excellente. Une démarche qui vient à point nommé, selon elle, puisque sa formation comptait déjà solliciter une rencontre afin de transmettre de vive voix les préoccupations majeures soulevées par ses militants sur le terrain. La cheffe de parti tient à préciser que le problème ne se situe pas au niveau de l'Autorité elle-même, mais dans les dysfonctionnements opérationnels des coordinateurs de wilaya. Elle explique que ces derniers ont été pris de court lors de l'application de la loi électorale, notamment en raison du redécoupage territorial qui a fait passer le nombre de wilayas de 58 à 69, nécessitant la mise en place de nouveaux responsables encore en phase d'apprentissage.
Mme Zerouati pointe du doigt quelques dysfonctionnements, déplorant des retards dans la distribution des formulaires de signatures, ou encore la remise de documents inadaptés obligeant les candidats à de nouveaux délais d'attente. Par ailleurs, elle soulève un blocage majeur au niveau des assemblées populaires communales: l'absence d'aval clair pour la légalisation des signatures, ce qui complique la collecte pour les partis tenus par cette obligation réglementaire.
Face à ce constat, la présidente du Tadjamoua Amel Al Djazair plaide pour une collaboration synchrone entre l'institution électorale, les coordinateurs locaux et les partis. En définitive, elle pense que cette concertation vise à instaurer un management rigoureux au niveau local pour garantir un scrutin transparent, «condition sine qua non pour regagner la confiance de l'électeur et mieux servir le développement local».
RND: Inquiétude sur l'application de l'article 200 de la loi électorale
Pour sa part, Belkacem Djir, chargé de communication du Rassemblement national démocratique (RND), salue une initiative de dialogue qu'il juge capitale entre l'Autorité et les formations politiques. Il fait savoir que son parti sera reçu par l'ANIE mercredi ou jeudi prochains. Il rappelle que l'Algérie traverse une phase charnière, passant des élections législatives à un scrutin local d'une importance majeure. Le porte-parole met en exergue les vives inquiétudes suscitées par l'application de l'article 200 de la loi électorale, une disposition qui a, selon ses termes, lourdement pénalisé plusieurs partis, notamment le RND. Et de préciser que de nombreux cadres, sur lesquels le parti comptait lors des législatives et sur lesquels il s'appuie pour les prochaines locales, craignent une réapplication de cette mesure dans les mêmes conditions.
C'est un point central que le secrétaire général du parti, déclare-t-il, compte aborder directement avec le président de l'Autorité pour clarifier les conditions d'application de cet article aux candidats. Parallèlement, Belkacem Djir déplore le maintien d'un cadre juridique obsolète pour ce rendez-vous électoral. Il juge illogique d'organiser des élections locales en se référant à la loi sur la commune et la wilaya de 2012, malgré l'existence d'une commission dans ce sens depuis deux ans. Il appelle de ses vœux la promulgation rapide d'une nouvelle loi organique sur la commune et la wilaya, en parfaite cohérence avec la nouvelle loi électorale et l'esprit de la Constitution de 2020, afin d'assurer un scrutin conforme aux exigences de la modernité juridique et de la transparence.
Parti El Karama interpelle l'ANIE sur le nomadisme politique
Mohamed Daoui, président du parti El Karama, estime, lui aussi, que cette série de rencontres constitue une excellente initiative, d'autant plus qu'elle intervient sans que les formations politiques n'aient eu à la solliciter, saluant le fait que l'institution ait pris les devants. Lors de l'audience qu'il lui sera réservée, programmée vendredi prochain, le dirigeant politique compte soulever plusieurs points. En premier lieu, il interpelle l'Autorité sur la question du nomadisme politique, qui a créé de sérieux problèmes durant les législatives.
Il souligne une incohérence constitutionnelle, puisque le député est interdit de nomadisme, contrairement à l'élu local. Il abordera également la question des alliances électorales et demandera que les partis ayant déjà franchi le seuil de représentation lors des législatives soient exonérés de ce critère d'annulation pour le scrutin local. La répartition équitable du temps de parole dans les médias publics figure aussi au cœur de ses préoccupations.
PRA: Nécessité de simplifier les procédures de dépôt des dossiers
De son côté, le Parti du renouveau algérien (PRA), par la voix de son cadre chargé de l'information et de la communication, Ismail Cheguettine, la formation politique salue l'initiative de dialogue engagée. Elle estime que l'implication des partis dans la préparation du scrutin constitue un levier essentiel pour garantir la confiance, la transparence et l'égalité des chances. Le parti soutient que la réussite de ce rendez-vous électoral ne se limite pas aux aspects organisationnels et procéduraux. Elle exige, selon lui, la création d'un environnement sain assurant la neutralité, l'égalité entre les concurrents et le strict respect de la loi afin de permettre aux citoyens d'élire leurs représentants en toute liberté.
Le responsable du PRA insiste pour que ces consultations soient une réelle opportunité d'écoute des préoccupations de terrain. Il met en avant la nécessité de simplifier les procédures de dépôt des dossiers, de garantir l'équité entre les listes, de résoudre les difficultés locales des candidats et d'améliorer la communication entre l'autorité électorale et les formations politiques. Le Parti du renouveau algérien réaffirme sa pleine disposition à contribuer de manière constructive à ces échanges, convaincu que le dialogue est essentiel pour la crédibilité des institutions élues.
Il appelle simultanément ses militants, candidats et partisans à faire preuve de responsabilité, à respecter l'éthique politique, faisant de ce scrutin une occasion de proposer des programmes réalistes et des solutions concrètes aux attentes des citoyens. Si le canal du dialogue est officiellement ouvert, les formations politiques attendent bien plus qu'une simple écoute. Elles exigent des réponses concrètes et des arbitrages rapides.
Karima Alloun
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