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DaysOfPal- Des agents infiltrés liés au Shin Bet israélien se sont fait passer pour des travailleurs humanitaires à Gaza, utilisant la distribution de nourriture et de petits projets commerciaux pour nouer des relations avec des Palestiniens et recueillir des renseignements avant la capture de Mu'in al-Arabid, selon des médias israéliens et régionaux.
Selon ces informations, l'opération a consisté à monter de petits projets d'aide, dont des étals de marché vendant des légumes et des boissons, ce qui a permis à ses organisateurs de tisser des liens avec la population locale et de collecter des informations sur les personnes et les mouvements dans le secteur.
D'après les mêmes sources, des Palestiniens ont été recrutés pour tenir ces étals et approvisionnés en légumes et autres marchandises, persuadés qu'il s'agissait d'une initiative humanitaire. Certains ont ensuite été chargés de surveiller des maisons et des déplacements précis, dont ceux d'al-Arabid.
Certains des Palestiniens impliqués n'auraient compris qu'après l'opération que les informations qu'ils avaient fournies avaient servi au renseignement israélien.
L'affaire soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'utilisation présumée de l'activité humanitaire comme couverture pour des opérations de renseignement à Gaza, à un moment où les Palestiniens restent très largement tributaires de l'aide et des réseaux humanitaires pour leurs besoins essentiels.
Des agents israéliens ont utilisé l'aide comme couverture
Selon les récits de l'opération, les préparatifs ont commencé environ deux mois avant la capture d'al-Arabid, lorsque des personnes liées au Shin Bet se seraient présentées comme les représentants d'une organisation humanitaire internationale proposant aux Palestiniens un soutien sous forme de petits projets.
Parmi ces projets figuraient des étals de légumes et de boissons dans le quartier d'al-Katiba, dans l'ouest de la ville de Gaza.
Des Palestiniens, dont des femmes, auraient été recrutés pour tenir ces étals. Ils recevaient chaque jour des légumes présentés comme une aide humanitaire, les recettes des ventes revenant aux participants du projet.
L'activité s'est ensuite muée en collecte de renseignements, selon ces informations : certains Palestiniens ont été priés de surveiller des maisons précises et les déplacements de personnes du quartier, dont ceux d'al-Arabid.
Citant la chaîne KAN, ces informations indiquent que le Shin Bet a noué des relations avec des habitants et s'est largement appuyé sur ces contacts pour recueillir des renseignements avant l'opération.
Peu avant la capture, des agents israéliens seraient apparus aux abords des étals et y auraient dissimulé des armes. Au déclenchement de l'opération, ils ont récupéré ces armes, puis y ont pris part ou l'ont appuyée avant de se retirer.
Selon ces récits, certains des Palestiniens ayant contribué à fournir des informations ignoraient la finalité réelle de l'opération.
Des milices soutenues par Israël auraient également joué un rôle
D'autres informations israéliennes indiquent que des groupes armés anti-Hamas soutenus par Israël à Gaza pourraient eux aussi avoir joué un rôle central dans l'opération.
Le Jerusalem Post a rapporté que ces milices de Gaza étaient au cœur de l'opération, appuyées par l'armée israélienne et le Shin Bet. Selon ce récit, leurs membres ont engagé un combat rapproché avec les gardes d'al-Arabid avant que les forces israéliennes n'aident à exfiltrer le groupe sous couverture militaire.
La divergence des récits laisse dans l'ombre certains détails opérationnels, notamment quelles forces ont mené précisément chaque étape de la capture.
Prises ensemble, ces informations dessinent néanmoins une stratégie de renseignement israélienne plus large, mêlant agents infiltrés, contacts locaux et groupes armés soutenus par Israël à l'intérieur de Gaza.
Une couverture humanitaire qui soulève de graves inquiétudes
L'utilisation présumée de l'aide humanitaire comme couverture pour la collecte de renseignements revêt une portée particulière à Gaza.
La nourriture et l'aide humanitaire sont devenues des moyens de survie essentiels pour les Palestiniens, sur fond de destructions massives, de déplacements et de pénuries.
Se servir de projets d'apparence humanitaire pour bâtir des réseaux de renseignement risque de jeter la suspicion sur les véritables opérations d'aide et de miner la confiance entre les civils et les organisations qui tentent de leur venir en aide.
Selon les récits de l'opération, certains Palestiniens ayant participé aux projets de marché ignoraient que leurs activités servaient à recueillir des informations pour le renseignement israélien.
La distinction est importante : on ne saurait les qualifier d'emblée de collaborateurs s'ils ont été trompés sur l'identité de ceux qu'ils aidaient et sur l'usage final des informations.
L'aide à l'ombre des opérations de renseignement
Les accusations entourant la capture d'al-Arabid dépassent le sort d'un seul responsable de la sécurité palestinien.
Elles renvoient à une méthode de renseignement qui aurait combiné aide humanitaire apparente, relations commerciales, réseaux d'information locaux, agents infiltrés et groupes armés soutenus par Israël pour pénétrer les communautés à l'intérieur de Gaza.
Si l'activité humanitaire a bien été délibérément utilisée comme couverture du renseignement, les conséquences dépassent le cadre de cette seule opération.
Pour des Palestiniens qui peinent à se procurer de la nourriture et d'autres produits de première nécessité, l'éventualité qu'un projet d'aide apparent serve secrètement une opération de renseignement risque de transformer le secours humanitaire lui-même en source de peur et de suspicion.
L'opération pose dès lors une question plus large sur les conséquences de l'exploitation des besoins humanitaires à des fins militaires et de renseignement : lorsque la distribution de nourriture peut servir de couverture au renseignement, ce sont les véritables organisations humanitaires et les civils qui en dépendent qui risquent d'en payer le prix.
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