intervention du comité de la Corrèze à la fête de Garavet
Armée et climat
un impact catastrophique
Le propos se décomposera en trois volets.
Données générales, impacts des armées : le grand silence.
En une heure de vol, le Rafale consomme en moyenne 4 500 litres de kérosène,un char Leclerc de 300 à 500 litres d'essence aux 100 km. L'armée française consomme environ 1,3 milliard de litres de carburant par an.
Ces dépenses faramineuses ont des impacts sur notre environnement, l'activité militaire représente 20 % de la production mondiale de gaz à effet de serre (GES) et le plus gros émetteur de GES est le Pentagone étasunien.
Il faut noter que l'armée ne présente jamais de bilan écologique de ses activités. Ainsi, le Mouvement de la Paix de la Corrèze a critiqué l'exercice militaire terrestre du printemps 2025 qui regroupait 600 soldats et 100 véhicules (dont des blindés Griffon) : aucun bilan des émissions de gaz à Effet de Serre. Idem pour l'exercice aérien VOLFA 25 à l'automne ; et pour l'exercice ORION 2026. ou encore pour le défilé géant du 14 juillet au milieu des incendies et de la canicule.
Une pollution invisible, des dégâts sur la santé
On découvre en France vingt tonnes par an d'obus qui n'ont pas explosé depuis les deux guerres mondiales. La qualité des sols dans le nord et l'est de la France souffre de la présence de milliers d'obus dans les sols.
Parmi tant d'autres munitions antichars (des perforateurs en uranium appauvri) ont répandu sur le sol des poussières radioactives polluant durablement les sols et les eaux. Rappelons que le terme écocide est apparu lors de la guerre au Vietnam, en référence à la déforestation due à l'épandage de l'agent orange entre 1961 et 1971 : il est défini comme la destruction intentionnelle, extensive et permanente d'un écosystème dans son ensemble par les activités humaines… et les opérations militaires sont bien humaines
Les pollutions ne sont pas inhérentes aux seules zones de guerre ou de combat.
La pollution, liée aux activités militaires , va être à la fois des conséquences de la fabrication d'arme atomique (30 000 m 3 de terres radioactives stockées au Bouchet en Essonne par exemple) mais aussi de l'activité militaire d'entraînement.
Par exemple, sur le polygone militaire de tir près de Bourges, une rave party s'est déroulée au printemps ; le principal souci a été le danger lié à la présence de munitions non explosées : or il ne semble pas que la population des riverains en soit informée ni les agriculteurs, alors que potentiellement ces munitions constituent un risque pour l'environnement en se dégradant dans le sol. Les sites militaires sont très nombreux en France ; l'opacité sur leur gestion peut inquiéter sur les conséquences des activités qui s'y déroulent.
Cette pollution a été étudiée en Sardaigne à proximité d'une base militaire de l'OTAN utilisant notamment des munitions à uranium appauvri , qu'on retrouve aussi aujourd'hui en Ukraine. « Dans les zones d'habitat situées à proximité de la base expérimentale de Salto di Quirra , plus de 60% de la population souffrent de leucémie. Il est ressorti d'une étude portant sur des animaux vivant en Sardaigne et présentant de graves malformations à la naissance que les anomalies constatées chez ces animaux présentent de larges similitudes avec le "syndrome des Balkans" qui, pendant la guerre des Balkans, a affecté les militaires exposés à de l'uranium appauvri. »
Quelques exemples
Quelques exemples actuels en Ukraine
En Ukraine, depuis le début des hostilités en 2014 mais surtout depuis son extension en février 2022, le conflit a fait des centaines de milliers de victimes, provoqué l'exil de 6,6 millions de réfugiés vers l'ouest comme vers l'est et n'a pas épargné l'environnement : atteinte sur 93 % du réseau électrique (contraire au Droit international), destruction de 3 M d'hectares de forêts, soit environ 20 % des zones boisées du pays, 20 M de tonnes de déchets métalliques, 1,5 M de tonnes de débris et de gravats. La pollution chimique généralisée et les explosions ont rendu stériles des millions d'hectares des terres agricoles du grenier à blé de l'Europe. La péninsule de Kinburn, près d'Odessa, a perdu entre 20 % et 30 % de sa biodiversité après des incendies majeurs. Des réservoirs d'acide nitrique ont été touchés, libérant des substances toxiques dans l'environnement. La destruction du barrage de Kakhovka en juin 2023 a inondé 63 447 hectares de forêts, tuant des animaux et perturbant les écosystèmes riverains et elle a dispersé des polluants et des mines, rendant les zones encore plus dangereuses.
Quelques exemples actuels en Palestine
L'agriculture à Gaza (10 % du PIB) faisait vivre 500 000 Palestiniens.
Les terres agricoles représentaient 42 % de sa superficie mais après 2 ans de bombardements, il n'en reste que 1,5 % ; 1 M d'oliviers a été déraciné, 8 000 serres détruites (tomates, concombres, fraises). Il y a l'équivalent de 25 Tours Eiffel de débris (61 M de tonnes). En Cisjordanie en 2024, 20 000 arbres ont été déracinés, et en 2025, 11 000 par l'armée et les colons. 95 % des bâtiments universitaires ont été détruits, plus de 20 % du personnel ont été tués, emprisonnés ou blessés.
Ce que l'on ne voit pas encore, c'est que les survivants pourraient subir des conséquences à long terme qui occasionneraient plus de morts que ceux dus aux bombes. Par exemple, il est avéré que le Phosphore blanc, utilisé au mépris des traités (Traité contre les armes chimiques de 1993) endommage les organes car les composés de cet élément sont solubles dans le sang. Il est avéré que plus de 50 ans après les essais nucléaires, subsistent des conséquences graves sur l'environnement et sur la santé des populations.
En 2024, le secrétaire général de l'ONU António Guterres rappelait que le changement climatique constitue une menace pour la paix. Il faut prendre cette affirmation au sérieux : sécheresses, pénuries d'eau, déplacements de populations, catastrophes naturelles et compétition pour les ressources peuvent aggraver les tensions internationales.
Les activités militaires constituent un terreau favorable à des écocides, avec ou sans guerre. Rendez-vous le 21 septembre à Brive et le 24 à Tulle pour la Journée Internationale de la Paix. Et le 11 octobre pour les Marches et le Trail de la Paix à Lissac-sur-Couze.
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