BMW iX : Pourquoi ce SUV fabriqué en Chine est la surprise du classement des voitures de fonction en France

BMW iX : Pourquoi ce SUV fabriqué en Chine est la surprise du classement des voitures de fonction en France
View on original source
Category: Business
Share
Archive
Like
Dans le classement des 20 automobiles électriques les plus plébiscitées par les gestionnaires de flottes, 19 disposent de l'éco-score, une seule en est dépourvue. Classée en treizième position la BMW iX3 avec 2 297 immatriculations depuis le début de l'année, le SUV bavarois se situe à quelques encâblures à peine de la Peugeot e-5008 (2 586 ex) et devant les Citroën ë-C3 (2 284 ex), Cupra Born (2 122 unités), Volkswagen ID.3 2 091 ex) ou Peugeot e-208 (1 621 ex), pourtant toutes écoscorées, dont bénéficiant d'une AEN de 70 %. L'intrus du Top 20 Fabriqué dans l'usine de Dadong, à Shenyang en Chine, dépourvu de l'éco-score, le modèle cumule les handicapes théoriques et fait figure d'intrus parmi les voitures les plus immatriculées sur le marché des flottes. Privée du bonus écologique la iX3 ne peut bénéficier du sur-abattement incitatif de 70 % sur l'Avantage en nature (AEN) accordé aux salariés usagers. Une anomalie apparente, qui décortique à elle seule la mécanique des arbitrages d'entreprises. Une fiscalité qui reste 100 % gagnante Si l'éco-score frappe fort le portefeuille des particuliers, son impact s'émousse face à la fiscalité des sociétés. Pour un gestionnaire de flotte, l'iX3 conserve l'essentiel des privilèges attachés aux motorisations zéro émission. Il bénéficie d'une exonération totale des taxes annuelles sur les émissions CO2 (ex TVS), soit une économie immédiate de plusieurs milliers d'euros face aux hybrides et bien entendu aux thermiques. S'y ajoutent un plafond d'amortissement non déductible (AND) favorable et l'exclusion des frais d'électricité payés par l'employeur de l'assiette de calcul de l'AEN du salarié. Pour l'entreprise, le bilan TCO (Coût total de détention) reste très compétitif, peu importe le lieu de fabrication du véhicule et de la batterie. Pour les grands groups de plus de 100 véhicules, la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM), qui impose des quotas de verdissement pour les flottes, ne fait aucune distinction géographique de la provenance du véhicule. Une voiture écoscorée bénéficie en revanche d'un coefficient multiplicateur (150 %) permettant à l'entreprise d'atteindre ses objectifs de verdissement (18 % en 2026) plus rapidement. La magie de la valeur résiduelle La véritable force de la Bmw iX3, réside dans la calculette des loueurs longue durée. Le montant des loyers proposés aux entreprises, ne tient pas tant du prix catalogue du véhicule que de sa décote. Or, la côte du SUV premium allemand sur le marché de l'occasion reste exceptionnellement solide. Grâce à cette valeur résiduelle élevée, les financeurs ou leasers peuvent ainsi proposer aux entreprises des loyers mensuels compétitifs, venant rivaliser avec ceux des modèles écoscorés. Alors que certains observateurs mentionnent une agressivité commerciale ciblée de la part du constructeur bavarois, BMW France, contacté par Caradisiac, affirme ne pratiquer « aucun système de compensation de l'écoscore ». Le succès de l'iX3 s'expliquerait simplement « par les qualités intrinsèques du modèle et sa valeur résiduelle élevées ». L'effet « user-chooser » et les limites de l'écosocore Positionné sur le segment des cadres dirigeants et du top management, et très prisé des professions libérales ce SUV joue à plein sa carte statutaire. Dans le cadre d'une politique de véhicule de fonction (car policy), le collaborateur qui opte pour l'iX3 concède un effort financier, apparemment acceptable. En l'absence du sur-abattement AEN de 70 %, l'impôt prélevé sur sa fiche de paie serait supérieur de 50 € à 100 € nets par mois par rapport à un modèle équivalent écoscoré. Un surcoût consenti pour bénéficier d'un confortable SUV, doté de bonnes prestations routières et d'une image de marque « premium ». Cette 13ᵉ place des modèles les plus vendus en flotte met en revanche en lumière la frontière du protectionnisme fiscal. Si l'éco-score fonctionne comme un bouclier efficace sur les marchés de masse et d'entrée de gamme, il se heurte à la souveraineté du segment haut de gamme. Dès que la capacité financière des cadres et des entreprises permet d'absorber la perte de la prime d'état, la désirabilité d'un modèle premium et la mécanique des loyers d'entreprises reprennent le dessus.

(0)Comments

 

A note on cookies

Newshunt uses essential cookies to keep you signed in and to remember your language and country, so the site works the way you expect. With your permission, we'd also like to use analytics cookies to understand how people use Newshunt and improve it over time.

Accepting only affects analytics. To learn more, view our Privacy Policy or Terms & Conditions.