Bien que partielle, cette avancée offre une nouvelle perspective aux patients atteints de cécité centrale, malgré les risques et la nécessité de rééducation.
Le 20 octobre 2025, l'Institut de la Vision à Paris a publié un essai sur la restauration de la vision centrale chez des patients atteints de DMLA sèche.
Une équipe de l'Institut de la Vision, à Paris, a restauré une vision centrale chez des patients atteints de la forme sèche de la DMLA, d'après un essai publié le 20 octobre 2025 dans le New England Journal of Medicine. La forme atrophique de cette maladie détruit les cellules photosensibles du centre de la rétine, et aucun médicament ne savait jusqu'ici ranimer ces neurones perdus. L'implant rétinien photovoltaïque, glissé sous la macula, prend le relais des cellules mortes en transformant la lumière en signaux électriques.
Des lettres relues après des années de tache noire
L'essai a suivi 38 volontaires, répartis dans 17 centres de cinq pays européens, dont 32 sont allés au bout, tous atteints d'une DMLA atrophique avancée et âgés en moyenne de 79 ans. Un an après la pose, 81% d'entre eux lisaient au moins 10 lettres de plus sur le tableau de mesure, soit deux lignes gagnées, et 78% en déchiffraient 15 de plus. Le meilleur résultat a atteint 59 lettres supplémentaires.
Surtout, 84% des opérés parvenaient à lire lettres, chiffres et mots chez eux, dans la zone centrale qu'ils ne voyaient plus. Certains reconnaissaient de nouveau les mots d'un livre ou les chiffres d'une horloge. Le gain demeure partiel, mais il rend possibles des gestes du quotidien longtemps perdus.
L'implant rétinien qui remplace les cellules détruites
Dans la forme atrophique, les cellules photosensibles du centre de la rétine meurent et laissent une tache aveugle. Pour la combler, les chirurgiens glissent sous la rétine une puce photovoltaïque de deux millimètres de côté, plus fine qu'un cheveu, hérissée de 378 électrodes. Elle occupe la macula, la petite zone de la rétine responsable de la vision fine. Des lunettes munies d'une caméra filment la scène et la projettent en lumière infrarouge sur cette puce.
La puce transforme alors l'infrarouge en petites impulsions électriques qui réveillent les neurones survivants de la rétine, lesquels relaient l'image au cerveau. Conçu par Daniel Palanker à Stanford et testé par l'Institut de la Vision, ce type d'implant rétinien exige toutefois une rééducation de plusieurs mois, car le cerveau doit réapprendre à interpréter ces signaux artificiels.
Une vision encore partielle et des risques réels
La prouesse ne rend pas une vue normale. Les patients perçoivent des formes en gris, lisent lentement et doivent porter en permanence leurs lunettes. L'opération comporte aussi des risques, puisque 26 complications sérieuses, comme des décollements de rétine ou des hausses de pression dans l'œil, sont survenues chez 19 participants. La quasi-totalité s'est toutefois résorbée rapidement.
Pour des personnes menacées de cécité centrale, retrouver la lecture change pourtant le quotidien. En France, les hôpitaux parisiens Rothschild et des Quinze-Vingts ont opéré une partie des volontaires. Le dispositif, mis au point par la société américaine Science Corporation, doit encore convaincre les autorités sanitaires avant une diffusion large. Des essais plus longs suivront les patients pour mesurer la durée de vie de l'implant.
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