Le collège au cœur d'un scandale de pédocriminalité a quitté Lestelle-Bétharram pour Igon à la rentrée 2026.
« On veut montrer qu'on est sur une tutelle moderne », l'ensemble scolaire Le Beau Rameau, ex-institution Notre-Dame-de-Bétharram, bientôt rebaptisé Les 158 collégiens ont quitté le collège historique de Lestelle-Bétharram pour le site du Beau Rameau à Igon, dans l'ex-école primaire.
RéagirLe collège au cœur d'un scandale de pédocriminalité a quitté Lestelle-Bétharram pour Igon à la rentrée 2026. L'ensemble, désormais sous la tutelle de la congrégation des sœurs de la Croix, en remplacement des pères de Bétharram, doit être prochainement rebaptiséne page se tourne pour « Bétharram ».
Les 158 élèves qui fréquentaient encore le collège catholique béarnais en juin – déjà rebaptisé Le Beau Rameau en 2009 – ont déménagé et fait leur rentrée le 1septembre dans l'ensemble scolaire associé d'Igon, à quatre kilomètres de là. Un nouveau départ pour l'établissement percuté par le scandale des violences physiques et sexuelles perpétrées en son sein durant des décennies. Sur le même sujet Affaire Bétharram.
« Violences systémiques », « mécanique du silence », « emprise et domination » : un nouveau rapport d'enquête accablant Après un an d'enquête, et plus d'une centaine d'auditions, l'Institut francophone pour la justice et la démocratie livre ce samedi un rapport en forme de réquisitoire contre l'institution Bétharram et explore les racines d'un véritable système de violences dont le nombre réel de victimes se compterait en centaines, voire en milliers Les collégiens ont investi les locaux de ce qui était jusqu'ici l'école primaire du groupe, située en face du lycée privé, et l'ensemble va changer de nom, révèle la directrice Edwige Duvieu : « Les pères de Bétharram n'ont plus la tutelle du collège, qui a été confiée aux filles de la Croix, retrace-t-elle.
Nous sommes en pourparlers avec les équipes pour le changement de nom. » Vue aérienne du collège de Bétharram. Le site n'accueille désormais plus aucun élève depuis la décision de fermeture fin juin, et le déménagement à Igon. J'ai été nommée chef d'établissement par les filles de la Croix.
Pas par les pères de Bétharram : je n'avais pas de contrat avec eux. La responsable évoque « un retour aux sources » autour de la fondatrice de la congrégation, sainte Jeanne Élisabeth, une religieuse du Poitou – de son vrai nom Jeanne-Élisabeth Bichier des ges , canonisée en 1947 par le pape Pie XII.
« On ne s'identifie pas aux pères de Bétharram, tient-elle à souligner. J'ai été nommée chef d'établissement par les filles de la Croix. Pas par les pères : je n'avais pas de contrat avec eux. »Affaire Bétharram : le collège, lieu de tous les sévices, fermera bien ses portes à la rentrée de septembre Annoncée au mois de janvier, la fermeture du collège de Bétharram a été confirmée par l'Enseignement catholique ce mardi 30 juin.
Les élèves auront désormais cours à Igon, à quelques kilomètres Et de plaider : « La congrégation est dirigée par des femmes qui sont actives, elles ont toutes un métier. Par exemple, la responsable régionale est infirmière. On veut montrer qu'on est sur une tutelle moderne, qui s'engage dans le monde, travaille, subvient à ses besoins, connaît l'actualité, voyage, et qui est très sensible aux problématiques et aux besoins des élèves, que ce soit en termes éducatifs ou pédagogiques.
» Edwige Duvieu, directrice de l'ensemble scolaire Le Beau Rameau à Igon, devant les bâtiments de l'ex-école primaire où sont désormais hébergés les collégiens de Bétharram. Invitée à livrer son sentiment sur le déménagement des collégiens à Igon, Edwige Duvieu confie : « Honnêtement, on l'espérait. Ça a été le combat d'une année. On voulait vraiment que le collège vienne ici.
» Elle relaie la joie de toute la communauté éducative : « Durant une bonne partie de l'été, les professeurs et les parents d'élèves ont peint, posé des planchers, etc. », sourit-elle. Bétharram. Lors des portes ouvertes, des familles plutôt sereines sur le déménagement de l'établissement à Igon Vendredi le Beau Rameau, nouveau nom de Notre-Dame-de-Bétharram, a accueilli des parents de collégiens se disant confiants.
Côté direction, rien n'a filtré sur les travaux prévus pour accueillir les 180 élèves de Bétharram Un véritable chantier éclair qui a également nécessité l'intervention de divers corps de métier pour la mise aux normes électrique ou la création de sanitaires.
« Les professeurs ont passé des journées à transférer les meubles de Lestelle-Bétharram jusqu'ici, des familles nous ont prêté des tracteurs, des camions », complète la directrice, qui, avec son adjoint Benoît Save, a également pris part aux travaux. Benoît Save, directeur adjoint du Beau Rameau, surveille la traversée de collégiens par un souterrain qui relie les deux parties de l'établissement.
L'ensemble scolaire privé compte aujourd'hui 464 élèves, dont 158 en collège donc, et dans les bâtiments situés de l'autre côté de la rue : 114 élèves en primaire, 45 en lycée professionnel, et 147 en lycée général. Seuls deux collégiennes et un collégien fréquentent encore l'internat, contre 11 l'an passé. Et en tout, 40 élèves sont internes, dont seulement neuf garçons.
Sollicité à son tour sur la fermeture du site de Bétharram très exposé dans les médias, le directeur adjoint livre : « On est soulagé de ne plus avoir cette pression. Des élèves ont été un peu harcelés par des journalistes pendant deux ans.
On a même eu des drones… »Même si le déménagement a représenté « beaucoup de stress », Julie Baumard, professeur de physique-chimie au collège et au lycée, confie son soulagement d'être délestée de « tout le passif » du site historique.
« Les beaux bâtiments et l'accès à la nature, c'était super à Bétharram. Mais c'était très lourd pour les élèves, qui n'osaient pas dire qu'ils étaient à Bétharram. Moi-même, je voyais des regards qui changeaient quand je disais que j'y enseignais. Des crimes y ont été commis, c'est normal que ceux qui les ont commis soient punis.
Mais pour nos élèves, il fallait que cette agitation s'arrête », conclut-elle. Les élèves dans la cour de l'ancienne école primaire, devenue le collège. Le midi, ils rejoignent l'autre côté de l'établissement, où se trouvent le lycée et l'école, pour manger à la cantine. Lors de la pause du midi dans la cour du lycée : à la cantine, trois services sont nécessaires pour faire manger tous les élèves, de la maternelle à la terminale.
David Le Deodic / SOCe qu'en pensent les élèves, regrette notamment l'absence de terrain de foot à Igon et le manque d'infrastructures de sport en général.
« Je trouve que c'était mieux là-bas. Parce que c'était plus organisé et il y avait déjà tout. » « Le terrain de foot va arriver très vite, assure Benoît Save. Et pour la pelote et le mur d'escalade, une navette va emmener les élèves à Bétharram.
» « C'est un changement, parce qu'on est à l'école des primaires et le midi on est avec les lycées, commente Nina, 15 ans, en 3. Et il y a quelques profs qui ont changé, mais dans l'ensemble tout se passe bien depuis la rentrée. » « Le déménagement, ça a été beaucoup de stress, reconnaît Julie Baumard, professeur de physique-chimie . Le point positif, c'est qu'on a pu agencer les salles comme on le souhaite. »
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