Quatre tableaux décrochés, deux volés dans le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, ce mardi 8 septembre 2026. Les œuvres sont désormais invendables sur le marché officiel, car recherchées. Elles perdent ainsi la plupart de leur valeur. Alors, à quoi sert un tel cambriolage ? Agathe Voisin, commissaire-priseur à Nice, répond.
Moins de trois minutes pour décrocher quatre tableaux d'Auguste Renoir dans le musée éponyme de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), ce mardi 8 septembre 2026 au petit matin. Finalement, deux tableaux, "Madame Colonna Romano" et "Jeune femme au puits" sont dérobés. Les deux autres, "Madame Pichon" et "Coco lisant", sont abandonnés dans le parc du musée.
"Madame Colonna Romano", tableau de Auguste Renoir. Exposé dans le musée éponyme de Cagnes-sur-Mer, il a été volé ce mardi 8 septembre 2026. • © Musée Renoir de Cagnes-sur-Mer
Des toiles " qui représentaient les quatre plus grosses valeurs du musée ", détaille le parquet de Marseille dans un communiqué. Et pourtant, une fois volées, ces œuvres perdent presque toute leur valeur. Elles sont connues, institutionnalisées, et désormais recherchées. " On ne peut pas les démanteler comme ont pu faire ceux qui ont fait le casse du Louvre, qui ont pu démanteler les pierres, refondre l'or… " explique Agathe Voisin, commissaire-priseur à Nice.
Ces deux œuvres ne pourront certainement pas être mis sur le marché ni maintenant, ni même dans 10, 15 ou dans 20 ans. Agathe Voisin, commissaire priseur à Nice
A ICI Côte d'Azur
Si le contexte de ce vol est pour l'instant inconnu, la commissaire-priseur estime "probable" la piste d'un commanditaire, passionné par l'artiste. " Il n'y a plus de valeur réelle de l'objet, c'est simplement un passionné qui va le posséder et on espère ne pas trop l'abîmer " détaille Agathe Voisin. Collectionneur, peut-être, qui ne pourra d'ailleurs pas exposer les tableaux dérobés, sous peine d'être dénoncé.
Un trésor culturel qui serait donc voué à rester caché.
" Commander une œuvre spécifique, ça se fait depuis des centaines d'années. Ça a été le cas avec la Joconde, qui a été volée en 1911. C'est aussi ce qui lui a donné cette aura après, souligne Agathe Voisin. L'œuvre "Coco lisant", qui a été décrochée puis abandonnée dans le parc du musée, avait déjà été spoliée par le régime nazi et a disparu pendant cinquante ans. Elle avait été restituée au musée Auguste Renoir à Cagnes-sur-Mer en 1995.
Agathe Voisin, commissaire-priseur à Nice, répond à Michel Bernouin. • © Michel Bernouin FTV
Si les cambriolages d'œuvres ne sont pas des faits nouveaux, ils s'intensifient, selon la commissaire-priseur : " avec le casse du siècle au Louvre évidemment , mais aussi dans les églises et autres institutions religieuses. Dans les salles des ventes aussi on peut y être confrontés, j'ai des confrères qui ont été braqués ". Les professionnels prennent donc des précautions, quitte à ne pas exposer certains objets proposés aux enchères.
Une enquête pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée est ouverte. Les investigations sont confiées au SIPJ 06 (service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes) et à l'OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels), basé à Nanterre (92).
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