«Super El Niño» : quel impact réel le phénomène météorologique pourrait-il avoir en France ?

«Super El Niño» : quel impact réel le phénomène météorologique pourrait-il avoir en France ?
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Category: Tourism
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El Niño devrait culminer dans le Pacifique à la fin de 2026. En France, il n'annonce pas une saison de tempêtes : l'Hexagone pourrait connaître un automne plus doux, peut-être plus humide à l'Ouest, tandis que les territoires français du Pacifique sont davantage concernés. Au large du Pérou et de l'Équateur, les eaux équatoriales se réchauffent, les alizés s'essoufflent, les pluies tropicales se déplacent. El Niño est de retour, il devrait être «le plus important depuis au moins 1.000 ans», selon l'ONU, et pourrait peser sur le climat mondial durant de longs mois. Avant les satellites, El Niño était surtout prononcé par les pêcheurs. À la fin du XIXe siècle, des géographes péruviens consignent l'arrivée, autour de Noël, d'un courant d'eau chaude qui raréfiait les prises. D'où son nom : «l'Enfant Jésus». Vers 1960, les scientifiques comprennent qu'il s'agit de la façade orientale d'une immense oscillation entre océan et atmosphère, l'ENSO (El Niño-Southern Oscillation). «On se dirige vers un phénomène d'une très forte intensité» El Niño en est la phase chaude : les eaux du Pacifique équatorial central et oriental se réchauffent anormalement, les alizés faiblissent et les pluies tropicales se déplacent. La Niña produit le mouvement inverse. Ce jeu redistribue l'air à l'échelle planétaire. «Super», terme médiatique, n'est pas une catégorie officielle : l'Organisation météorologique mondiale (OMM) parle d'un épisode «très fort». Dans sa mise à jour du 3 septembre, l'OMM juge El Niño «fermement établi», prévoit un renforcement et estime à près de 100% la probabilité qu'il persiste jusqu'en février 2027. La National Oceanic and Atmospheric Administration, une agence du gouvernement américain chargée de l'étude et de la surveillance de l'océan, de l'atmosphère, du climat et de la météo, chiffre quant à elle à 93% le risque qu'il devienne «très fort» entre septembre et novembre. «On se dirige vers un phénomène d'une très forte intensité», confirme Lauriane Batté, météorologue, responsable du département Analyse climatique et prévision saisonnière de Météo-France. Selon la spécialiste, les modèles envisagent un épisode «encore plus marqué» que ceux de 1997-1998 et 2015-2016. Concrètement, EN FRANCE ? Pas une météo programmée depuis le Pacifique. Les pluies tropicales déplacées par El Niño modifient les vents d'altitude ; des ondes atmosphériques transmettent parfois ce signal jusqu'à l'Europe : c'est le principe des téléconnexions. Mais il s'y mêle à l'Atlantique, aux régions polaires et à la variabilité propre de l'atmosphère européenne. «Ce n'est pas parce qu'on s'attend à un épisode particulièrement marqué qu'on aura forcément une influence jusque sur l'Europe», prévient Lauriane Batté. Aucun météorologue sérieux ne peut donc annoncer des tempêtes ou des inondations à répétition en France au nom d'El Niño. Pour septembre-novembre, Météo-France privilégie toutefois un trimestre plus chaud que la normale sur l'Hexagone et la Corse, avec une probabilité de 60%. À l'Ouest, le scénario le plus probable est aussi celui d'un trimestre plus humide, à 50% ; aucun ne se détache ailleurs. Mais «ce n'est pas parce qu'on anticipe un signal qu'il faut y voir une signature d'El Niño», insiste la climatologue. La douceur attendue relève «bien principalement de l'influence du changement climatique», tandis que le signal pluvieux reste prudent. Une tendance saisonnière décrit une moyenne sur trois mois, non la date, le lieu ou la violence d'un épisode. Elle ne dit pas si les pluies tomberont en plusieurs passages ordinaires ou dans un seul déluge. Un FRONT FRANÇAIS DANS LE PACIFIQUE La réponse se trouve donc loin de Paris. «El Niño va impacter principalement nos régions d'outre-mer», souligne Lauriane Batté, en citant la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Dans ces territoires proches de la zone où se joue le phénomène, le signal climatique est plus net ; ses conséquences précises dépendront néanmoins des mers, des vents et des pluies de chaque bassin. Pour l'Hexagone, El Niño dessine un possible décor, pas un bulletin d'alerte. Pour le Pacifique français, il est déjà un signal de vigilance.

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