Photo : Les colons israéliens de la colonie d'Evyatar en Cisjordanie occupée, 26 juillet 2024 © Activestills/Wahaj Bani Moufleh
La France et le Canada ont emboîté le pas au Royaume-Uni en annonçant une interdiction des produits provenant des colonies israéliennes illégales, a déclaré mardi le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, devant la Chambre des communes.
M. Miliband a indiqué que la France et le Canada allaient imposer une interdiction sur le commerce des produits et de certains services provenant des colonies israéliennes, après que ces trois nations se sont jointes à un groupe de 11 pays pour condamner les actions du gouvernement israélien en Cisjordanie occupée.
M. Miliband a précisé que le Royaume-Uni prendrait des mesures à l'encontre d'entreprises et d'individus spécifiques qui fournissent des services tels que la construction, les infrastructures, le financement ou l'immobilier pour l'expansion des colonies.
Le Royaume-Uni « agira de concert avec d'autres au sein d'une large coalition internationale », a-t-il déclaré.
M. Miliband a également déclaré à la Chambre des communes que le Royaume-Uni avait reconnu le nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie occupée, déclaré illégale l'occupation israélienne des territoires palestiniens et annoncé à la fois des sanctions globales à l'encontre des colonies israéliennes et une interdiction de toutes les licences d'armes et autres exportations qui « contribuent matériellement à l'occupation ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a confirmé cette décision dans un message publié sur les réseaux sociaux, déclarant : « La France mettra fin à ses échanges commerciaux avec les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés, aux côtés de 11 autres pays qui ont pris des engagements similaires. »
« La France ne peut, par le biais de ses échanges commerciaux, soutenir une situation qui menace la sécurité tant des Israéliens que des Palestiniens. »
Le gouvernement du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a été critiqué par une grande partie de la communauté internationale pour avoir accéléré la construction de colonies en Cisjordanie et pour ne pas en faire assez afin de mettre un terme aux attaques violentes perpétrées par des Israéliens contre les Palestiniens dans cette région.
Au début de cette année, Israël a lancé des appels d'offres pour la construction d'environ 1 200 logements dans des colonies situées dans une zone stratégiquement importante de la Cisjordanie occupée.
Le projet israélien E1 vise à relier Jérusalem à Ma'ale Adumim et à d'autres colonies situées à l'est de la ville, empiétant ainsi sur des terres sur lesquelles les Palestiniens souhaitent établir leur État.
Le mois dernier, MEE a été le premier à révéler que le Royaume-Uni prévoyait d'interdire les produits provenant des colonies, et que Miliband faisait pression pour qu'une série de mesures fermes soient prises à l'encontre d'Israël et avait consulté diverses organisations de la société civile.
Selon les informations de MEE, le Premier ministre Andy Burnham n'a informé le président Donald Trump de ses projets que lundi après-midi, bien que les États-Unis aient, en privé, exhorté le gouvernement britannique à ne pas mettre en œuvre ces mesures.
M. Burnham n'a par ailleurs pas eu de contact avec son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, depuis son accession au poste de Premier ministre en juillet.
Des sources de Whitehall ont indiqué à MEE que les mesures annoncées mardi devaient être considérées comme le début d'une nouvelle approche en matière de politique étrangère, et qu'elles devraient être suivies d'autres mesures.
Traduction : AFPS
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