Gaza : 26 Français portent plainte pour torture et crimes de guerre

Gaza : 26 Français portent plainte pour torture et crimes de guerre
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Category: Politics
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DaysofPal — Vingt-six ressortissants français ayant participé à des flottilles humanitaires en route vers Gaza ont déposé plainte auprès du Parquet national antiterroriste, à Paris, accusant les forces israéliennes de torture et de crimes… DaysofPal — Vingt-six ressortissants français ayant participé à des flottilles humanitaires en route vers Gaza ont déposé plainte auprès du Parquet national antiterroriste, à Paris, accusant les forces israéliennes de torture et de crimes de guerre après leur interception et leur détention. Les plaignants étaient membres de la Global Sumud Flotilla, une initiative internationale qui se présente comme pacifique et humanitaire et qui cherche à acheminer de l'aide aux Palestiniens de Gaza. Leur plainte porte sur trois missions de flottilles interceptées en mer en octobre 2025, avril 2026 et mai 2026. Les militants affirment que les forces israéliennes ont dérouté leurs bateaux, les ont détenus arbitrairement et leur ont fait subir violences et traitements dégradants. Selon leurs avocats, la plainte fait état de coups, de décharges de Taser, de déshabillages forcés, de stations à genoux prolongées sur du gravier, de liens volontairement serrés jusqu'à la brûlure, d'insultes et de tentatives de leur faire signer de faux aveux. Cinq plaignants dénoncent également des attouchements sexuels. Ces témoignages couvrent trois missions distinctes étalées sur plusieurs mois et posent, plus largement, la question du traitement réservé aux militants qui tentent de contester le blocus israélien de Gaza. Des militants décrivent des sévices en détention israélienne Les plaignants affirment que les forces israéliennes les ont humiliés et agressés à plusieurs reprises après l'arraisonnement de leurs bateaux. Ils disent avoir été déshabillés, contraints de rester à genoux pendant de longues périodes et soumis à des insultes et à des traitements dégradants. Certains rapportent des coups ou des décharges de Taser, d'autres décrivent des liens délibérément resserrés sur leur corps. L'infirmière française Malika Baouya avait déclaré au Monde avoir été frappée après l'interception de la flottille de mai par les forces israéliennes. Elle a décrit des coups de poing répétés à la tête, au visage et au cou, et affirmé qu'un soldat avait tenté de lui retirer ses sous-vêtements. Des documents médicaux consultés par Le Monde font état de blessures graves parmi les participants français. Un militant souffre d'un tympan perforé et de lésions pulmonaires, tandis que Malika Baouya a été diagnostiquée avec un traumatisme crânien, des hématomes et une fracture d'une vertèbre cervicale. D'autres militants européens ont, de leur côté, décrit des passages à tabac, des décharges de Taser, des menaces de mort et des violences sexuelles pendant leur détention. Le traitement des militants est devenu un enjeu international après la diffusion, par le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, d'images montrant des participants à la flottille agenouillés face contre terre, les mains entravées. Ces images ont été condamnées par plusieurs gouvernements européens. L'armée et l'administration pénitentiaire israéliennes ont rejeté les témoignages des participants à la flottille. La justice française enquête déjà La nouvelle plainte pourrait être jointe à deux enquêtes préliminaires déjà ouvertes par le Parquet national antiterroriste. Ces enquêtes, qui portent sur les trois missions de flottilles menées d'octobre 2025 à mai 2026, ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité. La première enquête pour torture et crimes de guerre a été ouverte après la transmission, par le ministère français des Affaires étrangères, d'un rapport sur le traitement infligé à des ressortissants français lors des opérations contre les flottilles. La dernière plainte y ajoute les témoignages de 26 participants français qui disent avoir subi ou vu des sévices. Leurs avocats ont appelé les autorités françaises à mettre fin à l'« impunité » de tous ceux qui auraient pu participer à ces crimes, directement ou comme complices. Des enquêtes liées aux flottilles ont également été ouvertes en Italie, en Australie et en Turquie, faisant du traitement des participants une question juridique de plus en plus internationale. Des flottilles destinées à acheminer de l'aide à Gaza Les plaignants participaient à des missions civiles visant à atteindre Gaza pour y livrer une aide humanitaire. La Global Sumud Flotilla a organisé des tentatives répétées pour contester le blocus israélien et attirer l'attention internationale sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Israël justifie l'interception de ces bateaux par des impératifs de sécurité. Les militants affirment pour leur part que leurs missions sont civiles et humanitaires. Après l'interception d'avril 2026, des publications en ligne ont affirmé que des armes avaient été découvertes à bord de la flottille. L'AFP a établi par la suite que les images censées étayer ces allégations avaient été générées par intelligence artificielle et n'a trouvé aucun rapport officiel confirmant la saisie d'armes sur les bateaux. L'AFP a relevé que l'armée israélienne avait bien diffusé des images affirmant que des préservatifs et de petits sachets contenant des produits soupçonnés d'être des stupéfiants avaient été trouvés à bord, ce qui n'étaye pas les affirmations virales sur la découverte d'armes. Des interrogations plus larges sur le traitement des détenus Pour les Palestiniens, ces accusations ont une portée plus large. Des détenus palestiniens ont rapporté à de nombreuses reprises des coups, des humiliations, des mises à nu forcées, des entraves douloureuses et d'autres sévices dans les prisons israéliennes, tandis que des organisations de défense des droits humains ont documenté des cas de torture et de mauvais traitements. Certains militants européens des flottilles ont explicitement comparé leur propre détention à ce que vivent les Palestiniens. La militante italienne Martina Comparelli, qui dit avoir été frappée et agressée sexuellement, a souligné qu'elle savait que sa détention prendrait fin, contrairement aux Palestiniens qui peuvent rester emprisonnés bien plus longtemps. Les plaignants français ont pu rentrer chez eux, se faire soigner et engager des poursuites. Leurs témoignages fournissent donc aux enquêteurs européens des récits directs sur le traitement infligé à l'intérieur des centres de détention israéliens. Si les enquêteurs français corroborent ces récits, leurs conclusions pourraient aussi accroître l'attention portée au traitement des Palestiniens détenus sous contrôle israélien. Un test pour la reddition de comptes La plainte constitue un test important pour la justice française. La question juridique n'est pas de savoir si la France partage les objectifs politiques de la flottille, mais si des actes de torture, des traitements dégradants et des crimes de guerre visant des citoyens français feront l'objet d'une enquête, quels qu'en soient les auteurs présumés. L'affaire dépasse par ailleurs le cas des 26 plaignants. Leurs témoignages s'ajoutent aux signalements de plus en plus nombreux concernant le traitement israélien des participants aux flottilles et ouvrent une nouvelle voie judiciaire permettant d'examiner le comportement des forces israéliennes lors d'opérations liées à Gaza. Le fait que ces signalements débouchent ou non sur des poursuites dépendra des éléments réunis par les enquêteurs français. Mais ce dépôt de plainte garantit que l'interception des flottilles humanitaires en route vers Gaza ne restera plus seulement un différend politique autour du blocus. C'est désormais aussi une affaire pénale entre les mains du parquet français. Shortlink for this post: https://daysofpalestine.ps/?p=79086

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