Le parti de l'Union constitutionnelle (UC) a dévoilé, lundi 7 septembre à Casablanca, son programme électoral pour les législatives du 23 septembre. Sous le slogan "Pour un Maroc à une vitesse", le secrétaire général Mohamed Joudar, entouré des cadres et candidats du parti, a présenté quatre engagements nationaux censés répondre aux tensions sur le pouvoir d'achat, aux difficultés d'emploi des jeunes et au besoin d'accélérer la régionalisation avancée.
Mohamed Joudar a résumé la philosophie du programme en une question, présentée comme le fil conducteur de l'ensemble du texte : "Comment faire parvenir au citoyen marocain les fruits de la croissance économique ?" Pour le secrétaire général, le citoyen doit pouvoir la "sentir" concrètement, dans la qualité des services publics comme dans son pouvoir d'achat.
Le diagnostic dressé par le parti s'appuie sur plusieurs chiffres avancés lors de la présentation : environ 1,9 millions de jeunes de 14 à 25 ans seraient aujourd'hui hors de l'emploi, de l'éducation ou de la formation (NEET), et quelque 300 000 élèves quitteraient chaque année le système scolaire sans qualification.
Sur le pouvoir d'achat, l'UC a rappelé que les dépenses alimentaires représentaient 38,2% du budget total des ménages marocains en 2022. C'est de cette question, et de ces chiffres, que découlent les quatre engagements nationaux du programme.
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L'essentiel
Le point de départ : pour Mohamed Joudar, le test de toute politique économique est sa capacité à se traduire, concrètement, dans le quotidien et le portefeuille des citoyens .
Quatre engagements : une économie productive et créatrice d'emplois ; un État d'équité et de protection sociale ; le Maroc des régions et de la justice territoriale ; le Maroc de la confiance et du rayonnement.
Mesures phares : élargissement des pouvoirs de contrôle et de sanction du Conseil de la concurrence et garantie de son indépendance ; réduction du poids des intermédiaires dans les circuits de distribution alimentaire ; réorganisation du parcours de soins autour du médecin de famille ; transfert de compétences exécutives élargies aux régions .
La méthode revendiquée
: le parti dit avoir fait le choix d'engagements clairs plutôt que de chiffrages détaillés et de promesses qu'il juge irréalisables, une pratique qu'il estime nuisible à la confiance des citoyens envers l'action politique.
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Les détails
Emploi et jeunesse
Le premier engagement place l'emploi au cœur de la politique économique. L'UC propose de lier les incitations à l'investissement à la création de postes, de développer la formation continue et l'auto-emploi, et de déployer des programmes dédiés au premier accès à l'emploi.
Pouvoir d'achat et circuits de distribution
Sur le poste alimentaire, qui pèse pour 38,2% dans le budget des ménages selon les données de 2022, l'UC promet un meilleur contrôle des marchés, la lutte contre les pratiques spéculatives et la réduction du rôle des intermédiaires jugés "improductifs" entre producteurs et consommateurs.
Le programme prévoit aussi le renforcement du Conseil de la concurrence, dont les pouvoirs de contrôle et de sanction seraient élargis, avec une garantie d'indépendance.
Santé et éducation
Sur la santé, le parti s'engage à garantir l'accès effectif à la couverture santé obligatoire, à réduire les dépenses directes des patients pour les maladies chroniques, et à réorganiser le parcours de soins autour du médecin de famille et des soins primaires pour désengorger les hôpitaux universitaires.
Sur l'école, l'UC promet une révision des programmes centrée sur les compétences fondamentales et un renforcement de la formation professionnelle.
Transition énergétique et souveraineté alimentaire
Le programme prévoit d'accélérer le développement des énergies renouvelables et de réduire la dépendance à une source unique d'approvisionnement, ainsi que de renforcer la production nationale de produits de base pour limiter la dépendance alimentaire et amortir les chocs de prix internationaux.
Régionalisation et territoires
Le troisième engagement porte sur la régionalisation avancée, avec le transfert de compétences exécutives élargies aux régions et une répartition plus équilibrée de l'investissement public entre territoires, notamment vers le monde rural et les zones jugées les moins favorisées.
Gouvernance et confiance institutionnelle
Le quatrième engagement, "le Maroc de la confiance", vise la simplification de l'administration, la numérisation des services publics et le renforcement de l'indépendance de la justice.
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