Réseaux sociaux : cibler les algorithmes, comme souhaite le faire l'Australie, est-il une piste crédible ?

Réseaux sociaux : cibler les algorithmes, comme souhaite le faire l'Australie, est-il une piste crédible ?
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Category: Politics
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Le 14 août 2026, le Conseil constitutionnel a retoqué l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, jugeant qu'elle portait atteinte à la liberté d'expression. Pour mieux protéger les mineurs, la France pourrait-elle promulguer une loi, comme le souhaite l'Australie, permettant de désactiver l'algorithme qui personnalise les contenus ? Alors que la mesure phare du texte initial interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel durant l'été, une autre mesure pourrait-elle être envisagée pour mieux garantir la sécurité des mineurs face aux risques des réseaux sociaux ? Depuis le 1er septembre, les lycéens ont fait leur rentrée scolaire, tout comme les collégiens et les écoliers, avec, pour eux aussi, l'interdiction d'utiliser leur téléphone portable durant les cours. Néanmoins, la loi du 24 août 2026 devait initialement être bien différente, avec une mesure d'interdiction pure et simple des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Mais le Conseil constitutionnel, estimant que cette mesure portait "une atteinte disproportionnée" à la liberté d'expression et au respect de la vie privée, a pris la décision de la censurer. L'Australie veut aller encore plus loin De l'autre côté du globe, en Australie, c'est une tout autre histoire. Après avoir réussi à promulguer une loi interdisant aux moins de 16 ans l'accès à de nombreux réseaux sociaux, le gouvernement de l'île-continent veut maintenant imposer aux plateformes numériques de permettre aux internautes de désactiver l'algorithme de personnalisation des contenus. Un projet de loi, qui introduit un "devoir de vigilance numérique", devrait être présenté dans la semaine au Parlement. Il doit permettre d'imposer aux géants de la tech de donner à leurs utilisateurs la possibilité de désactiver les algorithmes qui effectuent des recommandations sur mesure, correspondant à leurs goûts, et qui les encouragent, en principe, à continuer de faire défiler les vidéos sur leur écran. À lire aussi : Meta lance des abonnements payants pour Instagram, Facebook et WhatsApp Offrir le choix à la population Pour la ministre des Communications, Anika Wells, il est clair que "de nombreux Australiens apprécient l'algorithme [la personnalisation, ndlr], pour le plaisir qu'il leur procure", a-t-elle indiqué au diffuseur ABC. Elle a néanmoins ajouté que, bien que beaucoup d'Australiens souhaitent conserver l'algorithme, les géants de la tech devraient d'abord leur en laisser le choix. Un écho est-il possible dans l'Hexagone ? Si l'Australie poursuit sa démarche visant à protéger les enfants et les adolescents des risques auxquels les expose l'utilisation des réseaux sociaux, le gouvernement français pourrait y voir, lui aussi, une opportunité de rebond après la censure du 14 août dernier par le Conseil constitutionnel. Cependant, la France n'aurait peut-être même pas besoin d'une nouvelle loi pour l'imposer. Comme le rappelle le spécialiste des médias Fabrice Epelboin, "l'obligation existe déjà' au niveau européen, via le 'Digital Services Act', dont X, s'acquitte en proposant un onglet sans algorithme. Du côté de Meta, il émet plus de réserves : "Sur Facebook, à moins que ce soit une option cachée quelque part [...], ce n'est pas limpide.' Concrètement, "il n'y a pas besoin d'avoir de nouvelles lois. Il y a juste besoin d'être dans un État de droit', conclut-il. Reste à savoir si la France fera de ce sujet une nouvelle bataille à porter au niveau européen.

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