Le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé, lundi 7 septembre, l'ex-propriétaire du café-restaurant Le Régent Café, poursuivi pour injures racistes envers ses salariés. 1 000 euros d'amende et un stage de citoyenneté ont été requis. Le jugement a été mis en délibéré
Un attroupement devant le palais de justice de Bordeaux et des bancs bien fournis : les parties civiles attendaient ce jour depuis près d'un an. Ce lundi 7 septembre, l'ex patron du restaurant Le Régent Café, institution bordelaise, était jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Daniel Marion est prévenu d'avoir proféré des injures racistes à l'encontre de ses salariés...
Un attroupement devant le palais de justice de Bordeaux et des bancs bien fournis : les parties civiles attendaient ce jour depuis près d'un an. Ce lundi 7 septembre, l'ex patron du restaurant Le Régent Café, institution bordelaise, était jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Daniel Marion est prévenu d'avoir proféré des injures racistes à l'encontre de ses salariés le 6 octobre 2025.
Le président du tribunal a lu la liste des propos reprochés au restaurateur. Selon des salariés, Daniel Marion, alors patron, a déboulé au Régent Café après un repas d'affaires arrosé et s'est exprimé en ces termes : « Les Noirs, ça reste à la cave », ou encore « les Noirs et les Arabes sont des voleurs ». Les insultes ont duré plusieurs heures. Des images de vidéosurveillance ont montré qu'il tape sur le comptoir à diverses reprises.
Deux bouteilles de vin et une bouteille de champagne : ce sont, dans le détail, les boissons bues durant ce repas d'affaires. « C'est un alcoolique invétéré », lance son ancien directeur au tribunal. Ce que Daniel Marion, alors patron, a réfuté durant l'enquête : Il n'est pas alcoolique. Il n'est pas non plus raciste : en revanche, il ne nie pas les propos rapportés mais dit « ne se souvenir de rien ».
Dans la salle d'audience, les anciens employés, une dizaine, font bloc. À la barre, l'un d'entre eux raconte les conséquences de cette journée du 6 octobre 2025 : depuis, il ne travaille plus, il a dû quitter la région. « Il a détruit la vie de pas mal de personnes, dont moi. J'ai du mal à dormir depuis. » D'autres d'employés témoignent de leur vie aujourd'hui, certains sont en arrêt de travail, d'autres ont été licenciés. Il y a un avant et un après.
Parmi les associations qui se sont constituées parties civiles, l'une d'entre elles dit qu'il ne s'agit pas là « d'un simple épisode », une autre parle « d'obsession ». Sur le banc des parties civiles, Me Anne-Charlotte Moulins déplore qu'il « il y a encore beaucoup de travail à faire » pour lutter contre ce type de comportement. « Ça aurait été important pour tous les salariés d'entendre des excuses, ils ne les auront jamais. »
La défense de Daniel Marion se fait le relais des regrets et des excuses formulés par le prévenu. « Il est désolé de ce qui s'est passé », observe Me Fabien-Jean Garrigues. Même s'il plaide le black-out total, même s'il ne se souvient de rien, les analyses n'ont pas révélé des traces de drogue. L'avocat du prévenu le rappelle, mais veut aussi mettre de « la nuance » à ce procès. « Nous ne sommes pas là pour juger sur des on-dit » et précise que son client, après 50 ans de travail, est désormais à la retraite. Pour lui, si les injures sont réelles, le caractère public de ces injures n'est pas avéré. Il plaide la relaxe.
Le ministère public requiert 1 000 euros d'amende ainsi que un stage de citoyenneté à accomplir dans un délai de dix-huit mois. Le jugement a été mise en délibéré au lundi 5 octobre 2026.
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