La Tour Eiffel a fermé ses portes le 7 septembre suite à une grève déclenchée par la mise en place d'une politique discriminatoire envers les femmes employées lors d'une visite de la délégation hindoue BAPS.
S'abonner permet de commenter les articles. Et pas que : vous pouvez les consulter et les offrir à vos proches. Le monument emblématique de Paris, la Tour Eiffel, a fermé ses portes le lundi 7 septembre à la suite d'une grève des salariés.
L'affaire a éclaté après que la délégation hindoue du mouvement spirituel indien Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) ait demandé que les femmes employées soient écartées de la visite. Selon la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE), la délégation aurait imposé des consignes " plus strictes " qui ont conduit à ce que plusieurs salariées soient invitées à quitter leur poste, à être remplacées par des hommes ou à se voir refuser l'accès à certaines zones.
Ces mesures, " contraires aux valeurs de la SETE, à l'égalité femmes-hommes et à la laïcité ", ont déclenché la rupture du service, la tour restant fermée toute la journée. L'opposition des employés, qui ont refusé de reprendre le travail, s'est appuyée sur la fois des slogans de lutte pour l'égalité et sur la réaction de la direction.
Sur son site internet la SETE publiait un bandeau soutenant fermement l'égalité entre femmes et hommes et explicitant son rejet de toute politique discriminatoire. Le président de la SETE, Ariel Weil, ainsi que le maire de Paris centre, MS, ont déclaré ne pas être au courant de la visite, tandis que le député Michel Barnier a déclaré sa consternation et a mené une prise de contact officielle avec un représentant du BAPS.
La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et la ministre de l'Égalité Aurore Bergé ont également réclamé le respect des lois républicaines et dénoncé la discrimination. Le mouvement BAPS, issu d'une scission de l'hindouisme et réputé conservateur et parfois nationaliste, a récemment ouvert son premier temple majeur à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne, à 30 km de Paris. Des allégations d'esclavage moderne à l'étranger et l'exigence de ses membres de soutenir le parti Bharatiya Janata Party ont alimenté les critiques.
La fermeture de la Tour Eiffel a mis en lumière les tensions entre les valeurs de la République et les pratiques de certaines organisations religieuses. Le réseau social X a vu partager plusieurs déclarations de dirigeants et de représentants, rappelant que dans un pays républicain, aucune forme de discriminations ne s'appuie sur la religion, le genre ou toute autre caractéristique.
Les syndicats, de leur côté, ont appelé à un dialogue renforcé pour éviter que de telles tensions ne se reproduisent dans la période à venir. Selon une représentante du personnel de la SETE, la tour rouvrira sous des conditions normales le mardi matin, sans perte de services mais avec une stricte surveillance de la mise en respect des principes d'égalité.
Ce bref épisode rappelle à la société française l'importance de maintenir la laïcité et l'équité, quelles que soient les croyances des visiteurs ou des salariés. Des appels en faveur d'une meilleure compréhension et d'un renforcement de la formation en matière d'égalité ont émergé, tandis que les autorités promettent de renforcer les précautions pour protéger les droits de chaque individu, homme ou femme, dans les lieux publics emblématiques.
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