Quatre syndicats français de journalistes ont réclamé, lundi 7 septembre 2026, la libération immédiate de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d'investigation Alqatiba, et exprimé leur solidarité avec le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).
Dans un communiqué commun, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO estiment que l'affaire Mohamed Yousfi s'inscrit dans un contexte de « répression croissante contre les journalistes ».
Les quatre organisations reviennent sur les circonstances de l'interpellation du journaliste et indiquent que l'enquête porte notamment sur des publications sur Facebook. Elles relèvent également qu'il a été interrogé sur son activité journalistique et sur la ligne éditoriale d'Alqatiba.
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Les syndicats font également le lien entre la procédure et une campagne de dénigrement ayant précédé l'interpellation de Mohamed Yousfi sur les réseaux sociaux. Ils évoquent notamment des accusations de blanchiment d'argent et de corruption diffusées à son encontre et estiment que cette campagne faisait suite à ses enquêtes, notamment sur la pénurie d'eau, ainsi qu'à ses prises de position critiques envers le pouvoir politique.
« À travers Mohamed Yousfi, c'est une nouvelle fois le journalisme indépendant qui est attaqué », affirment les quatre organisations. Elles citent également le cas de Mourad Zeghidi, emprisonné depuis mai 2024, ainsi que ceux d'autres journalistes et professionnels des médias poursuivis.
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Les syndicats français annoncent ainsi s'associer à la mobilisation du SNJT et à celle de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Cette dernière avait déjà considéré que l'interpellation de Mohamed Yousfi envoyait « un message d'intimidation à toute la profession ».
« Enquêter, informer, révéler des faits d'intérêt public, ou exercer un regard critique ne constituent pas des crimes », martèlent les quatre organisations. Elles mettent également en garde contre les campagnes de « haine et de diffamation » qui, à leurs yeux, ne doivent pas devenir le prélude à des poursuites judiciaires, ni la justice être utilisée pour faire taire les voix indépendantes.
Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO réitèrent ainsi leur demande de libération immédiate de Mohamed Yousfi et leur « pleine solidarité » avec le SNJT.
Mohamed Yousfi a été interpellé vendredi 4 septembre devant les locaux d'Express FM, où il devait participer à une émission consacrée à la politique de l'eau. Sa garde à vue a été prolongée, lundi 7 septembre, de 48 heures supplémentaires.
Si le SNJT et plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse considèrent que les poursuites sont liées à son activité journalistique, une source judiciaire citée par l'agence Tap avait indiqué que l'enquête portait notamment sur des soupçons d'enrichissement illicite et de blanchiment d'argent.
M.B.Z
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