Les 500 millions de Marie Khone Faye : Que peut-on concrètement financer avec une telle somme au Sénégal ?

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Category: Politics
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Accueil • Sénégal - Actualités • Les 500 millions de Marie Khone Faye : Que peut-on concrètement financer avec une telle somme au Sénégal ? Si l'initiative se veut solidaire, elle a rapidement suscité des interrogations, notamment de la part de parlementaires s'inquiétant de l'origine exacte des fonds et du statut juridique de la fondation. L'annonce a suscité un débat qui dépasse largement le cadre sportif. Le 5 septembre dernier, le président Bassirou Diomaye Faye a révélé qu'une contribution de 500 millions de francs CFA serait apportée par la Fondation Nationale Sénégal Solidaire, à l'initiative de la Première dame Marie Khone Faye, pour accompagner l'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Cette enveloppe doit notamment permettre l'acquisition de 200 000 tickets destinés aux enfants des quartiers et aux associations, afin qu'ils puissent vivre l'événement. Si l'initiative se veut solidaire, elle a rapidement suscité des interrogations, notamment de la part de parlementaires s'inquiétant de l'origine exacte des fonds et du statut juridique de la fondation. Au-delà de cette controverse, une question revient dans les commentaires : à quoi équivaudraient ces 500 millions de FCFA s'ils étaient investis ailleurs, dans des secteurs essentiels comme la santé ou l'éducation ? Sur le même sujet Coulisses du Palais : Pourquoi la Première dame, Marie Khone Faye, est au cœur de la polémique Coulisses du Palais : Pourquoi la Première dame, Marie Khone Faye, est au cœur de la polémique Dans le secteur de la santé Les exemples de projets récemment financés au Sénégal donnent un ordre de grandeur concret. Le poste de santé de Saré Lao, à la frontière avec la Guinée-Bissau, inauguré en juillet dernier par le Programme d'urgence de modernisation des axes et territoires (PUMA), a coûté 156 millions de FCFA, dispensaire, maternité et logements du personnel compris. À Mbour, un autre poste de santé entièrement équipé a été livré pour un peu plus de 34 millions de FCFA. Sur cette base, 500 millions de FCFA permettraient de financer la construction et l'équipement de plusieurs postes de santé « clé en main » dans des zones rurales ou périurbaines, ou encore la réhabilitation de deux centres de santé de district dotés d'une maternité, d'un laboratoire et d'une salle d'opération, chaque réhabilitation étant estimée à environ 250 millions de FCFA. La même enveloppe pourrait également couvrir l'achat d'une douzaine d'ambulances pour renforcer les districts sanitaires, ou encore l'équipement de plusieurs laboratoires de district en matériel d'hématologie, de biochimie et de sérologie, chacun estimé à une centaine de millions de FCFA. Sur le même sujet Marie Khone Faye : Bonne samaritaine ou sergent recruteur de Kiiraay ? Marie Khone Faye : Bonne samaritaine ou sergent recruteur de Kiiraay ? Dans le secteur de l'éducation Le constat est similaire du côté de l'éducation. Dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale, Dangote Ciment Sénégal a financé la construction de plusieurs salles de classe équipées à Diass pour un montant global de 33 millions de FCFA. À l'échelle nationale, l'État a mobilisé 33 milliards de FCFA pour construire 1 528 salles de classe destinées à remplacer des abris provisoires, soit un coût moyen avoisinant les 20 millions de FCFA par salle, équipements et ouvrages annexes compris. Rapportée à ces montants, une enveloppe de 500 millions de FCFA correspondrait potentiellement à plusieurs dizaines de salles de classe neuves, de quoi résorber une partie du déficit encore constaté dans certaines régions du pays. Ces comparaisons, largement reprises sur les réseaux sociaux et dans les colonnes de la presse depuis l'annonce présidentielle, ne remettent pas en cause la légitimité de l'initiative en elle-même. Elles traduisent toutefois une préoccupation récurrente dans le débat public sénégalais : celle de l'arbitrage entre les dépenses de prestige ou d'événementiel et les besoins jugés prioritaires par une partie de la population, en particulier dans les secteurs sociaux de base que sont la santé et l'éducation. Reste que la comparaison a ses limites : les 500 millions annoncés sont fléchés vers l'achat de tickets d'accès aux JOJ pour des enfants qui, autrement, n'auraient pas eu les moyens d'y assister — un objectif social à part entière, distinct des dépenses d'infrastructure évoquées plus haut.

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