Kinshasa, 8 septembre 2026 (ACP).- La coutume en République démocratique du Congo (RDC) a été présentée, mardi, par un professeur d'université dans son ouvrage comme l'une des sources historiques et fondamentales du droit, en vue d'hériter des traditions des différentes communautés dans le pays, lors d'un entretien avec l'ACP à Kinshasa.
« La coutume constitue l'une des sources historiques et fondamentales du droit congolais. Héritée des traditions des différentes communautés de la République démocratique du Congo, elle continue d'influencer les rapports
familiaux, fonciers, successoraux et sociaux », a déclaré Jules-Thomas Mukadi, professeur de droit aux universités.
Selon lui, l'évolution de l'État de droit, la mondialisation, l'urbanisation, la protection des droits fondamentaux et l'internationalisation des normes juridiques soulèvent de nombreux défis quant à son application et à sa compatibilité avec le droit positif.
Il a fait savoir que son ouvrage « la coutume congolaise et le droit congolais: les défis » analyse les rapports entre la coutume congolaise et le droit congolais en mettant en évidence les difficultés liées à la coexistence du droit coutumier et du droit écrit, la protection des droits humains, la sécurité juridique et l'harmonisation des normes.
Il a indiqué que l'étude montre la coutume demeure une source essentielle du droit, mais que son application doit être conciliée avec la Constitution, les lois de la République et les engagements internationaux de la RDC.
« Le défi n'est pas de choisir l'une contre l'autre. Le défi est de les faire marcher ensemble, sans que le peuple ne boite. Aujourd'hui encore, le droit coutumier demeure une réalité vivante, particulièrement dans les domaines du mariage, de la succession, de la chefferie traditionnelle, de la gestion des terres et du règlement des conflits communautaires », a-t-il martelé.
Il a relevé aussi que la Constitution de la RDC reconnaît l'existence des autorités coutumières et admet la coutume comme source du droit, à condition qu'elle ne soit pas contraire à la Constitution, à la loi, à l'ordre public ou aux bonnes mœurs.
Vers un droit congolais harmonie présenté
A cet effet, le professeur Mukadi a proposé de codifier la coutume, sans la tuer, de recenser, par province, les coutumes conformes à la Constitution pour en faire « code coutumier officiel ». Du fait que la coutume doit évoluer comme l'arbre grandit sans renier ses racines.
Il a également proposé la formation des juges et des chefs coutumiers ensemble en organisant des sessions communes, pour que les juges apprennent le sens de la palabre.
« Que les chefs coutumiers apprennent les droits de la femme et de l'enfant ainsi que de privilégier la conciliation avant le procès. La coutume guérit les relations. Le droit tranche le litige. Commençons par la palabre, finissons si besoin par le jugement », a-t-il insisté.
ACP/ K
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