Rencontre avec Laura Smet, future star de The White Lotus : 'Voir des films, ça me répare'

Rencontre avec Laura Smet, future star de The White Lotus : 'Voir des films, ça me répare'
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Category: Entertainment
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Actrice sensible, passionnée et intense, la sublime Laura Smet est sur tous les fronts. Alors qu'elle tourne en ce moment la saison 4 de la série culte The White Lotus et qu'elle sera à l'affiche du film Johnny de Cédric Jimenez, elle siège en ce mois de septembre au jury de la 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville, présidé par Roschdy Zem. Pour Numéro , elle évoque les films US qui l'ont marquée, ses goûts de spectatrice, son expérience de jurée et ses projets, notamment le film de genre qu'elle réalise et qui promet d'être tout sauf tiède et ennuyeux. À son image… propos recueillis par Violaine Schütz. Laura Smet à la cérémonie d'ouverture du 52e Festival du cinéma américain de Deauville, le 4 septembre 2026. © François G. Durand/WireImage via Getty Images. De Claude Chabrol à Philippe Garrel, en passant par Mia Hansen-Løve, Xavier Beauvois ou Xavier Giannoli, la talentueuse et magnétique Laura Smet – l'un des plus beaux regards du cinéma français – a construit depuis ses débuts dans Les Corps impatients (2003) une filmographie sensible et exigeante où le cinéma d'auteur occupe une place de choix. Sa passion dévorante pour le septième art l'a également conduite derrière la caméra avec le court métrage Thomas en 2018. Et bientôt, la fille de Johnny Hallyday et Nathalie Baye réalisera son premier long-métrage, un film de genre… Autre fait d'armes récent ? La charismatique star du Yves Saint Laurent de Jalil Lespert tourne actuellement dans la très attendue saison 4 de la série culte The White Lotus , qui se déroule dans les hôtels de luxe français, et incarne Huguette Clerc, mannequin et mère de Johnny Hallyday dans Johnny , le nouveau film très attendu de Cédric Jimenez dédié à la vie de son père. Laura Smet à la première du film L'Invitation lors du 52e Festival du cinéma américain de Deauville, le 5 septembre 2026. © François G. Durand/Getty Images. En attendant, la comédienne de 42 ans fait partie du jury du Festival du cinéma américain de Deauville, qui se déroule en ce moment-même, aux côtés notamment de Cécile de France et Raphaël Personnaz, sous la présidence de son ami Roschdy Zem. Un rôle parfait pour celle qui se définit aussi par sa cinéphilie et qui s'aventure désormais à Hollywood. Numéro a rencontré Laura Smet dans l'enceinte du très chic hôtel Normandy pour parler de ses films américains préférés, de son premier long-métrage en tant que réalisatrice et de sa participation à la nouvelle saison de The White Lotus . Numéro : Qu'est-ce qui vous a donné envie de rejoindre le jury du Festival de Deauville ? Laura Smet : Quand Roschdy (Zem, le président du jury du Festival de Deauville 2026, ndlr) m'appelle, généralement, j'ai du mal à dire non. C'est mon ami, je l'adore et je le connais depuis très longtemps. Et j'aime beaucoup le Festival de Deauville. J'ai été juré plusieurs fois dans la vie et je trouve que c'est une vraie responsabilité. On a une opportunité de permettre à un film d'aller plus loin dans son parcours, donc, je prends ce rôle super au sérieux, surtout depuis que je connais les dessous de la confection d'un long-métrage (je réalise un long-métrage) qui sont très compliqués. Donc, j'étais flattée et hyper contente. Vous devez voir treize films à Deauville avant de juger quel est le meilleur d'entre eux. Est-ce que le fait de regarder de nombreux longs-métrages dans un court laps de temps était aussi une motivation ? Laura Smet : Oui, j'ai vécu des trucs pas faciles ces derniers temps. Mais voir des films, moi, ça me répare. Ça m'apporte de nombreuses émotions, de l'espoir à la colère, et ça me permet de sortir de ma tête et de mon quotidien… On ne peut pas dire que le monde va super bien. Il y a plein de choses qui se passent. Et je suis quelqu'un de très lucide. Il y a des gens qui font la fête jusqu'à 7h du matin. Moi, j'ai besoin de rentrer dans une salle de cinéma. Ça me rend vivante. ' Voir des films, moi, ça me répare .' Laura Smet Qu'attendez-vous d'un film ? Ce que j'attends d'un film, c'est de ne pas avoir l'impression qu'il s'agit d'un film, mais plutôt, d'un moment de vie. J'ai envie de sortir du cinéma en pensant : ' Qu'est-ce qui vient de se passer ? ' J'aime les longs-métrages qui, lorsque tu les vois, te font oublier instantanément que tu es assise dans une salle obscure. Tu es devant un écran noir et tu rentres dans un univers qui te fait complètement oublier qui tu es en passant par de nombreuses émotions. Je ne suis pas quelqu'un qui regarde la technique. C'est comme quand tu vas voir une exposition de peinture et que les gens t'expliquent la toile. Je pourrais les tuer (rires). Je leur réponds : ' Laissez-moi regarder, m'imaginer des choses et me faire mon truc dans ma tête. ' C'est pour ça que j'adore Basquiat : entrer dans l'une de ses toiles pourrait me laisser éveiller toute la nuit tant il y a de détails à décoder. Le Festival de Deauville s'intéresse au cinéma indépendant américain. Quel est votre cinéma américain fétiche ? J'aime surtout les films indépendants car les histoires sont plus intéressantes. Je pense aux longs-métrages qui me racontent un univers, un problème de société, le parcours d'une mère ou la vie d'un enfant autiste… Mais je ne suis pas contre les grosses machines américaines. Elles me font complètement sortir de mon monde, ce qui m'amuse. Quand j'ai vraiment envie de me distraire et de passer un dimanche cool, j'adore voir un blockbuster US avec Tom Cruise ou un Marvel. Ça change les idées. J'ai aussi besoin des films récréatifs. ' Sur le tournage de The White Lotus , tout le monde est logé à la même enseigne .' Laura Smet Quels sont vos films américains fétiches ? Je suis très fan d' Edward aux mains d'argent de Tim Burton, et de beaucoup de films avec Johnny Depp comme Donnie Brasco et Arizona Dream. Ce sont des films qui m'ont permis de rêver et qui m'ont permis de croire qu'il y avait quelque chose de plus grand derrière. Et puis ils étaient tellement beaux, les mecs, dans ces longs-métrages. J'adore aussi Get Out de Jordan Peele . J'aime beaucoup les films d'horreur et de genre. En France, on ne sait pas faire ce genre de choses. Si tu réalises un projet de genre dans le style de Get Out chez nous, le plus souvent, tu te plantes. Ils savent faire des choses qu'on ne sait pas faire du tout, en inversement. Des films tournés par des réalisateurs comme Truffaut, Klapisch, Audiard, par exemple, ne peuvent pas être imaginés par un Américain. Je pense que chaque pays a sa touche. Vous êtes en train de tourner la nouvelle saison de The White Lotus . J'imagine que vous êtes tenue au plus grand secret. Mais que pouvez-vous nous révéler ? J'ai tourné des scènes et j'en tournerais d'autres encore en octobre et en novembre. Je n'ai pas un grand rôle, mais je suis tellement heureuse et flattée d'être dedans. Je suis très fan de la série que j'ai commencé à regarder quand j'étais enceinte. Elle m'a fait oublier mon mal de dos et tout le reste. Je trouve que Mike White (le créateur de la production HBO, ndlr) est un génie. Il a ce don de cerner ce petit truc entre la perversion et le voyeurisme. Parfois, tu as envie de voir les coulisses des vacances, et c'est ce qu'il montre. ' Je regarde un peu trop de séries .' Laura Smet Comment se passe le tournage ? Mike White a une vraie humilité sur le plateau. Ce qui est étonnant pour quelque chose d'aussi énorme. Tout le monde est logé à la même enseigne. Qu'il ait un tout petit rôle ou un gros, c'est la même chose. Tout le monde sait qui est qui, et ça, c'est très agréable aussi. On t'envoie des CV des assistants pour que tu saches qui est qui, que tu connaisses les noms et les prénoms de chacun. Je trouve ça hyper respectueux pour tout le monde. C'est une manière de travailler qui est très saine. Êtes-vous une grande spectatrice de séries ? Oui, je regarde beaucoup de séries, en particulier des séries américaines, d'où ma joie de rejoindre l'aventure The White Lotus . J'en regarde peut-être un peu trop, même (rires). Il y a tellement de bons shows aujourd'hui, avec des actrices qui me font rêver, comme Nicole Kidman. Je pourrais me contenter de regarder des séries (comme Mercredi ) en boucle mais il ne faut que je rentre trop là-dedans, car je ne veux être cette personne qui ne regarde presque que des séries et moins de films (rires). Avec le covid, elles ont pris une place immense dans nos vies. ' Je pense que mon premier long-métrage en tant que réalisateur va gêner un peu .' Laura Smet Vous êtes en train de réaliser votre premier long-métrage. Pouvez-vous nous en dire plus ? Je vais tourner mon premier film en tant que réalisatrice. Ça, ça se concrétise enfin. Je suis en production. C'est un film de genre, un thriller un peu flippant. Je pense que ça va gêner un peu, mais je ne peux pas faire autre chose que ça. Je l'ai à l'intérieur de moi, donc il faut que ça sorte. J'ai déjà quasiment terminé le casting. Ça fait bientôt neuf ans que j'essaie de faire ce film, après avoir tourné un court métrage. C'est tellement dur de réaliser un film aujourd'hui, surtout quand tu es une femme et que c'est un film de genre. Et ce n'est pas évident de proposer ce type de long-métrage en France. Je trouve ça formidable que de plus en plus d'actrices réalisent… Oui, en tout cas, il faut oser. Moi, à 20 ans, j'étais tétanisée de peur, de timidité,.. Et ce, jusqu'à mes 30 ans. Et puis, à 40 ans, tu dis : ' Un jour, tu vas mourir, alors, vas-y, fonce, fais, un truc qui te rend vraiment heureuse .' Je pense qu'on a tous besoin de ça. Johnny de Cédric Jimenez, au cinéma le 8 décembre 2027. La saison 4 de la série The White Lotus, créée par Mike White, sera diffusée en 2027 sur HBO Max.

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