Des images de 1991 des obsèques du roi Olav, où l'on voit la reine Sonja et sa fille Märtha Louise dans de longs voiles sombres divisent le pays : d'aucuns comparent l'accessoire à une burqa quand d'autres voudraient préserver la tradition. On fait le point.
seront un événement suivi bien au-delà des frontières de la Norvège. Le 9 septembre, la ville d'Oslo, surveillée par un important dispositif de sécurité, accueillera une cérémonie spectaculaire, d'un autre temps, scandée par plusieurs moments solennels.
Outre l'office funèbre célébré dans la cathédrale, un cortège accompagnera le cercueil du souverain, décédé le 28 août à l'âge de 89 ans. La famille royale norvégienne marchera derrière le cercueil, entourée de membres de familles royales étrangères, de chefs d'État, de Premiers ministres ainsi que de nombreux représentants des institutions du royaume scandinave.mais aussi par les autres reines et princesses présentes aux obsèques.
Pourtant, un élément du strict code vestimentaire du deuil suscite en ce moment-même un vif débat en Norvège, depuis que des photographies prises le 30 janvier 1991, lors des funérailles du roi Olav, ont refait surface. On y voit les femmes de la famille royale enveloppées dans un long voile de deuil noir.
Certains jugent que cette tradition mérite d'être préservée ; pour d'autres, ce type de voile évoque un burqa et symbolise une pratique d'un autre temps, dont il faudrait désormais libérer les femmes La princesse Märtha Louise, la reine Sonja, le roi Harald et Haakon, alors prince, aux obsèques du roi Olav le 20 janvier 1991. La disparition du très aimé roi Harald intervient dans un contexte déjà particulièrement troublé.
Il y a d'abord une toute nouvelle reine, Mette-Marit, actuellement en convalescence après une greffe des poumons, qui est par ailleurs rattrapée par ses liens, certes anciens, mais très sensibles, avecle fils aîné de Mette-Marit, accusé de viol et de violences conjugales et placé sous surveillance électronique, ainsi que les préoccupations de santé pour, alias Chaman Durek, le mari de la princesse Märtha Louise, récemment hospitalisé pour une greffe de rein. Comme si ces drames ne suffisaient pas, l'opinion publique se divise à présent sur un autre sujet royal : les femmes de la famille royale doivent-elles porter un voile de deuil ?
C'est la question qui agite depuis plusieurs jours éditorialistes, spécialistes des monarchies, journalistes de mode et experts du protocole dans tout le pays. L'expert des questions royales Carl-Erik Grimstad, ancien employé de la Maison royale dans les années 1990, devenu ensuite homme politique puis journaliste, a expliqué au journalqu'il était présent aux funérailles du roi Olav en qualité de collaborateur du souverain. Il se souvient que, déjà à l'époque, ce voile de deuil était considéré comme démodé.
Après des discussions internes, la décision avait toutefois été prise de maintenir la tradition. Une tradition qui, selon lui, devrait disparaître sous le règne du roi Haakon.
« Il est temps de dire adieu à une tradition de deuil qui établit une distinction entre les femmes et les hommes », renchérit dans les colonnes de. « Pourquoi la douleur d'une femme devrait-elle se manifester par le fait de se couvrir le visage, alors qu'un homme peut affronter le monde à visage découvert ? », s'interroge-t-elle, comparant volontairement et de manière provocatrice cette tenue de deuil au burqa.
« Historiquement, les femmes ont été soumises à des règles beaucoup plus strictes dans leur manière d'exprimer le chagrin. Une femme ne devait pas seulement être en deuil ; elle devait aussi s'habiller de façon à ce que le monde extérieur puisse percevoir sa douleur », ajoute cette éditorialiste, qui se définit comme féministe et appelle à une modernisation du protocole. Aftenposten .
« Ils produisent un effet visuel extraordinaire. Nous vivons dans un monde où ce type de théâtralité visuelle est devenu une denrée rare. Le fait que la monarchie nous offre encore ces curieux héritages du passé possède, à mes yeux, une grande valeur.
»ont, quant à eux, abordé la question sous un angle historique, en rappelant le cas de nombreuses souveraines qui ont ostensiblement couvert leur visage lors des périodes de deuil, de la reine Victoria à la reine Elizabeth, en passant par la reine Margrethe. De nombreux observateurs évoquent également l'exemple de. Le long voile noir traditionnel a en effet progressivement laissé place, ces dernières décennies, à une simple voilette.
La princesse Ingrid Alexandra le sait bien : elle en portait une, fixée à un serre-tête, lors de la cérémonie de prestation de serment de son père, le roi Haakon, devant les membres du Storting. Indépendamment de l'origine de ces protocoles, le voile a aussi pour fonction de protéger des regards indiscrets, des objectifs des photographes et de la vulnérabilité d'un moment vécu sous les yeux du monde entier.
Ce n'est sans doute pas un hasard si la reine Sonja a porté des lunettes de soleil lors de plusieurs apparitions publiques après la disparition de l'amour de sa vie, survenue à la veille même de leur cinquante-huitième anniversaire de La même Sonja avait tant marqué les esprits en 1991, le visage caché derrière un long voile noir aux funérailles du roi Olav, puis lors de la prestation de serment de son époux Harald. Mais, à l'occasion d'autres cérémonies funéraires, la reine avait opté pour des chapeaux, parfois ornés d'une voilette.
Cette solution apparaît aujourd'hui comme l'option la plus probable pour les obsèques du roi Harald, même si, ces derniers jours, la reine douairière a préféré arborer un simple serre-tête. La vivacité du débat témoigne du pouvoir évocateur de ce morceau de crêpe de soie ou de dentelle que l'on a revu ces dernières années, par exemple lors des funérailles du.
De plus, sous le pontificat de Léon XIV, les femmes des familles royales, mais pas seulement elles, ont redécouvert la valeur symbolique du voile. C'est auou lors des voyages pastoraux du souverain pontife que l'on aperçoit le plus fréquemment des têtes couvertes et des tenues entièrement noires.dans la principauté.
Toutefois, dans chacune de ces occasions, on percevait une légère satisfaction à arborer cette tenue particulière. En d'autres termes, une certaine part de vanité semblait toujours se glisser derrière le symbole, aussi discret fût-il.
En Norvège, ces derniers jours, même si certaines grandes maisons étaient présentes dans les tenues de Mette-Marit, qui portait une robelorsqu'elle est apparue devant le palais pour saluer la foule, ou dans celle de la princesse Ingrid Alexandra, qui avait commandé à la maison de couture londonienneune robe inspirée de celle portée par sa grand-mère trente-cinq ans plus tôt lors d'une cérémonie comparable au Parlement aux côtés de son père,Avant les signatures prestigieuses, avant les références stylistiques et avant les symboles de transmission familiale, c'est la couleur du deuil qui dominait.
Dans les tenues de l'épouse de Harald, de sa fille, de ses petites-filles et de sa nouvelle belle-fille, une couleur dense, presque palpable, imprégnait chaque fibre des tissus dont étaient confectionnés leurs vêtements. Les robes que nous avons vues semblaient posséder la même profondeur que le chagrin lui-même. Très peu de peau visible, des ourlets d'une sobriété quasi monacale, des collants sombres et particulièrement couvrants. Du total black, au sens le plus strict du terme.
Et si le noir est l'absence de lumière, les femmes de la famille royale laissent aux bijoux le soin de briller. Il y a les diamants du cœur, comme ceux de la broche que la reine Sonja avait épinglée à sa robe pour rendre un dernier hommage au roi Harald. Mais il y a surtout les perles, présentes pour symboliser les larmes. Ces larmes mêmes que les voiles noirs sont censés dissimuler au regard du monde.
L'hommage d'Ingrid Alexandra de Norvège à sa grand-mère Sonja lors de la cérémonie de prestation de serment de son père, le roi Haakon Pour la cérémonie de prestation de serment du roi Haakon au Parlement, la princesse héritière s'est inspirée de la tenue choisie par la reine pour cette même occasion 35 ans auparavant. Angèle a mis dix ans à tout maîtriser, l'écriture, la composition, la production, l'image, sans jamais se laisser formater.
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