Le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé, lundi 7 septembre, l'ex-propriétaire du café-restaurant Le Régent Café, poursuivi pour injures racistes envers ses salariés. 1 000 euros d'amende et un stage de citoyenneté ont été requis.
Une dizaine d'anciens salariés du Régent, qui ont porté plainte contre le gérant pour des insultes racistes, étaient présents au tribunal. © Crédit photo : Thierry David / SOTribunal de Bordeaux : 1 000 euros d'amende requis dans l'affaire du Régent Café après des injures racistes Une dizaine d'anciens salariés du Régent, qui ont porté plainte contre le gérant pour des insultes racistes, étaient présents au tribunal.
Le tribunal correctionnel de Bordeaux a jugé, lundi 7 septembre, l'ex-propriétaire du café-restaurant Le Régent Café, poursuivi pour injures racistes envers ses salariés. 1 000 euros d'amende et un stage de citoyenneté ont été requis. Le jugement a été mis en délibérén attroupement devant le palais de justice de Bordeaux et des bancs bien fournis : les parties civiles attendaient ce jour depuis près d'un an.
Ce lundi 7 septembre, l'ex patron du restaurant Le Régent Café, institution bordelaise, était jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Daniel Marion est prévenu n attroupement devant le palais de justice de Bordeaux et des bancs bien fournis : les parties civiles attendaient ce jour depuis près d'un an. Ce lundi 7 septembre, l'ex patron du restaurant Le Régent Café, institution bordelaise, était jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.
Daniel Marion est prévenuLe président du tribunal a lu la liste des propos reprochés au restaurateur. Selon des salariés, Daniel Marion, alors patron, a déboulé au Régent Café après un repas d'affaires arrosé et s'est exprimé en ces termes : « Les Noirs, ça reste à la cave », ou encore « les Noirs et les Arabes sont des voleurs ». Les insultes ont duré plusieurs heures.
Des images de vidéosurveillance ont montré qu'il tape sur le comptoir à diverses reprises.
« J'ai déjà entendu des propos racistes mais jamais à ce point-là » : à Bordeaux, des employés du café Le Régent accusent leur patron Dix-sept salariés ont porté plainte contre Daniel Marion, gérant du café Le Régent, cours du Chapeau-Rouge. Les faits se seraient déroulés début octobre.
Le chef d'entreprise conteste, affirmant ne pas se souvenir de cette journéeDeux bouteilles de vin et une bouteille de champagne : ce sont, dans le détail, les boissons bues durant ce repas d'affaires.
« C'est un alcoolique invétéré », lance son ancien directeur au tribunal. Ce que Daniel Marion, alors patron, a réfuté durant l'enquête : Il n'est pas alcoolique. Il n'est pas non plus raciste : en revanche, il ne nie pas les propos rapportés mais dit « ne se souvenir de rien ». Dans la salle d'audience, les anciens employés, une dizaine, font bloc.
À la barre, l'un d'entre eux raconte les conséquences de cette journée du 6 octobre 2025 : depuis, il ne travaille plus, il a dû quitter la région.
« Il a détruit la vie de pas mal de personnes, dont moi. J'ai du mal à dormir depuis. » D'autres d'employés témoignent de leur vie aujourd'hui, certains sont en arrêt de travail, d'autres ont été licenciés. Il y a un avant et un après.
Parmi les associations qui se sont constituées parties civiles, l'une d'entre elles dit qu'il ne s'agit pas là « d'un simple épisode », une autre parle « d'obsession ». Sur le banc des parties civiles, Me Anne-Charlotte Moulins déplore qu'il « il y a encore beaucoup de travail à faire » pour lutter contre ce type de comportement.
« Ça aurait été important pour tous les salariés d'entendre des excuses, ils ne les auront jamais. » La défense de Daniel Marion se fait le relais des regrets et des excuses formulés par le prévenu.
« Il est désolé de ce qui s'est passé », observe Me Fabien-Jean Garrigues. Même s'il plaide le black-out total, même s'il ne se souvient de rien, les analyses n'ont pas révélé des traces de drogue. L'avocat du prévenu le rappelle, mais veut aussi mettre de « la nuance » à ce procès.
« Nous ne sommes pas là pour juger sur des on-dit » et précise que son client, après 50 ans de travail, est désormais à la retraite. Pour lui, si les injures sont réelles, le caractère public de ces injures n'est pas avéré. Il plaide la relaxe. Le ministère public requiert 1 000 euros d'amende ainsi que un stage de citoyenneté à accomplir dans un délai de dix-huit mois.
Le jugement a été mise en délibéré au lundi 5 octobre 2026.
(0)Comments