Comment retrouver le charme perdu du centre-ville

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Category: Entertainment
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Comment retrouver le charme perdu du centre-ville Pendant longtemps, le centre-ville d'Oran n'était pas seulement un lieu de passage. C'était une destination. On y venait pour flâner sur les grands boulevards, admirer les vitrines des magasins, fréquenter les cinémas, s'attarder aux terrasses des cafés ou simplement goûter au plaisir de parcourir une ville dont l'élégance faisait partie de son identité. De l'ancienne Place d'Armes à la rue d'Arzew, de l'ex boulevard Séguin au Front de mer, Oran offrait un visage harmonieux qui contribuait à sa réputation de métropole méditerranéenne ouverte, moderne et accueillante. Cette image s'est progressivement estompée. Les transformations urbaines, l'extension de la ville vers de nouveaux pôles commerciaux, mais aussi le manque d'entretien de nombreux immeubles, la prolifération d'enseignes disparates, les façades défigurées, les devantures improvisées et les occupations anarchiques de l'espace public ont fini par brouiller la lecture architecturale du cœur historique d'Oran. La ville a peu à peu perdu une partie de ce qui faisait son charme et son attractivité. Conscientes de cet enjeu, les autorités locales ont engagé ces derniers mois plusieurs opérations de ravalement des façades, de suppression des enseignes non conformes et d'harmonisation des devantures commerciales. Ces interventions peuvent paraître secondaires face aux grands projets d'infrastructures ou aux préoccupations quotidiennes des citoyens. Pourtant, elles répondent à une vision beaucoup plus ambitieuse : celle de redonner à Oran une identité visuelle cohérente et un cadre urbain digne de son histoire. L'embellissement d'une ville ne relève pas uniquement de l'esthétique. Il constitue un véritable levier de développement économique et touristique. Une ville propre, soignée et harmonieuse inspire confiance, attire les investisseurs, encourage le commerce, favorise les activités culturelles et renforce le sentiment d'appartenance de ses habitants. À l'inverse, lorsque les façades se dégradent et que chaque commerce impose sa propre signalétique sans aucune cohérence, c'est toute la qualité du paysage urbain qui s'en trouve affectée. Mais cette reconquête ne peut reposer uniquement sur l'action des pouvoirs publics. Les copropriétés ont leur part de responsabilité dans l'entretien des immeubles. Les commerçants également, en veillant à ce que leurs enseignes respectent l'architecture des bâtiments qui les accueillent. Les architectes, les urbanistes, les associations de quartier et les citoyens ont, eux aussi, un rôle essentiel à jouer pour défendre une certaine idée de la ville. La question mérite aujourd'hui un véritable débat. Quelle identité architecturale voulons-nous préserver pour Oran ? Faut-il élaborer une véritable charte esthétique imposant des règles communes pour les façades, les enseignes, les couleurs, les terrasses et même le mobilier urbain ? Comment concilier la liberté d'entreprendre avec la nécessité de préserver l'harmonie du paysage urbain ? Ces interrogations dépassent largement le simple cadre réglementaire. L'expérience de nombreuses villes méditerranéennes montre qu'un centre-ville retrouve sa vitalité lorsqu'il redevient un espace agréable à parcourir. Les bâtiments restaurés, les trottoirs dégagés, les commerces valorisés et les espaces publics entretenus redonnent envie de marcher, de consommer, de découvrir et de revenir. Oran possède encore un patrimoine architectural remarquable. Ses immeubles haussmanniens, ses édifices art déco, ses places historiques et ses larges boulevards constituent un patrimoine qu'aucune construction moderne ne pourra remplacer. Ce patrimoine mérite mieux que des interventions ponctuelles ; il appelle une stratégie durable de mise en valeur. Restaurer les façades, harmoniser les devantures ou supprimer les enseignes anarchiques ne relève donc pas du simple embellissement. C'est renouer avec une mémoire collective, réhabiliter une certaine idée de la ville et redonner au cœur d'Oran cette attractivité qui faisait jadis sa fierté. Une ville ne se distingue pas seulement par ses grands projets. Elle se reconnaît aussi à la beauté de ses rues, à l'élégance de ses immeubles et au regard que ses habitants portent sur leur propre cadre de vie. — Par S.Benali

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