L'enquête PISA version 2025 montre une baisse généralisée du niveau scolaire dans les pays de l'OCDE : les élèves sont-ils plus bêtes qu'avant ?

L'enquête PISA version 2025 montre une baisse généralisée du niveau scolaire dans les pays de l'OCDE : les élèves sont-ils plus bêtes qu'avant ?
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Category: SciTech
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"Dans les pays de l'OCDE, indique le rapport, on estime désormais que 20 % des élèves de 15 ans sont peu compétents dans les trois principaux domaines d'évaluation, contre 16 % en 2022", année de la dernière enquête. Les courbes de QI augmentent toujours Sachant que cette tendance persiste sur le temps long, faut-il en déduire que les élèves d'aujourd'hui sont plus "bêtes" que jadis ? Pas forcément, estime Ariane Baye, professeure en sciences de l'éducation à l'ULiège : "Plus bêtes, non ; j'ai demandé à des collègues qui s'occupent de suivre les courbes de QI. Et ils sont formels : il n'y a pas de baisse. Les courbes de QI continuent d'augmenter, même si elles le font désormais un peu moins vite qu'au XXe siècle. Donc on ne peut pas dire que les élèves sont moins intelligents qu'avant. Par contre, c'est vrai que sur la capacité attentionnelle, il y a davantage de choses à dire, qui rejoignent les discours de collègues qui travaillent sur ces questions." Les élèves rencontrent davantage de difficultés de concentration qu'auparavant. ©DURIS Guillaume - stock.adobe.co Le rapport étaie ces difficultés puisque beaucoup d'élèves reconnaissent, à travers leurs réponses à des questions ciblées – concernant notamment l'usage des réseaux sociaux – que les outils numériques tendent à perturber leurs apprentissages et à gâcher, par exemple, le plaisir qu'ils éprouvent à une activité comme la lecture : "La capacité d'attention, en lien avec les sociétés numériques fragmentées est une chose sur laquelle il faut vraiment travailler, poursuit Ariane Baye. Je pense qu'il y a là un vrai enjeu collectif et digital pour tous les pays industrialisés. Chez nous, par exemple, il y a eu une première bonne décision, avec l'interdiction des téléphones portables dans les écoles, parce qu'on voyait que ça perturbait énormément les classes." Le tronc commun anglo-saxon s'en sort mieux Le numérique n'est, bien sûr, pas le seul facteur pour expliquer ce recul généralisé : l'absentéisme, l'agitation pendant les cours, l'attention portée par les parents aux études de leurs enfants ou l'hétérogénéité des classes sont d'autres raisons invoquées par les jeunes interrogés. Pour Ariane Baye, la façon dont sont organisés les troncs communs d'apprentissage est également décisive : "La majorité des pays du monde fonctionnent avec un tronc commun. Mais cette enquête montre que celui qui résiste le mieux est le modèle anglo-saxon, dans lequel le taux de redoublement est très très faible. Ils ont le même cursus jusqu'à 16 ans, mais avec des variations et la formation de classes hétérogènes dans certaines matières : en maths, par exemple, ils vont être divisés en groupes faibles, moyens et forts. Chez nous, a contrario, on suit un programme commun, mais on continue à utiliser le redoublement pour gérer les difficultés. Il faudrait y amener davantage de flexibilité. " La Fédération Wallonie-Bruxelles perd moins de plumes que d'autres Doit-on se réjouir de figurer parmi les moins mauvais élèves de l'enquête PISA cuvée 2025 ? Pour Valérie Glatigny (MR) la réponse est évidemment négative : "Ne cachons pas la poussière sous le tapis : ce ne sont pas de bons résultats", estime, sans ambages, la ministre de l'Éducation. Au classement des systèmes scolaires de l'Union européenne, la Fédération Wallonie-Bruxelles grimpe pourtant à la 12ème place, à égalité avec la Suède et l'Allemagne (mais six places derrière la Flandre), quand elle n'occupait que la 21ème place en 2015. Une évolution qu'elle doit toutefois davantage au recul des autres qu'à une réelle progression de sa part puisque son score général moyen, toutes disciplines confondues, est passé dans le même temps de 486 à 472. Signalons au passage que les élèves francophones évalués en 2025 n'ont pas connu les nouveaux référentiels du Pacte d'excellence. Lorsque l'on affine l'analyse, on s'aperçoit qu'en mathématiques, la FWB a perdu 7 points par rapport à 2022 et… 22 points comparativement à 2025, pour un total de 467 points supérieur à la moyenne de l'OCDE (463). En lecture, c'est un peu la même mayonnaise avec un score de 466 points supérieur à la moyenne OCDE (461), mais de 17 points inférieur à celui de 2015. Valérie Glatigny veut "casser la spirale négative" La ministre de l'Enseignement Valérie Glatigny (MR) ©Jacques Duchateau Le seul motif de satisfaction (relative) réside dans les résultats obtenus en sciences puisque le score de 482 points (identique à la moyenne OCDE) marque une amélioration par rapport à celui obtenu en 2022 (479) et un léger recul si l'on se souvient de 2015 (489). "C'est peut-être bizarre à dire, sourit Ariane Baye à l'ULiège, mais en sciences, on peut être content de nous. Surtout si l'on considère que beaucoup d'autres pays, et notamment les pays voisins, perdent davantage de plumes dans cette matière." "Nous ne pouvons pas nous satisfaire d'être les ''moins mauvais'', répète pour sa part la ministre Glatigny. Notre ambition doit être beaucoup plus élevée : inverser la tendance et casser cette spirale négative des résultats PISA."

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