CONSTITUTION, PARLEMENT, ÉLECTEURS : POUSSEZ-VOUS, JUPITER PASSE
Par @BPartisans
Le Conseil constitutionnel n'a pas censuré la loi sur les réseaux sociaux parce qu'une virgule était mal placée. Il l'a censurée parce qu'elle allait beaucoup trop loin.
Interdiction générale pour les moins de 15 ans, sans distinction suffisante entre plateformes, risques, âge, maturité ou situation du mineur ; aucune véritable possibilité laissée aux parents d'adapter l'interdiction ; et, cerise numérique sur le gâteau, un système conduisant potentiellement chaque Français, même majeur, à devoir prouver son âge pour accéder à certains services, sans garanties légales suffisantes pour sa vie privée.
Les Sages ont donc conclu que l'atteinte à la liberté d'expression et de communication n'était ni adaptée, ni nécessaire, ni proportionnée.
Réponse d'Emmanuel Macron
« Trouver une voie de passage ».
Tout est là.
Quand l'institution chargée de protéger les libertés constitutionnelles vous explique que votre dispositif va trop loin, un démocrate corrige profondément sa copie. L'extrême centre, lui, cherche le passage secret.
Et puisque la porte française vient de claquer, Macron écrit à Ursula von der Leyen pour réclamer un texte européen.
La Constitution dit non ? Faites entrer Bruxelles.
La mécanique est splendide : ce qu'on ne peut pas imposer directement au citoyen français, essayons de l'envelopper dans douze étoiles, de le baptiser « harmonisation européenne » et de le faire revenir par la fenêtre réglementaire.
Le sujet initial est pourtant parfaitement sérieux. Protéger les enfants contre l'addiction, le harcèlement ou certains contenus est légitime. Le Conseil constitutionnel l'a lui-même reconnu. Mais c'est justement le vieux truc du pouvoir : choisir une cause suffisamment noble pour que celui qui ose discuter des moyens puisse être soupçonné de défendre le problème.
Et voici notre « extrême centre » dans toute sa splendeur.
Il ne censure pas : il protège.
Il ne surveille pas : il sécurise.
Il ne contourne pas : il « trouve une voie de passage ».
Il ne restreint pas les libertés : il les « encadre ».
Toujours cette novlangue molletonnée où l'autoritarisme éventuel arrive parfumé à la responsabilité.
Pendant ce temps, les mêmes distribuent quotidiennement les certificats de démocratie. La droite qui dérange ? Extrême. La gauche qui dérange ? Extrême. Les souverainistes ? Populistes. Les opposants ? Suspects. Mais le pouvoir qui, après une censure constitutionnelle fondée notamment sur les libertés fondamentales, cherche immédiatement un autre chemin pour parvenir à son objectif
Modéré, naturellement.
C'est peut-être cela, finalement, l'extrême centre : non pas supprimer les contre-pouvoirs, mais considérer chaque contre-pouvoir comme un obstacle dont il faut trouver le mode d'emploi pour le contourner.
Macron voulait protéger les adolescents des réseaux sociaux.
Il pourrait surtout laisser aux adultes une magnifique leçon de macronisme : quand la Constitution protège trop bien les libertés, cherchez donc une « voie de passage ».
Source : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/emmanuel-macron-reclame-un-texte-europeen-pour-interdire-l-acces-aux-reseaux-sociaux-aux-moins-de-15-ans-20260907
@BrainlessChanelx
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