Budget : le Cese souhaite organiser une convention citoyenne sur les finances publiques

Budget : le Cese souhaite organiser une convention citoyenne sur les finances publiques
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Category: Politics
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Soucieux de peser dans le débat en cette année présidentielle alors que son utilité est questionnée, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) prévoit d'organiser une convention citoyenne sur les finances publiques, faisant plancher des citoyens tirés au sort sur les «grandes décisions» budgétaires. Chambre consultative du Parlement français, représentant la société civile organisée (syndicats, patronat, associations...), et chambre de la participation citoyenne depuis une réforme de 2021, le Cese a organisé ces dernières années trois conventions citoyennes à la demande du gouvernement, sur le climat, la fin de vie et les temps de l'enfant. Pour la première fois, il s'autosaisit d'une thématique pour en lancer une, en choisissant un sujet ardu mais «éminemment démocratique, pas uniquement technique», souligne sa présidente, Claire Thoury. Un «panel de citoyens représentatifs de la diversité de la population française», environ 150, participeront sur tirage au sort à cette convention qui doit commencer ses travaux en novembre et les conclure «avant l'élection présidentielle». Les scenarii élaborés à l'issue de sept sessions de travail par les citoyens, avec des experts des finances publiques, seront ensuite remis «au nouvel exécutif et au nouveau Parlement dès leur entrée en fonction, afin d'éclairer leurs décisions», précise le Cese. Publicité L'objectif est de rappeler que, dans ce domaine, «de grandes décisions (...) ne peuvent pas être prises sans les citoyens», mais aussi de faire œuvre de pédagogie, de «donner à voir aux citoyens, dans cette période électorale, la façon dont on construit un budget, quel est l'état de nos finances publiques», explique Claire Thoury. Alors que le gouvernement, toujours sans majorité au Parlement, travaille au budget 2027 dans un contexte économique difficile, elle affiche l'ambition de «venir en appui du débat politique qui n'arrive pas à avancer sur ce sujet». Une institution sur la sellette Élue en mai dernier à la tête d'une institution elle-même sous le feu de critiques pour son coût pour les finances publiques, Mme Thoury présente mardi plus largement sa feuille de route pour la première année de la nouvelle mandature de cinq ans. Cette année sera marquée par la campagne pour l'élection présidentielle, dans laquelle le Cese, souvent considéré comme la chambre du temps long, souhaite se faire entendre, en accordant mieux son travail avec le temps politique et en «assumant la divergence quand elle est constructive», selon les mots de Claire Thoury, alors que les avis du Cese sont parfois jugés trop consensuels. Parmi les mesures rapidement prises depuis son élection, la création d'une délégation permanente consacrée aux droits des enfants. Pour cette année, le Cese a défini cinq grands thèmes de travail : la «vie digne» (accès aux droits, mal-logement, santé, services publics, pauvreté des enfants...), travail et compétences (emploi des jeunes, intelligence artificielle...), souveraineté (économique, industrielle, numérique ou agricole), environnement et crise climatique et enfin cohésion et démocratie (accès à l'information, État de droit...). Lors de la campagne pour la présidentielle, l'institution risque d'être à nouveau mise sur la sellette. En juillet 2025, elle avait été étrillée successivement par un rapport parlementaire et un rapport de la Cour des comptes, qui pointaient le peu de saisines du Cese par le gouvernement et le Parlement, et une trop forte autonomie budgétaire. Le prédécesseur de Claire Thoury, Thierry Beaudet, revendiquait une baisse sur sa mandature du budget de l'institution de 44 à 34 millions d'euros. Des élus RN ont appelé à supprimer le Cese et le député LR Philippe Juvin a déposé une proposition de loi en ce sens. «Je ne veux pas vous dire que cela ne me préoccupe pas, cela me préoccupe beaucoup, mais je suis concentrée sur cette rentrée, le fait qu'on soit percutant, au bon endroit, au bon moment, utile, qu'on prenne des risques», comme avec cette convention citoyenne, souligne Claire Thoury en cette rentrée. Elle rappelle également que supprimer le Cese nécessiterait une réforme constitutionnelle. «Je pense que ce sera un mandat difficile, (...) on va être confrontés sans doute à des fortes turbulences, voire à de très violentes attaques», prévient pour sa part la présidente de la délégation CGT au Cese, Fabienne Rouchy, déterminée à défendre «un pilier démocratique».

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