Par Olivier Pirot
Les ballons d'essai, les pistes de réforme évoquées par des ministres ou leur entourage pour connaître leur éventuel impact sur l'opinion publique et même les « fuites » reprises par la presse sont des pratiques qui ne doivent pas surprendre grand nombre dans le monde politico-médiatique tant elles sont monnaie courante. Pourtant, le premier ministre s'en est agacé, sur X, lundi.
Sébastien Lecornu a promis que toutes les pistes évoquées jusqu'ici concernant le budget 2027 ne sont même pas des rumeurs à démentir, à peine des « informations de travail ». Dans la soirée, Matignon précisait même, dans un communiqué, qu'un signalement avait été transmis à la procureure de la République de Paris. Et que ceux qui « se placent en situation de déloyauté et d'illégalité » en diffusant des travaux internes aux services de l'État « pourront être poursuivis pénalement ».
Tout cela témoigne de la tension extrême qui doit exister autour de la préparation du projet de loi de finances pour 2027 au sommet de l'État. Le locataire de Matignon n'a aucune marge de manœuvre et aucun groupe au-delà du bloc central ne sera disposé à s'engager avec lui. La campagne présidentielle a déjà pris le dessus sur tout le reste et les promesses de gels de taxes, de coupes budgétaires en tout genre, de revalorisations salariales ne sauraient se conjuguer à des mesures contraignantes et contre-productives sur le plan électoral. Mais cette judiciarisation du budget apporte un élément nouveau à l'exercice. Sûrement préparatoire, aussi, à un débat musclé dans l'hémicycle.
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