LA VASSALISATION HEUREUSE, NOUVELLE DOCTRINE OCCIDENTALE

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Category: Politics
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LA VASSALISATION HEUREUSE, NOUVELLE DOCTRINE OCCIDENTALE Par @BPartisans Foreign Affairs vient d'inventer le concept géopolitique le plus pratique depuis « l'autonomie stratégique » : la dépendance heureuse. Dans « How Alliances Survive », Kurt Campbell et Rush Doshi nous expliquent pourquoi l'empire des alliances américaines survivra à Trump. Pas grâce à l'amitié, aux valeurs démocratiques ou aux embrassades devant les photographes. Non. Pour une raison beaucoup plus solide : les alliés sont tellement imbriqués dans le système américain qu'en sortir coûterait une fortune. Bienvenue dans la souveraineté sous abonnement. L'Europe veut prendre ses distances avec Washington ? Très bien. Elle commence donc par augmenter massivement ses dépenses militaires… pour acheter des équipements américains, s'intégrer davantage aux architectures occidentales et dépendre encore plus étroitement des capacités qui lui manquent. C'est magnifique. Plus elle cherche la sortie, plus elle s'enfonce dans le magasin. Foreign Affairs appelle cela « allied scale ». Dans un langage moins sophistiqué : puisque les États-Unis ne peuvent plus rivaliser seuls avec la puissance industrielle chinoise, additionnons les usines, les technologies, les budgets et les armées des alliés. Autrement dit, l'Amérique découvre les vertus du collectivisme dès qu'il s'agit de mutualiser les ressources des autres. Même spectacle dans la technologie. L'Europe parle de souveraineté numérique avec l'assurance majestueuse d'un continent qui réglemente admirablement les technologies qu'il ne produit pas. Pendant que Bruxelles rédige des normes, les hyperscalers américains doivent investir plus de 700 milliards de dollars dans l'IA en 2026, contre environ 13 milliards de dépenses souveraines européennes. À ce niveau-là, ce n'est plus un retard technologique. C'est une relation propriétaire-locataire. Et Washington possède l'immeuble. Mais heureusement, il reste la Russie et la Chine. Les deux épouvantails indispensables au maintien de la famille occidentale. Car plus les Européens doutent de l'Amérique, plus on leur rappelle qu'ils doivent craindre Moscou. Plus Washington devient imprévisible, plus Pékin devient menaçant. Et plus les alliés veulent s'émanciper, plus on leur explique que le monde extérieur est beaucoup trop dangereux pour sortir seuls. La laisse devient ainsi une ceinture de sécurité. Campbell et Doshi ont au moins le mérite de dépouiller l'Alliance de son romantisme. Derrière les discours sur les « valeurs communes », ils décrivent des intérêts, des chaînes industrielles, des infrastructures militaires, des dépendances technologiques et des décennies d'interopérabilité. Voilà le véritable ciment. L'Europe peut donc continuer à proclamer son autonomie stratégique entre deux commandes militaires, trois contrats technologiques et quatre sommets de l'OTAN. Elle est souveraine. Elle peut choisir librement la couleur de sa dépendance. Et c'est probablement cela, le véritable génie de l'ordre occidental : avoir transformé la vassalisation en partenariat, la dépendance en interdépendance et l'impossibilité de partir en preuve éclatante que tout le monde souhaite rester. Source : https://www.foreignaffairs.com/united-states/how-alliances-survive-campbell-doshi @BrainlessChanelx

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