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La République démocratique du Congo célèbre, le 8 septembre, la 60e édition de la Journée internationale de l'alphabétisation. Pour cette édition, le gouvernement a choisi Kenge, chef-lieu du Kwango, dans le Sud-Ouest du pays, pour lancer officiellement les activités.
La ministre d'État en charge des Affaires sociales, Ève Bazaiba, a justifié ce choix par la volonté de rapprocher les politiques publiques des bénéficiaires. « Nous avons voulu territorialiser la célébration de la Journée internationale de l'alphabétisation. Sortir progressivement des salles de conférences et rapprocher des personnes auxquelles nos politiques publiques sont destinées », a-t-elle déclaré.
Selon la ministre, cette démarche doit permettre aux autorités de mieux prendre en compte les réalités locales et d'adapter les réponses aux besoins des populations.
Au-delà de la lecture et de l'écriture
Placée sous le thème « L'alphabétisation au service des personnes, de la planète et de la prospérité », cette 60e édition veut élargir la conception traditionnelle de l'alphabétisation.
Ève Bazaiba estime que celle-ci ne doit plus se limiter à la capacité de lire, écrire et compter. Elle doit également donner aux citoyens les moyens de comprendre leur environnement, de faire des choix, de participer à la vie communautaire, de s'adapter aux mutations numériques et de contribuer au développement.
« L'alphabétisation ne consiste plus seulement à savoir lire, écrire et compter », a-t-elle expliqué, soulignant qu'elle doit permettre à la personne « de comprendre, de choisir, de produire, de participer à la vie de la communauté, de s'adapter aux transformations numériques, de protéger son environnement et de contribuer à la prospérité collective ».
Cette approche inscrit ainsi l'alphabétisation dans les enjeux actuels liés à l'inclusion sociale, à l'emploi, au numérique et à la protection de l'environnement.
À Kenge, la ministre a également insisté sur la nécessité de partir des réalités vécues par les populations. Elle a appelé à une meilleure écoute des apprenants, des éducateurs sociaux, des autorités locales et des familles.
« C'est ici, auprès des communautés, des éducateurs sociaux, des apprenants, des autorités locales et des familles que nous devons écouter, mesurer les difficultés et construire les réponses appropriées », a-t-elle affirmé.
Pour Ève Bazaiba, les statistiques nationales doivent être mises en perspective avec les difficultés concrètes rencontrées sur le terrain. Elle a notamment évoqué les enfants en attente d'une seconde chance scolaire, les jeunes à la recherche d'un métier ainsi que les femmes et les hommes désireux d'acquérir des compétences pour participer pleinement à la vie économique et sociale.
La célébration de Kenge entend ainsi donner une dimension territoriale à la politique d'alphabétisation, en plaçant les besoins des communautés au cœur de l'action publique.
Infos27
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