l'essentiel Interpellé après trois cambriolages dans un même immeuble à Auch (Gers), un ressortissant géorgien comparaissait devant le tribunal ce mardi 8 septembre. S'il a reconnu les vols à l'audience, il a farouchement nié toute violence et contesté appartenir à un "raid" organisé, comme l'affirmait l'accusation.
Pour l'accusation, le prévenu n'a rien d'un cambrioleur amateur. Assisté d'une interprète, un quarantenaire de nationalité géorgienne a été jugé en audience de comparution immédiate, ce mardi, par le tribunal correctionnel d'Auch, pour trois vols en réunion avec violence.
"Le 7 juillet, une habitante d'Auch, absente de son domicile, aperçoit grâce à ses caméras deux individus dans son appartement", relate la présidente du tribunal. Alerté, un voisin se rend aussitôt sur place et surprend les deux hommes en plein cambriolage. Il les met en fuite. Mais avant de partir, les deux individus sortent des tournevis et les brandissent dans sa direction. Le voisin est légèrement touché aux avant-bras.
Lorsque la police arrive, les deux suspects ont quitté l'appartement, mais le voisin est toujours là. Il désigne aux agents l'un des hommes, accroupi derrière une poubelle. Sa tenue correspond à celle aperçue par la propriétaire sur les images de vidéosurveillance. Repéré, le suspect détale vers un parc voisin.
Deux autres appartements visités
"Il prend la fuite et jette un objet orange dans les buissons", poursuit la magistrate. Les policiers se lancent à ses trousses et font finalement usage de leur Taser pour l'interpeller. Dans les buissons, ils retrouvent l'objet orange : un tournevis. Un second est découvert dans sa sacoche, avec une clé à molette et 400 euros.
Deux autres logements de la même adresse ont été visités et des traces de pesée sont relevées sur les portes. Une alliance, des montres et de l'argent ont notamment disparu. Le voisin reconnaîtra formellement le suspect sur une planche photographique. Le second homme, lui, a réussi à s'enfuir.
À la barre, le prévenu reconnaît les vols, mais conteste les violences sur le voisin. "J'ai touché personne. Faut demander à l'autre qui était avec moi."
"Regarder le paysage"
Interrogé sur l'identité de son comparse, le prévenu fait mine de ne pas comprendre la question. Et que faisait-il à Auch ? "Je ne savais même pas où se trouvait Auch. Je ne suis pas venu ici pour cambrioler." Il assure qu'il devait aller à Toulouse avec un ami et qu'ils se sont arrêtés pour "regarder le paysage."
La présidente confronte cette version aux constatations. "Vous n'aviez pas de valise sur vous. Qu'est-ce que vous faisiez avec des chaussettes dans vos poches, une clé à molette et un tournevis ?" Sans oublier l'argent. "Les 400 euros déclarés par l'une des victimes, on les retrouve sur vous."
Membre d'un réseau?
Le procureur ne croit guère à cette escale improvisée. "Vous pouvez nous raconter les salades que vous voulez. On n'arrive pas à Auch par hasard." Et d'évoquer ces "raids qui viennent sévir dans notre beau pays" et interpelle le prévenu. "Vous êtes un spécialiste, Monsieur. Vous savez casser les serrures." Dans une ville touchée par une trentaine de cambriolages en juillet, il évoque aussi des habitants qui "en ont marre d'être cambriolés." Il requiert deux ans de prison et une interdiction définitive du territoire français.
Me Philippe Roseau, en défense, conteste cette lecture. "Tous les vols commis en France ne relèvent pas de "raids" ou d'organisations criminelles." Référence faite aux déclarations de la présidente du tribunal qui a rappellé que l'homme est également mis en examen à Bayonne pour vol en bande organisée. "Je ne connais ni bande ni organisation", a maintenu l'intéressé.
Des arguments qui n'ont pas convaincu. Le tribunal l'a condamné à 15 mois d'emprisonnement avec maintien en détention et à une interdiction définitive du territoire français.
(0)Comments