Assassinat d'Aramburu : au premier jour de procès, les accusés contestent les faits face à la douleur silencieuse de l'épouse et des amis

Assassinat d'Aramburu : au premier jour de procès, les accusés contestent les faits face à la douleur silencieuse de l'épouse et des amis
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Category: Politics
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Quatre ans après les faits, le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, tué par balles sur le boulevard Saint-Germain, s'est ouvert ce lundi 7 septembre 2026 devant la cour d'assises de Paris. Au premier jour d'audience, les principaux accusés, Loïk Le Priol, Romain Bouvier, tous deux proches de militants de l'ultra droite, et Lyson Rochemir, respectivement poursuivis pour assassinat, tentative d'assassinat et complicité de tentative d'assassinat, ont persisté à contester les faits qui leur sont reprochés. Plaidant la légitime défense, face à l'émotion tout en retenue de la famille et des amis de l'international argentin décédé. Incroyablement digne. Entrée dans la plus grande discrétion pour s'asseoir sur un des bancs surplombant le prétoire, Maria, l'épouse de Federico Martin-Aramburu, le visage grave, survole de ses yeux de tristesse la salle bondée et surchargée d'émotion. Trop difficile d'ailleurs pour la mère de l'international argentin qui, elle, n'a pas pu être présente. Elle a été prise d'un malaise avant l'ouverture du procès et "essayera d'être présente dans les prochains jours", précise son avocate. Tandis qu'aux premiers rangs, les amis venus depuis Biarritz pour porter leur soutien, se serrent en silence, un foulard rouge autour du cou, marqué du drapeau argentin et de l'inscription "Fede 13", en mémoire de l'ancien 3/4 du BO et de l'USAP. Derrière, des dizaines de journalistes ont investi la totalité des bancs réservés à la presse. Plus loin, Peio Dufau, député des Pyrénées-Atlantiques, membre du parti régionaliste basque, a lui-aussi fait le déplacement par égard à "l'enfant du pays", mort sous les balles cette nuit du 19 mars 2022. Victime d'une violence nourrie dans les groupuscules d'ultra-droite et toujours impossible à comprendre. Alors Maria Aramburu, le visage appuyé sur ses mains, pose son regard interrogateur sur le box face à elle et sur ces deux hommes accusés d'avoir arraché la vie à son mari et brisé celles de toute une famille. "J'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre" Principal mis en cause, jugé pour assassinat, Loïk Le Priol, 32 ans, affiche une allure de premier de la classe. Petites lunettes, chemise claire et voix fluette, il joue l'évitement et ne se risque pas au moindre coup d'œil vers la veuve de la victime. Loin de l'image que cet ancien militaire donnait à voir de lui voilà quelques années sur les réseaux sociaux ou dans des clips de rap, bombant le torse avec ses tee-shirts aux slogans nationalistes ou armes de guerre en main. Aujourd'hui, sagement rivé sur le président qui retrace cette nuit tragique. Les quatre balles qu'il a tirées sur Federico Martin Aramburu dont deux, dans le dos, fatales. Mais aussi les violences commises sur Shaun Hegarty, lui aussi rugbyman passé par le Racing club de Narbonne, qui se trouvait à proximité immédiate au moment des coups de feu et n'a rien pu faire pour sauver la vie de son ami. "Monsieur le président, je suis l'auteur de la mort de Federico Martin Aramburu. J'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre. Ce sera à la cour d'assises de décider si cette défense était légitime ou non, maintient Loïk Le Priol, d'un ton un brin déférent. C'est à vie que je serai condamné à porter ce drame immense. Je ne cesserai jamais de demander pardon." "Je reconnais avoir tiré mais mon but c'était de toucher le sol et rien que le sol" Crâne rasé, collier de barbe et polo clair, Romain Bouvier, 35 ans, ex "autoentrepreneur en communication numérique" précise-t-il, est sur la même ligne. Poursuivi pour "tentative d'assassinat" et plus précisément pour avoir ouvert le feu à quatre reprises sur Federico Martin-Aramburu sans l'atteindre mortellement, il conteste "totalement" les accusations. "Je n'ai jamais voulu le tuer, ni même le blesser ou le toucher. Ma plus grande hantise à ce moment-là, c'était de me faire attaquer dans le dos. Je reconnais avoir eu cette arme que je n'aurai jamais dû avoir sur moi, je reconnais avoir tiré mais mon but c'était de toucher le sol et rien que le sol", argumente-t-il. "Quand j'ai appris la nouvelle de cette tragédie effroyable, j'ai cru que j'étais le seul tireur et l'auteur de sa mort que je n'ai jamais voulu de près ou de loin. Depuis cette catastrophe absolue, je pense tous les jours à la famille de la victime, à ses proches, à son ami qui l'a vu mourir dans ses bras." Shaun Hegarty fixe les moulures du plafond du palais de justice… Quand Lyson Rochemir, 29 ans, longue chevelure bouclée, s'avance à la barre. Sous contrôle judiciaire, la compagne de Loïk Le Priol doit répondre notamment de "complicité de tentative d'assassinat", pour avoir conduit Romain Bouvier, au volant d'une Jeep militaire, à la recherche des deux rugbymen "Wouah, c'est difficile de prendre conscience devant vous". "Un peu intimidée", confie-t-elle, elle continue pourtant à réfuter comme ses comparses. "Je n'ai jamais voulu ou imaginer la mort de Federico Martin Aramburu. Mes intentions n'ont jamais été mauvaises." Seul Antony Sorrentino, 39 ans, prend le contrepied. Impliqué dans cette affaire pour des délits annexes, autrement dit pour avoir aidé Romain Bouvier à se débarrasser de ses vêtements ainsi que de son arme et à échapper à son arrestation, celui qui se destinait à devenir prêtre, reconnaît tout. Qu'importe les lignes de défense, Maria Aramburu ne varie pas. Elle garde sa douleur pour elle. Aussi simple que noble. Sans jamais lâcher le box du regard…

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