Paris, Toulouse, Perpignan ou encore Besançon : plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi soir devant les tribunaux pour "maintenir la pression" et continuer de demander l'adoption de la loi intégrale contre les violences sexuelles, plus de trois mois après l'affaire Lyhanna.
Ils veulent "maintenir la pression" : plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi soir devant les tribunaux, au premier jour d'examen en commission de la loi intégrale contre les violences sexuelles , pour qu'elle aille "jusqu'au bout", et soit suivie de moyens humains et financiers. "On reprend la mobilisation", entamée début juin dans le sillage de l'affaire Lyhanna , "jusqu'à ce qu'on ait une loi intégrale, avec un budget vraiment intégré", a expliqué Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes.
Lyhanna, collégienne de 11 ans, avait été retrouvée morte dans le Gers en juin . Son violeur et meurtrier présumé, Jérôme Barella , avait, par le passé, fait l'objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineures sans être inquiété .
Des centaines de personnes manifestant à Paris devant le ministère de la Justice, place Vendôme, le 7 septembre 2026 © AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Il faut une loi qui couvre la totalité du problème"
Un millier de personnes, en majorité des femmes, étaient notamment réunies à Paris devant le ministère, place Vendôme, a constaté l'AFP. "Ce n'est pas possible que l'inceste et les violences sexuelles continuent dans notre pays, sans qu'il ne se passe rien. Il faut une loi qui couvre la totalité du problème, qui ne s'occupe pas seulement de la répression" mais aussi "de la prévention, la formation des personnes en lien avec les enfants", a commenté Émilie Sarrand, professeure de couture de 49 ans. Parmi le peu d'hommes présents, Joël Marchand, 62 ans, ingénieur informaticien, veut la voir adoptée "le plus vite possible". "On a mis du temps à ouvrir la boîte de Pandore concernant les violences sexuelles dans l'Église. Là, on se rend compte que sur le plan scolaire et familial il a un problème d'ampleur, que je n'imaginais pas".
Cette loi "n'est pas parfaite" mais "représente une chance" d'agir, qu'on "ne peut pas louper", a aussi jugé Régine, 66 ans, préférant rester anonyme. "Mais il faut y associer des budgets", notamment "pour offrir des espaces d'écoute" aux victimes. Une centaine de personnes se sont rassemblées à Besançon , tandis que plusieurs centaines de personnes étaient aussi réunies à Toulouse, sous la bannière de la Coalition féministe et enfantiste, le regroupement d'associations organisatrices. Une
Une petite fille observe la manifestation à Paris, le 7 septembre 2026 © AFP - Julie SEBADELHA
Il faut aujourd'hui en moyenne 77 mois entre une plainte pour viol et la fin de la procédure, a souligné dans la foule Alexandra Nougarede, syndicaliste FSU dans l'enseignement. Xavier, 48 ans, venu pour la deuxième fois, s'est, lui, dit scandalisé que le ministre de la Justice "somme les magistrats de faire plus" sans leur en donner les moyens.
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69 articles pour couvrir toute la chaîne des violences
La proposition de loi intégrale, retravaillée cet été après l'avis du Conseil d'État, est arrivée lundi en commission spéciale à l'Assemblée nationale, où elle sera amendée, avant son examen en séance publique début octobre. Les 69 articles, portés par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, s'inspirent des 140 propositions formulées par une coalition d'associations féministes et de défense des droits des enfants dès 2024. L'objectif est de couvrir toute la chaîne des violences : de la prévention au repérage des victimes jusqu'au jugement des auteurs. Selon Suzy Rojtman, du Collectif national pour les droits des femmes, "il n'y avait pas de volonté politique pour ça". "Il a fallu qu'arrive le drame de l'affaire Lyhanna pour que les politiques cèdent".
"Je te crois, je te protège" peut-on notamment lire sur cette pancarte place Vendôme à Paris, le 7 septembre 2026. © AFP - Julie SEBADELHA
Pour Andréa Bescond, figure de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, à l'origine de la pièce de théâtre et du film "Les Chatouilles", "il est impératif que ce texte passe". "Il y a 69 articles fondamentaux pour que toute la politique sociale change autour de la culture du viol. Trois milliards d'euros par an, ça paraît énorme, mais ça représente 40 euros par an et par Français", a-t-elle par ailleurs souligné dans le 13h de nos régions sur ICI .
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