Les contre-tarifs douaniers canadiens entrent en vigueur mardi

Les contre-tarifs douaniers canadiens entrent en vigueur mardi
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Category: Financial
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Nouvel épisode dans le bras de fer entre le Canada et les États-Unis, les contre-tarifs canadiens annoncés par Mark Carney entrent en vigueur mardi. Ottawa espère renforcer son rapport de force face aux États-Unis, dans une escalade des tensions qui risque surtout de faire mal aux consommateurs, canadiens et américains, préviennent des experts. En quittant la table de négociations en août dernier, le premier ministre Mark Carney a annoncé qu'il imposerait aux États-Unis des mesures tarifaires réciproques aux nouveaux tarifs américains de 50 % sur une centaine de produits canadiens. Ils sont maintenant à nos portes. Produits laitiers, meubles en bois et en métal, cannes à pêche : ce sont quelques centaines de catégories de produits états-uniens qui seront surtaxées dès mardi à la hauteur de 15, 25 ou 50 % lorsqu'importés au Canada. Le gouvernement canadien estime que ceux-ci toucheront 27,6 milliards de dollars en importations en provenance des États-Unis Concrètement, la facture de ces nouvelles surtaxes sur les bien importés des États-Unis sera d'abord assumée par les entreprises qui importent les produits visés, avant d'être en partie absorbée ou refilée aux consommateurs. « Ultimement, c'est très souvent le consommateur qui finit par payer », résume Philippe Bourbeau, codirecteur de l'Institut international de diplomatie économique à HEC Montréal. Mais l'effet ne sera pas uniforme d'un produit à l'autre, prévient Julian Karaguesian, chargé de cours à l'Université McGill et ex-conseiller financier à l'ambassade canadienne à Washington. Lorsqu'une entreprise peut facilement remplacer un fournisseur américain par un fournisseur canadien, européen ou asiatique par exemple, le tarif douanier réciproque risque surtout de faire disparaître le produit américain des tablettes, dit-il. À l'inverse, lorsqu'il existe peu de solutions de rechange, les entreprises auront davantage tendance à transférer la hausse de leurs coûts à leurs clients, en augmentant les prix de leurs produits. Une hausse ressentie rapidement ? Les consommateurs doivent-ils s'attendre à sentir dès mardi la hausse des prix de leur produit américain préféré ? Pas nécessairement, souligne l'expert. Selon les stocks disponibles et la facilité avec laquelle les détaillants peuvent trouver un fournisseur canadien, les effets devraient plutôt se faire sentir dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Selon ses estimations, « bien plus que 50 % » du coût des tarifs pourraient en bout de ligne être assumés par les ménages eux-mêmes. Reste que, croit-il, les contre-tarifs canadiens ont été créés par Mark Carney et son équipe de manière à limiter les perturbations du côté canadien, tout en appuyant sur les points faibles du gouvernement américain. « Le Canada a choisi des produits importés majoritairement des États pivots et des États républicains », explique-t-il, de manière à amplifier la pression politique à même les frontières américaines. De son côté, Philippe Bourbeau rappelle que l'objectif canadien avec ces tarifs douaniers réciproques est d'améliorer sa position stratégique en vue des prochaines négociations. « Parce qu'au final, il y aura, on le souhaite plus tôt que tard, d'autres rencontres de négociations. » L'objectif, selon lui, n'est pas donc tant de « faire mal » aux États-Unis que de donner au Canada davantage de leviers en vue d'une éventuelle reprise des négociations. Cette riposte comporte néanmoins un coût. À mesure que les tarifs se prolongent, ils peuvent alimenter l'inflation, gruger les marges des entreprises ou encore peser sur le pouvoir d'achat des Canadiens. « À long terme, une structure économique tarifaire n'est pas nécessairement viable », prévient M. Bourbeau, qui rappelle que les deux pays sortiront perdants d'une guerre commerciale qui se prolonge. L'économie canadienne est toutefois mieux préparée qu'au début du conflit commercial, souligne M. Karaguesian. Depuis l'imposition des premiers tarifs américains, plusieurs entreprises ont déjà commencé à diversifier leurs marchés et réduire leur dépendance envers les États-Unis. Cette capacité à se réorienter pourrait permettre au Canada de maintenir ses contre-mesures plutôt longtemps sans provoquer de « rupture majeure dans les chaînes d'approvisionnement », dit-il.

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