Les résultats des élèves français à l'enquête internationale Pisa de 2025 sont les plus bas jamais mesurés, mais restent dans la moyenne des pays de l'OCDE. Un constat « préoccupant » selon le ministre de l'Education nationale, qui estime que le collège doit être le « grand chantier » du prochain quinquennat.
Ils étaient très attendus. Les résultats de l'enquête internationale Pisa de 2025 ont été dévoilés ce mardi 8 septembre 2026. Et siLa France est toujours dans la moyenne des pays de l'OCDE en mathématiques, compréhension de l'écrit et sciences, les scores sont de plus en plus bas, a souligné le spécialiste de l'éducation au sein de l'organisation, Éric Charbonnier, à l'occasion de la publication de l'étude.
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« Des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés »
Par rapport à la dernière édition, en 2022, les résultats en sciences sont stables (-4 points), ont baissé en compréhension de l'écrit de 18 points, et en maths de 16 points. L'Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité. C'est préoccupant mais ce n'est, hélas, pas une surprise, a déclaré au journal Le Monde le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray.
L'étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. Les exercices ont été soumis en 2025 à 6.500 élèves français, entrés pour la plupart en CP en 2015 et 6e en 2020. Entre 2012 et 2025, les résultats ont baissé globalement partout, passant en sciences de 499 points à 483, de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en maths. La France se situe désormais dans la moyenne basse des pays de l'OCDE en maths, entre la Hongrie et l'Espagne. Depuis 2015, l'écart de performance entre les élèves les plus favorisés sur le plan socio-économique et les plus défavorisés s'est réduit, à cause d'une baisse des résultats des élèves favorisés. Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés, a pointé M. Charbonnier. En 10 ans, le pourcentage d'élèves très performants a été divisé par deux en mathématiques et en compréhension de l'écrit. Autre source d'inquiétude : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite.
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L'objectif 2033 est désormais dans le viseur
Mais alors, comment expliquer cette nouvelle baisse ? Selon l'OCDE, il ne faut pas forcément regarder l'investissement public. La France a une dépense d'éducation assez forte par rapport aux performances obtenues, pointe M. Charbonnier, qui recommande surtout de bien investir l'argent.
La chute des performances n'est pas due à l'immigration non plus, l'écart de performance entre les adolescents issus de l'immigration et les « non-immigrés » étant stable depuis 2015. L'OCDE s'alarme en revanche du soutien parental qui s'affaiblit, et de la baisse de la compréhension de l'écrit chez les garçons des milieux les plus favorisés, une nouveauté. L'OCDE considère par ailleurs qu'il est difficile de mesurer les effets des réformes à cause de leur nombre et de leur va-et-vient.
Pour Edouard Geffray, la responsabilité est à chercher en partie du côté des réseaux sociaux, arme de destruction intellectuelle massive, mais aussi de la diminution de l'investissement des parents dans la scolarité. Chaque famille recevra après les vacances de la Toussaint un document détaillant les apprentissages de l'année scolaire. On aurait dû s'interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège. Cela devra être le grand chantier du prochain quinquennat afin de permettre aux enseignants de mettre en œuvre les pratiques pédagogiques les plus efficaces, a-t-il ajouté.
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Il souhaite augmenter de 50%, d'ici cinq ans, les heures d'autonomie accordées aux collèges, notamment pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté et diversifier l'offre. Si nous arrivons à mener à la fois le chantier de la pédagogie et celui de l'autonomie des établissements, on pourrait en 2033 revenir dans la tête du classement, a-t-il avancé.
Des candidats à l'élection présidentielle, qui ont fait de l'éducation l'un des thèmes de campagne en cette rentrée, n'ont pas tardé à réagir.
Relever le niveau, respecter l'autorité du professeur, avoir des élèves heureux : président de la République, ce sera ma première priorité, a écrit sur X Gabriel Attal (Renaissance), ancien ministre de l'Education (2023). Combien de classements Pisa désastreux faudra-t-il pour que l'Education nationale ouvre les yeux (...) ?, a de son côté commenté Bruno Retailleau (LR), rappelant vouloir supprimer le collège unique au profit de parcours adaptés.
Edouard Philippe (Horizons) a quant a lui redit à l'AFP vouloir remettre l'exigence au cœur du projet éducatif national : Liberté des établissements pour adapter les enseignements, retour des devoirs sur table, reconquête du mois de juin, évaluation et transparence totale sur les résultats des écoles.
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