Médicaments de la rue : Dr Hainga Salomon Boukoulmé alerte sur les risques pour la santé

Médicaments de la rue : Dr Hainga Salomon Boukoulmé alerte sur les risques pour la santé
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Category: Health
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64 / 100 Propulsé par Rank Math SEO Score SEO Kpalimé, 8 sept. (ATOP)- Le médecin de santé publique au Bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) au Togo et spécialiste des systèmes de santé, Dr Hainga Salomon Boukoulmé, appelle les populations à se mobiliser contre la consommation des médicaments de qualité inférieure et falsifiés, dont les effets peuvent gravement affecter les reins, le foie et le système nerveux. Il s'est exprimé lors de la 8ᵉ édition de la campagne de sensibilisation contre les faux médicaments, qui s'est déroulée du 21 au 23 août à Kpalimé, une initiative portée par la Coordination nationale du Club RFI Togo avec l'appui de la Fondation Brazzaville et de l'OMS. Vendus en dehors du circuit pharmaceutique officiel, les médicaments de la rue constituent une importante menace pour la santé publique. Dr Hainga qualifie ce phénomène de « cancer des temps modernes », en raison des dommages que ces produits peuvent provoquer progressivement dans l'organisme, souvent sans signes immédiatement perceptibles. PUBLICITÉ Reins et foie particulièrement exposés Les reins figurent parmi les organes les plus vulnérables à une consommation répétée de médicaments de mauvaise qualité. Celle-ci peut progressivement altérer leur fonctionnement et entraîner une insuffisance rénale. Dans les situations les plus graves, le malade peut être contraint de recourir à la dialyse, voire à une transplantation rénale. « Le coût des séances de dialyse dans les établissements hospitaliers du pays peut atteindre 250 000 FCFA par séance, et quelquefois aller au-delà », souligne Dr Hainga, qui relève également les difficultés liées à l'accès à la transplantation rénale. Le foie peut également subir de graves dommages. Certains produits pris sans contrôle médical peuvent provoquer des atteintes hépatiques. « Ces médicaments agissent également sur le foie et le détruisent », avertit Dr Hainga, invitant les populations à éviter tout produit dont la composition, la provenance ou le dosage ne sont pas garantis. « Derrière chaque comprimé douteux, ne se cache pas seulement une marchandise illégale. Il peut y avoir un rein à préserver, un foie à protéger, une famille à épargner et, au bout du compte, une vie à sauver », insiste-t-il. Des effets sur le système nerveux Les conséquences de la consommation de médicaments falsifiés peuvent également affecter le système nerveux, notamment lorsqu'ils sont consommés de manière abusive ou contiennent des substances dangereuses. Selon le spécialiste, ces effets peuvent se manifester par une lourdeur ou une faiblesse des membres, au point de rendre certaines personnes incapables d'exercer normalement leurs activités professionnelles. Chez certains jeunes consommateurs, des troubles du comportement, tels que l'agressivité, la perte de contrôle ou des comportements violents, peuvent également apparaître. « Le commerce existe parce qu'il existe une demande » Pour Dr Hainga, la lutte contre les médicaments falsifiés ne saurait reposer uniquement sur les pouvoirs publics. Les consommateurs ont également un rôle déterminant à jouer. « Le premier geste consiste à ne pas acheter ces produits. Le commerce existe parce qu'il existe une demande », rappelle-t-il. Il estime ainsi que la réduction de la demande, accompagnée d'une sensibilisation accrue des populations, constitue un levier essentiel pour combattre ce phénomène. Vigilance sur certains produits cosmétiques Le médecin appelle, par ailleurs, à la prudence dans l'utilisation de certains produits cosmétiques, notamment les pommades contenant des corticoïdes ainsi que certains produits chimiques utilisés pour la pose de faux ongles ou de faux cils. Il précise toutefois que tous les produits cosmétiques, colles ou produits contenant des corticoïdes ne présentent pas le même niveau de risque. Celui-ci dépend notamment de leur composition, de leur concentration, de leur qualité, de leur mode d'utilisation et de la durée d'exposition, indique-t-il. Dr Hainga recommande de privilégier les produits réglementés et de solliciter l'avis d'un professionnel de santé en cas de doute. Il évoque également le beurre de karité, traditionnellement utilisé pour les soins de la peau, comme une alternative à certains produits cosmétiques. Une responsabilité collective La lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés nécessite, selon le spécialiste, une action concertée impliquant les autorités, les professionnels de santé, les acteurs du secteur pharmaceutique et les populations. Elle doit également s'appuyer sur une meilleure information, une régulation efficace du marché et un accès plus facile aux médicaments sûrs et de qualité, préconise-t-il. Pour le médecin, le premier geste contre les médicaments de la rue reste simple : ne pas les acheter ni les consommer. « Chaque achat effectué auprès d'un vendeur non autorisé contribue à maintenir un circuit qui expose les consommateurs au danger. A l'inverse, refuser ces produits et sensibiliser son entourage contribue à réduire la demande. La lutte contre les médicaments de qualité inférieure et falsifiés est donc une responsabilité collective », soutient-il. ATOP/AYH/DHK

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