Silencieuse, l'hypertension artérielle n'en est pas moins mortelle. Pour sensibiliser le grand public à cette affection chronique qui cause chaque année 55 000 décès en France, l'Assurance-maladie a lancé depuis le début du mois une campagne destinée à généraliser le dépistage et à encourager les bonnes habitudes en matière d'hygiène de vie qui contribuent à tenir loin de soi la maladie.
1/3 des adultes français sont hypertendus
En France, on estime qu'environ 30 % des adultes sont hypertendus. D'après une étude menée en 2021 par Santé publique France, ce sont donc 17 millions de personnes qui sont concernées sur le territoire. Cette affection chronique est caractérisée par une pression trop élevée exercée par la circulation du sang sur les parois des artères. Elle augmente à terme le risque d'accident vasculaire cérébral, d'insuffisance cardiaque et d'infarctus du myocarde.
Cette hypertension conduit chaque année à 400 000 hospitalisations et 55 000 décès en France. Au niveau mondial, près de 8 millions de décès sont attribuables à l'hypertension artérielle, estime l'OMS. C'est l'une des premières causes de décès prématuré sur la planète. Et si le taux global d'hypertension dans le monde a peu changé entre 1990 et 2019, il apparaît que la charge s'est déplacée ces dernières années des nations riches vers les pays à revenu faible ou intermédiaire.
1 hypertendu sur 2 ignore son diagnostic
Une personne hypertendue sur deux ne sait pas qu'elle l'est, rappelle Santé publique France. Une tension au repos supérieure à 140/90 mm Hg (pour millimètre de mercure) chez le médecin (ou 135/85 mm Hg à la maison en automesure) indique une potentielle hypertension qui mérite un suivi. En France, la pression artérielle moyenne est de 126/77 mm Hg.
À défaut d'un contrôle régulier, l'hypertension artérielle peut passer complètement inaperçue en raison de son caractère souvent asymptomatique, ce qui explique en partie le retard au diagnostic de nombreux patients. Cependant, des signes peuvent alerter : un mal de tête au réveil, des acouphènes, des saignements de nez répétés, ou encore des vertiges. En cas de doute, mieux vaut consulter un professionnel de santé.
65 % des plus de 65 ans sont concernés
Si toutes les catégories d'âge peuvent être concernées par l'hypertension artérielle, l'âge reste un facteur de risque majeur. Relativement rare avant 40 ans – hormis si elle est liée à une prédisposition génétique ou à un problème de santé annexe comme un trouble rénal –, le risque d'être hypertendu augmente entre 40 et 50 ans en raison du mode de vie (tabagisme, surpoids, sédentarité…). Après 60 ans, le risque augmente naturellement en raison de la perte d'élasticité des artères. En 2018, la pathologie concernait moins de 10 % des 18-34 ans mais plus de 65 % des plus de 65 ans.
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Jusqu'à la soixantaine, on note une prévalence de l'hypertension chez les hommes, qui tend à s'équilibrer ensuite. La maladie se déclare généralement plus tôt chez les sujets masculins, car les hormones sexuelles féminines peuvent avoir un effet protecteur au niveau vasculaire. Mais cette protection reste relative et disparaît avec la ménopause.
92 % des Français prêts à modifier leur mode de vie pour limiter le risque d'hypertension
D'après une étude conduite par l'institut Toluna en août 2026, 92 % des Français déclarent être enclins à changer leurs habitudes de vie afin de diminuer le risque d'hypertension artérielle, dont 51 % qui l'affirment avec certitude. Cette certitude est un peu plus affirmée par les femmes (54 %) que par les hommes (47 %), et apparaît un peu plus faible chez les plus jeunes (45 % chez les 18-24 ans).
Les mesures hygiéno-diététiques représentent la première étape du traitement contre l'hypertension artérielle. Elles consistent en une diminution de la consommation de sel, à réduire voire à supprimer l'alcool, à adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière ou à arrêter de fumer. D'après la Fondation pour la recherche médicale, ces changements de mode de vie peuvent à eux seuls permettre de stabiliser ou de faire baisser durablement la tension artérielle. S'ils ne suffisent pas, le recours à un traitement peut être nécessaire : 1,6 million de Français en commencent un chaque année.
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