Transition énergétique : comment la data et l'IA transforment le marché des bâtiments tertiaires

Transition énergétique : comment la data et l'IA transforment le marché des bâtiments tertiaires
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Category: Business
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Face à la flambée des coûts de l'énergie et aux enjeux de décarbonation, une nouvelle génération d'acteurs s'appuie sur la donnée pour cibler plus efficacement les bâtiments les plus énergivores. Une approche qui pourrait accélérer la transformation du secteur immobilier. Face à la flambée des coûts de l'énergie et aux enjeux de décarbonation, une nouvelle génération d'acteurs s'appuie sur la donnée pour cibler plus efficacement les bâtiments les plus énergivores. Une approche qui pourrait accélérer la transformation du secteur immobilier. On parle beaucoup de rénovation énergétique, mais une grande partie du problème reste encore mal connue. En France, les bâtiments tertiaires – bureaux, commerces, entrepôts – représentent un enjeu majeur, souvent sous-estimé. Ils sont environ 2 millions sur le territoire. Un chiffre à première vue modeste comparé aux 30 millions de bâtiments résidentiels. Pourtant, leur poids énergétique est considérable : à eux seuls, ils consomment autant que 15 millions de bâtiments résidentiels. , une jeune entreprise spécialisée dans la data immobilière. Résultat : les acteurs du secteur manquent d'outils pour identifier précisément où agir. Pour répondre à ce défi, Eneville a développé une base de données à grande échelle, couvrant l'ensemble du territoire français. L'objectif : décrire chaque bâtiment tertiaire à partir de multiples informations, administratives, énergétiques ou encore constructives. Cette modélisation repose en grande partie sur l'intelligence artificielle, capable d'agréger et d'analyser des volumes de données massifs. Aujourd'hui, la plateforme recense environ 2 millions de bâtiments tertiaires, mais aussi plusieurs millions de bâtiments résidentiels, industriels et agricoles. Concrètement, l'outil permet d'accéder au profil énergétique d'un bâtiment à partir d'une simple adresse, mais aussi d'identifier des ensembles cohérents : par exemple, tous les bureaux construits avant les années 2000 avec une forte consommation énergétique : un niveau de granularité qui change la donne pour les professionnels. Au-delà de la connaissance du parc immobilier, la donnée devient un véritable outil d'aide à la décision – et même de prospection commerciale. Les clients d'Eneville sont principalement des acteurs des filières immobilières et énergétiques : fournisseurs de solutions d'efficacité énergétique, gestionnaires d'actifs ou encore institutions publiques. Plutôt que de travailler sur des bases de données génériques, ils peuvent désormais cibler précisément les bâtiments les plus pertinents pour leur activité. « L'idée, c'est de passer d'une prospection de masse à un ciblage très fin, presque chirurgical », résume l'un des dirigeants. Dans un marché aussi vaste, où des millions de bâtiments coexistent, cette précision devient un avantage compétitif. Elle permet de concentrer les efforts sur les projets les plus pertinents, sans perdre de temps sur des prospects peu qualifiés. Cette évolution intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs années, la question énergétique est revenue au premier plan, sous l'effet des crises géopolitiques et de la volatilité des prix. « On observe un changement radical de comportement », explique l'un des fondateurs. La hausse des coûts de l'énergie, accentuée par les tensions internationales, a replacé ces enjeux au cœur des stratégies d'entreprise. Pour de nombreux acteurs, il ne s'agit plus seulement d'un sujet environnemental, mais d'un enjeu économique et de souveraineté. Résultat : les solutions se multiplient. Installation de pompes à chaleur, recours aux réseaux de chaleur, développement de projets photovoltaïques… Les entreprises cherchent à réduire leur dépendance et à maîtriser leurs coûts. Encore faut-il savoir où intervenir en priorité. Si la prise de conscience progresse, le passage à l'action reste parfois difficile. La rénovation énergétique représente un investissement important, avec un retour sur investissement souvent long. Pour certains décideurs, ces projets sont encore perçus comme des contraintes plutôt que comme des opportunités. Pourtant, ne rien faire peut coûter encore plus cher. Les bâtiments non rénovés deviennent progressivement moins attractifs, plus difficiles à louer ou à vendre. Dans certains cas, ils risquent même de perdre durablement de la valeur, jusqu'à devenir ce que les experts appellent des"actifs échoués". À l'inverse, les bâtiments rénovés offrent un meilleur confort thermique et permettent d'anticiper les évolutions réglementaires. Peu à peu, ces critères s'intègrent dans la valorisation globale des actifs immobiliers. Un signal fort pour le marché. Dans ce contexte, l'intelligence artificielle apparaît comme un levier clé pour accélérer la transformation du secteur. L'un des freins majeurs à la rénovation reste la complexité : il faut collecter des données, mobiliser des expertises techniques, financières et administratives, puis coordonner l'ensemble. L'IA permet justement de simplifier ces étapes. En centralisant les informations et en automatisant une partie de l'analyse, elle offre un gain de temps considérable. Demain, on peut imaginer un système capable de répondre instantanément à des questions complexes sur un bâtiment ", explique l'un des fondateurs. Une sorte d'expert disponible en continu, capable d'orienter les décisions. Des ambitions à la hauteur des enjeux Pour accompagner cette dynamique, Eneville mise sur le développement de nouveaux outils, notamment une intelligence artificielle conversationnelle dédiée au secteur immobilier. L'objectif est clair : devenir une référence en matière de donnée énergétique et immobilière, capable de répondre aux besoins de l'ensemble des acteurs du marché. L'entreprise prépare également une levée de fonds pour accélérer son développement et déployer ses solutions à plus grande échelle. Car au-delà de la technologie, l'enjeu est bien celui de la transition énergétique. Dans un contexte de crise durable, mieux connaître les bâtiments, c'est aussi mieux agir. Et, à terme, transformer en profondeur la manière dont le parc immobilier est géré, rénové et valorisé. 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