Après le nuage de poussière initial succédant à l'effondrement des tours du World Trade Center, des mois de pollution et de poussières résiduelles ont suivi, entraînant notamment des cancers dont souffrent encore aujourd'hui des milliers de New-Yorkais.
La Ville de New York a dissimulé des informations sur la qualité de l'air
(New York) Vingt-cinq ans après le 11-Septembre, le maire de New York, Zohran Mamdani, a annoncé mardi la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la Ville sur la toxicité de l'air après les attaques.
Raphaël HERMANO
Agence France-Presse
« Ces documents montrent ce que la Ville savait de la présence d'air toxique autour de 'Ground Zero', à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa responsabilité juridique », a déclaré le maire lors d'une conférence de presse.
Cette publication en ligne a été décidée au terme d'un accord avec l'association 9/11 health Watch, une organisation de défense des victimes qui avait saisi la justice pour contraindre la Ville à rendre publics ces documents.
En plus des 2977 personnes mortes aux États-Unis le jour des attaques du 11-Septembre, principalement à New York, plus de 9400 autres sont mortes des suites de maladies liées à leur exposition aux attentats, selon le programme fédéral mis en place pour assurer leur suivi médical.
Après le nuage de poussière initial succédant à l'effondrement des tours du World Trade Center, des mois de pollution et de poussières résiduelles ont suivi, entraînant notamment des cancers dont souffrent encore aujourd'hui des milliers de New-Yorkais.
« Des gens sont tombés malades parce que les dirigeants auxquels ils faisaient confiance leur ont menti en leur affirmant qu'ils pouvaient respirer sans danger un air toxique », a insisté Zohran Mamdani.
PHOTO JEENAH MOON, REUTERS
Le maire de New York, Zohran Mamdani, en conférence de presse à l'hôtel de ville de New York, le 8 septembre 2026
« La Ville savait »
Ces quelque 173 000 documents, qui vont être mis en ligne par vagues pendant 12 mois, pourraient mettre en cause deux de ses prédécesseurs : Rudy Giuliani, en poste au moment des attaques, puis Michael Bloomberg, à partir de l'hiver 2002.
Certains portent sur des « discussions que l'administration Giuliani avait à l'époque au sujet de sa responsabilité juridique et des risques sanitaires », a précisé lors de la conférence de presse l'avocat en chef de la ville de New York, Steven Banks.
Un autre document met en avant « des informations fournies par le représentant au Congrès Jerry Nadler » sous la mandature de Michael Bloomberg « concernant les inquiétudes de résidents du sud de Manhattan » quant à la qualité de l'air qu'ils respiraient.
Interrogé sur les noms des responsables politiques ayant dissimulé des informations au public, Zohran Mamdani a botté en touche, indiquant seulement que « cela concerne un grand nombre de personnes auxquelles les New-Yorkais ont fait confiance ».
« Ce que nous savions tous, nous qui vivions dans le sud de Manhattan, c'est qu'il y avait des substances toxiques dans l'air et sur le sol, sur les rebords des fenêtres et dans les climatiseurs […] et qu'elles y sont restées pendant des mois », a déclaré le comédien Jon Stewart, figure de la défense des victimes du 11-Septembre.
PHOTO JEENAH MOON, REUTERS
Le comédien Jon Stewart, figure de la défense des victimes du 11-Septembre
« Tout le monde le savait, et il apparaît désormais clairement que la Ville le savait elle aussi », a-t-il poursuivi.
Directeur de l'association 9/11 health Watch, Ben Chevat a remercié Zohran Mamdani d'être « le premier maire, en 25 ans, à commencer enfin à répondre à la question : 'Que savait la Ville des dangers liés au nuage toxique à Ground Zero, et quand en a-t-elle eu connaissance ?' ».
Le 11 septembre 2001, deux avions détournés par des pirates de l'air ont percuté les deux tours du World Trade Center, un troisième a éventré le Pentagone et un quatrième, qui semblait viser le Capitole ou la Maison-Blanche, s'est écrasé dans une zone boisée de Shanksville, en Pennsylvanie, après une contre-attaque des passagers.
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