« On nous demande d'être des couteaux suisses » : pourquoi les sapeurs-pompiers sont en grève à partir de ce mardi

« On nous demande d'être des couteaux suisses » : pourquoi les sapeurs-pompiers sont en grève à partir de ce mardi
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Ils ont été particulièrement sollicités cet été, notamment pour combattre les feux de La Plaine-sur-Mer ou de Trignac. Mais les pompiers de Loire-Atlantique assurent bien d'autres missions : accidents de la circulation, secours à la personne, prévention, risques environnementaux… Avec, à la clé, de la fatigue. Et de la colère, aussi. À partir de ce mardi 8 septembre, les syndicats de sapeurs-pompiers professionnels appellent à une mobilisation nationale de plus de six semaines. Au cœur de leurs revendications : davantage de moyens matériels et financiers, un recrutement massif de professionnels et une meilleure protection de leur santé. La région de Saint-Nazaire n'est pas épargnée. Dans un tract, le syndicat Sud évoque une profession à bout de souffle après un été record . Quand des pompiers sont moins nombreux, plus éloignés et moins équipés, c'est votre sécurité qui recule. Nous avons échangé avec son délégué syndical, Véran Hertel. Augmentation des effectifs Face à l'augmentation de l'activité opérationnelle, aux mégafeux, aux canicules et aux nouveaux risques, nous demandons un renforcement massif des effectifs professionnels , écrit Sud. En Loire-Atlantique, 14 centres de secours mixtes (professionnels et volontaires) assurent 81 % des interventions. Le syndicat demande donc davantage de professionnels, une réorganisation du maillage territorial pour couvrir les zones blanches et la fusion de certaines petites casernes avec de plus importantes. Une trentaine de casernes sont fermées quotidiennement par manque d'effectifs, ce qui rallonge les délais , regrette Véran Hertel. Recentrage des missions Sud réclame un recentrage sur les missions d'urgence. Incendies, accidents de la circulation et spécialités (Grimp, nautique, chimique…) sont notre cœur de métier. Aujourd'hui, nous sommes 'satellisés' par des missions qui ne nous sont pas propres et qui démotivent l'ensemble de la corporation, abonde-t-il. On doit retirer de nos missions tout ce qui n'est pas urgent. Nous devons avoir aussi le temps de faire du sport, manœuvrer, s'entraîner, se former ou répéter les gestes techniques, c'est essentiel. Incendies : plus de 32 000 hectares brûlés cet été. Faut-il durcir les peines contre les pyromanes ? Débattez ! Financement des Sdis et moyens matériels Sud demande également un financement national durable et adapté aux besoins des Sdis (Service départemental d'incendie et de secours), confrontés à des missions toujours plus nombreuses , ainsi que du matériel adapté. Pour des feux d'espaces naturels, il nous faudrait des appareils respiratoires filtrants, des tenues adaptées ainsi que des cagoules en nombre suffisant, explique Véran Hertel, même si cela a un coût. Santé des pompiers Sud soulève l'importance de la reconnaissance des risques toxiques, la prise en charge de l'usure professionnelle et des négociations sur la fin de carrière et les retraites. « Nous exerçons une profession dangereuse, mais qui n'est pas reconnue comme telle , regrette Véran Hertel. Autre revendication : le temps de travail. Les sapeurs-pompiers en garde de 24 heures sont, selon le syndicat, rémunérés sur une base de 17 heures, soit environ 600 heures non payées par an et par agent. Au bout de dix ans, c'est comme si on avait travaillé quatre ans gratuitement , dénonce encore Véran Hertel, dont le syndicat doit rencontrer la direction du Sdis de Loire-Atlantique ce mardi 8 septembre. Précisons enfin que la grève, même suivie, n'aura pas d'impact sur les secours : les sapeurs-pompiers peuvent être désignés par les Sdis ou réquisitionnés par les préfets pour assurer la continuité du service public.

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