" Mon arrivée à New York était synonyme de libération, un soulagement. Dans la petite ville rurale où je vivais, on me regardait de travers. Les gens pensaient que j'étais une beatnik, une rebelle, alors que pas du tout. J'étais un vrai rat de bibliothèque, et quand je suis arrivée à New York, personne ne me remarquait. La police ne m'arrêtait plus pour savoir si j'avais de la drogue, alors que je n'en ai jamais pris. Dans cette ville très cosmopolite, on ne se sentait pas jugé en permanence . " confie Patti Smith. " Personne ne faisait vraiment attention à nous. On ne me jugeait pas. Sur le plan créatif, on avait carte blanche. On n'avait pas besoin de faire ses preuves .", ajoute Debbie Harry du groupe Blondie
" Il n'y avait pas vraiment de scène punk. On était tout seuls. David Bowie, qui venait souvent nous voir, avait une image plus glamour. On ne se faisait pas concurrence, on était amis. On ne cherchait pas à copier. On avait notre propre son. Rien à voir avec la tendance ou le goût du public. Les gens étaient surpris, puis on nous a copiés, et quelqu'un nous a collé une étiquette. C'est du rock qu'on jouait, pas besoin de donner un nom. C'est du rock, pas du punk. Le punk, pour moi, c'est un code vestimentaire. " David Johansen, chanteur de The New York Dolls
" Le New York des années 70, c'est un New York très dangereux, c'est ce qui à mes yeux le rendait très excitant. Une ville très électrique, tendue, avec un côté où tout est possible en fait. J'avais une boutique downtown qui habillait John Lennon. Il y avait une interaction, un art total dont la ville faisait partie. " Jean-Charles de Castelbajac The Ramones en 1976 ©Getty - Michael Ochs Archives
" C'était un autre monde avec cette nouvelle scène. Le CBGB était le seul club de New York où on pouvait jouer nos propres compositions, mais c'était vraiment un bar de clochards. On y jouait tous les lundis. J'ai même habité juste en face dans un loft qui appartenait à Alan Vega avant qu'il me foute dehors. " Joey Ramone
" C'est à ce moment-là que j'ai pris conscience d'une nouvelle scène musicale à New York, qui gravitait autour d'un club, le CBGB. Il y avait une artiste qui commençait à faire parler d'elle : c'était Patti Smith. Son disque Horses m'a ouvert les yeux. J'avais 15 ans et je ne savais pas qui était Arthur Rimbaud. La musique de Patti, c'était le début de tout ça : la destruction de tout ce qui avait existé avant et l e début d'une nouvelle ère . C'est là que je me suis rendu compte que la musique de l'époque était complètement à chier ." Michael Stipe de R.E.M.
" J'ai rencontré Tom Verlaine et Richard Hell lors d'un concert au CBGB en 1974. Je les avais déjà croisés, mais c'est quand j'ai vu jouer leur groupe Television que je me suis dit : « C'est ça, l'avenir de la musique. Je veux faire partie de l'aventure. Ils incarnaient ce que je recherchais : l'émergence d'une nouvelle énergie et d'une poésie brute, de l'improvisation et du rock ." Patti Smith
Un podcast en six épisodes, produit par Matthieu Culleron à partir de ses archives personnelles et réalisé par Thomas Dutter. En partenariat avec le magazine Les Inrockuptibles et son hors série "50 ans du punk".Prise de son : Lilas Bouche, Paul-Henri Dimitriu, Pierre Ramey, Morgan Creze et Dimitri PazTraduction : Blandine FourchetMixage : Bruno Morlan
Voix françaises : Susana Poveda, Kenza Naïm, Hervé Riesen, Luc Frelon, Christian Charles, Vanessa Hacloum et Thomas Dutter
(0)Comments