Mort de FM. Aramburú : Loik Le Priol et Romain Bouvier contestent l'accusation d'assassinat

Mort de FM. Aramburú : Loik Le Priol et Romain Bouvier contestent l'accusation d'assassinat
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Category: Politics
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« J'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre » a déclaré Loik Le Priol à l'ouverture du procès devant la cour d'assises de Paris, ce lundi. Il est accusé d'avoir assassiné par balles le rugbyman Frederico Martín Aramburú, le 19 mars 2022 au petit matin, boulevard Saint-Germain, à l'issue d'une banale altercation dans un bar de nuit. Son ami Romain Bouvier, qui a blessé la victime, conteste également l'accusation de tentative d'assassinat le concernant. Dans la salle Voltaire surchauffée en ce lundi 7 septembre, les éventails s'agitent. Une partie du public arbore un petit foulard rouge en triangle autour du cou, frappé du drapeau argentin. Signe discret de soutien à la victime, Frédérico Martín Aramburú, à sa famille et à son ami Shaun Hegarty qui était avec lui lors de la soirée tragique. La cour d'assises de Paris va examiner durant trois semaines l'enchainement de viiolences qui a abouti à la mort par balles du rugbyman, à l'aube du 19 mars 2022. « Je n'ai jamais voulu tuer Monsieur Aramburu » Assis dans le box, le prinicipal accusé, Loik Le Priol, n'a plus la fière allure de dandy des photos qui illustrent encore les articles le concernant. On a l'impression qu'il a maigri. À ses côtés Romain Bouvier lui n'a guère changé. Les deux autres accusés comparaissent libres, Lyson Rochemir, poursuivie pour complicité de tentative d'assassinat et Antony Sorrentino, l'ami qui a aidé Romain Bouvier à se débarrasser de son arme et de ses vêtements et l'a emmené dans la Sarthe se mettre au vert. Les bancs de la presse sont remplis. L'appartenance des accusés à la mouvance d'ultradroite colore politiquement le dossier, en tout cas d'un point de vue médiatique. C'est sans doute la raison de la présence du député LFI Thomas Portes dans les rangs du public. L'audience a commencé à 14 h 30 par la constitution du jury, suivie de l'appel des témoins et de la traditionnelle lecture du rapport sur les faits qui vont être examinés durant les trois semaines de procès. Le seul moment fort de la journée intervient à 17 heures, lorsque le président demande aux accusés s'ils reconnaissent ou non les faits qui leur sont reprochés. Romain Bouvier, désigné par certains témoins comme le « chauve », visage rond, lunettes et polo se lève dans le box et déclare « je conteste totalement les faits reprochés. Je n'ai jamais voulu tuer Monsieur Aramburú. J'ai tiré, je n'aurais jamais dû avoir cette arme chargée dans ma poche ». S'il reconnaît avoir fait feu à quatre reprises, c'était toujours en direction du sol, pour que FM Aramburú recule. « Je souhaiterais juste dire que depuis cette catastrophe absolue, je pense tous les jours à la famille de la victime, à la victime et à Monsieur Hegarty qui l'a vue mourir dans ses bras. À aucun moment, je n'ai voulu toucher, blesser ». Il conteste également avoir détenu des armes interdites car, explique-t-il, toutes les pièces de sa collection d'armes anciennes étaient en vente libre. Voyant que l'accusé commence à plaider son dossier, le président le presse de finir. Il reprendra la parole quelques minutes plus tard pour préciser que, sous le coup de l'émotion, il a oublié de dire que s'il nie la tentative d'assassinat, en revanche, il reconnaît être l'auteur de violences avec arme sur la victime. « C'est à vie que je serai condamé à porter ce drame immense » Loik Le Priol se lève à son tour. Avec ses lunettes et sa chemise, il ressemble à un étudiant. Il n'y a rien dans son allure qui rappelle le commando marine qu'il fut. « Je suis l'auteur de la mort de Monsieur Aramburu, j'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre, ce sera à la cour de décider, mais quelle que soit sa décision, c'est à vie que je serai condamné à porter ce drame immense ». Il précise en outre qu'il conteste avoir commis des violences contre Shaun Hegarty. Lyson Rochemir, qui comparait libre, s'approche de la barre. La jeune femme aux longs cheveux bruns est vêtue sobrement d'un pantalon clair et d'une chemise. « Je conteste les faits, dit-elle. Puis, s'échappant de l'exercice convenu à ce stade, elle confie avec des larmes dans la voix qu'elle peine à prendre conscience du fait qu'à 29 ans, si elle est reconnue coupable de complicité de tentative d'assassinat, elle passera plus de temps en détention qu'elle n'en a vécu dehors (elle encourt comme les deux autres la perpétuité). Reprenant le fil, elle déclare « Je conteste la complicité de tentative d'assassinat, je n'ai jamais imaginé ou voulu la mort de Monsieur Aramburu ». Pour ce qui est des autres faits, elle assure n'avoir pas cherché à entraver la justice lorsqu'elle a déplacé la jeep (ce qui lui vaut d'être poursuivie pour modification d'une scène de crime) ou découpé la carte SIM du téléphone de Loik Le Priol, à sa demande. « Je crois en la rédemption » Antony Sorrentino, pantalon clair, chemise, cheveux bruns et traits italiens la remplace à la barre. C'est le seul qui reconnaisse totalement les faits qui lui sont reprochés devant la cour, comme il l'avait déjà fait lors de l'instruction. Il est vrai qu'il n'encourt que trois ans de prison pour avoir dissimulé l'arme et les vêtements de Romain Bouvier et conduit ce dernier dans la Sarthe pour le « mettre au vert ». L'enjeu est sans commune mesure avec la perpétuité qui pèse sur la tête des trois autres. La suite de l'audience a été consacrée à son enquête de personnalité. Il a grandi dans une famille heureuse, et soudée. Père de trois enfants, il dirige la société de communication qu'il a créée. Antony Sorrentino a rencontré Romain Bouvier et Loik Le Priol en 2010, lors de sa première année de faculté de droit à Vitry, via le GUD (Groupe union défense, un organisation d'extrême droite dissoute en 2024), où il n'est resté qu'un an. Ce qui l'a rapproché de Romain Bouvier ? Une passion commune pour la littérature qui les faisait écumer les librairies du quartier latin. Avec Loik Le Priol il partageait son goût pour l'entrepreneuriat. L'ancien militaire, en effet, a entièrement rénové l'exploitation familiale (huile d'olive et événementiel) à Draguignan, explique-t-il. Ce catholique pratiquant, qui a un temps fréquenté l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, a un casier judiciaire vierge – même si le dossier contient quelques traces de violences, lorsqu'il réalisait des collages politiques, de tous bords précise-t-il – et il a parfaitement respecté son contrôle judiciaire. Comment concilie-t-il sa foi chrétienne et la fréquentation de ces deux hommes dans le box qui, en 2015, ont été condamnés pour des violences sur un ancien dirigeant du GUD ? « Je crois en la rédemption », confie-t-il. Le magistrat du parquet ne semble pas convaincu. Pourtant, la rédemption n'est-elle pas l'autre nom d'une valeur chère à la justice : la réinsertion ? Mardi, la cour examinera les parcours des trois autres accusés. Olivia Dufou Me Rey-Gascon, en défense de Romain Bouvier : « Nous plaiderons les violences avec arme » Avec son confrère Hugues Vigier, l'avocate Sophie Rey-Gascon défend Romain Bouvier, l'ami de Loïc Le Priol qui a tué le rugbyman Federico Martin Aramburú. Durant quatre ans, elle s'est astreinte au silence face aux fausses informations. Elle s'exprime pour la première fois. Par Isabelle Horlans Actu-Juridique : Comment votre client aborde-t-il son procès ? Me Rey-Gascon : Il est effondré. Il a peur. Mais il assume ce qu'il a fait, il prend toutes ses responsabilités. Il portait une arme, il a tiré sur M. Martin Aramburú. Mais il n'a jamais eu d'intention homicide. Nous nous voulons sereins parce que nous disposons de vidéos, l'entièreté des faits a été filmé. AJ Pourquoi n'avoir pas pris la parole, durant quatre ans, pour rétablir certains faits tronqués ? Me R-G : La justice ne se rend pas dans les médias. Avec mon confrère Vigier, nous ne souhaitions pas les abreuver. Même si nous avons souvent déploré la présentation sensationnaliste de cette affaire. Je comprends que deux jeunes d'extrême droite qui effectuent une chasse à l'homme en plein Paris, ce soit extrêmement plus vendeur que la réalité du dossier. AJ : Avez-vous vu l'émission 7à8, sur TF1, qui a diffusé dimanche, veille de procès, un extrait vidéo du drame ? Me R-G : Non, je n'ai pas souhaité regarder. On m'en a parlé. Je suis très contente de ne pas y avoir participé. AJ Que comptez-vous plaider ? Me R-G : Nous demanderons la requalification des faits en violences avec arme. À lire aussi sur le même sujet :

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