Alors que la saison mycologique a débuté et bat déjà son plein, le poste de contrôle des champignons de Lausanne est fermé pour une durée indéterminée. Cette situation inquiète l'Association suisse des organes officiels de contrôle des champignons (Vapko). Elle craint une surcharge de visites dans d'autres postes de la région, difficilement absorbable.
"Le poste de contrôle n'a pas pu être ouvert comme prévu, en raison du départ à la retraite du contrôleur précédent et d'une procédure d'engagement toujours en cours pour son remplaçant", a indiqué mardi à Keystone-ATS le Service des parcs et domaines de la Ville de Lausanne. "Lausanne a historiquement maintenu ce contrôle alors que de nombreuses communes ont fermé leur point de contrôle, notamment au départ à la retraite des contrôleurs ou pour des raisons d'économies. L'intention est de maintenir ce contrôle à Lausanne, et la procédure d'engagement en cours le démontre", répondent les autorités aux inquiétudes de la Vapko.
"La date de réouverture n'est pas connue à ce stade, mais nous mettons tout en oeuvre pour pouvoir ouvrir dès que possible et pour offrir cette prestation au public en cours de saison", assure Benjamin Rudaz, chef de la division Patrimoine arboré et forestier. En attendant, il invite les champignonneurs lausannois à se rendre aux points de contrôle les plus proches, qui sont Chavannes-près-Renens, Bussigny, Le Mont-sur-Lausanne et Echallens.
Prévention des intoxications
"Cette situation interpelle, d'autant plus que le règlement vaudois prévoit que les communes organisent le contrôle des récoltes privées, directement ou dans le cadre d'un dispositif commun", a de son côté écrit la Vapko dans un communiqué publié lundi soir. Interrogé par Keystone-ATS, le président de la Vapko romande, Jean-Michel Froidevaux, explique que c'est le poste du Mont-sur-Lausanne qui a tiré la sonnette d'alarme, alertant sur une forte hausse de cueilleurs et donc d'une surcharge des contrôles.
"Avec parfois une heure de queue, certains se découragent et renoncent aux contrôles, augmentant ainsi le risque d'intoxication", craint-il. Or la saison ne fait que de débuter, note-t-il, évoquant une période allant généralement du 1er septembre jusqu'à fin novembre.
"Le contrôle des champignons n'est pas une simple prestation de confort. Il constitue un outil important de prévention des intoxications. Chaque année, les contrôleurs officiels écartent des récoltes des espèces toxiques, voire potentiellement mortelles, et donnent également aux consommateurs les recommandations nécessaires concernant la préparation des espèces comestibles", rappelle la Vapko.
Environ 150 champignons comestibles
A titre indicatif, en 2024 à Lausanne, sur environ 250 kilos de champignons contrôlés, 130 kilos ont dû être jetés. Au poste situé au Chalet-à-Gobet (sur les hauts de la ville), comme dans les 20 autres postes du canton, le contrôle est gratuit et réservé aux particuliers. Entre 200 et 600 contrôles sont effectués chaque année dans la capitale vaudoise.
Les spécialistes rappellent qu'en Suisse, quelque 8000 espèces de champignons sont recensées. Parmi elles, 70 sont hautement toxiques et une dizaine mortelles. La liste officielle des comestibles validée par la Vapko en compte environ 150. En 2024 par exemple, alors que 45 tonnes environ ont été contrôlées dans toute la Suisse, quelque 750 cas (personnes ou familles entières) d'intoxication ont été recensés, selon les chiffres de la faîtière.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
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