Avec une sécheresse exceptionnelle et des usages de restriction durcis cet été, l'eau devient un enjeu de plus en plus crucial dans le Centre-Val de Loire. La Région lutte en lançant plusieurs actions à ce sujet, avant la venue de la ministre de la Transition écologique, à Orléans ce mercredi.
C'est un sujet que la Région prend à bras le corps depuis près de trois ans, avec à l'époque, déjà, des Assises régionales. Les enjeux autour de l'eau font l'objet, cette fois, du lancement d'une mission régionale d'animation et de concertation sur l'eau ce 8 septembre, au Château du Clos Lucé à Amboise (Indre-et-Loire).
Le but de la mission d'animation est de " lancer une dynamique collective " autour de l'eau. En termes d'objectifs, la collectivité prévoit d'atteindre le bon état écologique des masses d'eau de surface à 62% pour le bassin Seine Normandie et 76% pour le bassin Loire Bretagne. Aujourd'hui, 81% des masses d'eau de surface ne sont pas dans un bon état écologique.
Pour atteindre cela, la Région veut " favoriser la prise de conscience ". Elle se tourne vers les lycéens avec différentes actions ou veut encore améliorer la prévision des périodes de stress hydrique à l'aide d'une Intelligence Artificielle. Une expérimentation sur le bassin du Cher aval sera bientôt lancée.
Second objectif, " accompagner les acteurs de l'eau pour amplifier la mise en œuvre d'actions nécessaires ". La Région affirme qu'elle soutiendra les travaux de restauration de cours d'eau et la création de zones tampons. Une rencontre des élus Centrevallois sur la gestion des milieux aquatiques aura d'ailleurs lieu le 16 septembre avec les agences de l'eau aux Prairies du Roy, site naturel sensible situé près de Loches.
Pourquoi de tels objectifs ? Une raréfaction de plus en plus grandissante de l'eau sur le territoire. La sécheresse exceptionnelle de cet été continue d'ailleurs encore en ce mois de septembre et les indicateurs sont toujours au plus bas pour la rentrée.
Dans le Centre-Val de Loire, la majorité des territoires sont encore en crise au niveau des restrictions d'eau, certains sont en alerte et peu de secteurs géographiques ont la chance d'être seulement en vigilance. Pour le département du Loiret par exemple, la préfecture nous indiquait il y a quelques jours que " les conditions climatiques actuelles, avec la succession d'épisodes caniculaires et l'absence de pluies significatives, continuent de réduire le débit de la très grande majorité des cours d'eau ". L'Ouanne et la Trézée-Ousson ont même vu leur cas s'aggraver et avec cela, les mesures de limitation des usages se durcir. À horizon 2070, le bassin de la Loire pourrait connaitre jusqu'à 50 jours supplémentaires par an d'eaux à un faible niveau si rien n'est fait.
Dans la région, la consommation de l'eau est à 55 % destinée à l'irrigation, en raison notamment d'importantes productions de maïs ou d'autres cultures. Le Centre-Val de Loire compte 22 000 exploitations agricoles. S'en suivent 34 % pour la production d'énergie, 7 % pour l'eau potable et 4% pour l'industrie.
Dans ce contexte, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, sera à Orléans ce 9 septembre pour évoquer ce même sujet de la gestion de l'eau. L'ancienne présidente de WWF France échangera avec les acteurs locaux, en dehors du maire Serge Grouard qui a indiqué ne pas vouloir y participer, et présentera les mesures mises en œuvre pour mieux anticiper les situations de tension hydrique.
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